
Quand le personnel médical devient lui aussi une cible
27 octobre 2026
-
Lors de l’exercice Celtic Uprise à Bergen-Hohne, en Allemagne, le 23e Bataillon Médical s’est préparé, aux côtés de la 7e Brigade, à un conflit de grande ampleur susceptible de faire de nombreuses victimes en peu de temps. Une telle situation exige non seulement des compétences médicales, mais aussi une étroite coopération avec les unités de combat et une adaptation des méthodes de travail. D’autant que, dans les conflits modernes, le personnel médical peut lui aussi devenir une cible.
Près de 200 membres du Service Médical ont pris part à Celtic Uprise afin de s’entraîner dans des conditions aussi réalistes que possible. Encadrés par des coachs, quelque 65 membres du 23e Bataillon Médical ont participé ont évolué sur le terrain au travers de différents scénarios. Dix ambulances assuraient les évacuations médicales.
« Celtic Uprise est un exercice très spécifique, axé sur un conflit de grande ampleur dans lequel nous devons nous attendre à un nombre important de blessés », explique le vétérinaire lieutenant-colonel Stoffels, commandant du 23e Bataillon Médical. « Il est essentiel que le soutien médical soit pleinement intégré à l’opération. Nous devons nous comprendre et pouvoir compter les uns sur les autres. Ce type d’exercice est complexe, mais extrêmement utile pour renforcer la coopération. »

-
Une coopération indispensable
Lorsqu’un militaire est blessé, il reçoit d’abord les premiers soins de ses camarades. La victime est ensuite transférée vers un casualty collection point, un point de rassemblement prédéfini où les blessés sont pris en charge par l’unité de soutien médical. De là, une ambulance peut poursuivre leur évacuation.
Pour que cette chaîne fonctionne efficacement, les équipes médicales et les unités de combat doivent travailler en étroite coordination. Le personnel médical doit non seulement maîtriser les soins à prodiguer, mais aussi comprendre le mode d’action de la brigade et la manière dont les évacuations médicales s’intègrent dans les opérations.
Cette coopération requiert un entraînement régulier, en particulier sur le plan de la communication. Les contacts radio, l’harmonisation des procédures et la transmission d’informations entre les différentes unités restent des points d’attention. La numérisation croissante apporte également son lot de défis. Lors d’un exercice de grande ampleur, les différents systèmes doivent être compatibles et les bonnes informations doivent parvenir aux bonnes personnes en temps utile.
Apprendre grâce à des scénarios réalistes
Pour accompagner les équipes médicales durant l’exercice, des coachs sont présents sur le terrain. Ils intègrent des blessés fictifs dans les scénarios et observent la manière dont les équipes réagissent. Ils fournissent ensuite un retour d’expérience sur les points forts et les aspects à améliorer. Il ne s’agit pas d’une évaluation formelle, mais d’un apprentissage fondé sur des situations réalistes.
« Nous vérifions que les équipes appliquent correctement les procédures médicales et respectent les directives », explique un coach. « Les participants ont déjà obtenu leur brevet. Nous leur laissons donc un maximum d’autonomie afin qu’ils puissent tirer des enseignements des situations auxquelles ils sont confrontés pendant l’exercice. »

-
Le personnel médical aussi doit s’adapter
Au-delà de la coopération avec la brigade, l’évolution de la nature des conflits impose d’adapter les méthodes de travail. Alors qu’autrefois le personnel médical pouvait compter sur la protection offerte par le droit international humanitaire, les conflits récents, notamment en Ukraine, montrent que les équipes médicales peuvent elles aussi être exposées au danger.
Cette réalité a des conséquences directes sur la manière dont le 23e Bataillon Médical se prépare. Les équipes médicales doivent non seulement soigner et évacuer les victimes, mais aussi tenir compte de la situation tactique et du risque d’être elles-mêmes prises pour cible.
« Autrefois, nous partions du principe que la croix rouge apposée sur nos véhicules nous protégeait. Aujourd’hui, nous savons que le personnel médical peut également être visé », souligne le lieutenant-colonel Stoffels. « Cela demande un changement de mentalité. Nous devons apprendre à travailler de manière plus tactique, à être moins visibles et à adapter nos procédures à cette réalité. »