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Pourquoi la Belgique portera sa flotte de F-35 à 45 appareils

28 octobre 2026

  • Sécurité, défense collective, retombées industrielles, personnel et coûts : l'extension de la flotte belge de F-35 à 45 appareils répond à plusieurs enjeux stratégiques. Quels bénéfices la Belgique, ses alliés et son industrie peuvent en attendre ? Tour d'horizon des principaux enjeux liés au renforcement de cette capacité de combat aérien.

     

    En 2018, la Belgique décidait d'acquérir 34 avions de combat F-35A. Depuis lors, le contexte sécuritaire européen a profondément évolué. La guerre en Ukraine et le retour de conflits de grande ampleur sur le continent européen ont rappelé l'importance de la défense collective et d'une dissuasion crédible au sein de l'OTAN. C'est dans ce cadre que le gouvernement envisage, conformément à la Vision stratégique Défense 2025, l'acquisition de onze F-35A supplémentaires. Avec les appareils déjà commandés, la flotte belge compterait alors 45 avions.

    Une flotte plus importante offrira davantage de possibilités pour protéger l'espace aérien belge, honorer les engagements pris dans le cadre de l'OTAN et participer aux missions nationales et internationales.

     

    Une capacité internationale sous contrôle belge

    La capacité F-35 est un programme multinational utilisé par vingt pays, dont treize en Europe. Elle repose sur une vaste coopération internationale en matière de production, de maintenance, de formation et de soutien logistique. Cette collaboration favorise le partage des connaissances, les économies d'échelle et un haut niveau d'interopérabilité entre alliés.

    Cette dimension internationale ne signifie pas pour autant que la Belgique perde le contrôle de ses appareils. Les données opérationnelles, la planification des missions et l'engagement des avions restent de la responsabilité des autorités belges. Les informations sensibles et les logiciels sont en outre protégés par des mesures de sécurité strictes.

    L'élargissement de la flotte n'implique pas automatiquement une participation accrue de la Belgique à des conflits internationaux. Comme pour tout système d'armes, la Belgique décide elle-même si, quand et dans quel cadre ses avions de combat sont engagés.

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  • Un investissement sur l'ensemble du cycle de vie

    Le F-35 remplace la flotte belge de F-16, dont les premiers exemplaires ont été livrés en 1979. Ces appareils approchent de la fin de leur durée de vie opérationnelle et seront retirés du service au plus tard en 2028. Parallèlement, le nombre d'utilisateurs européens du F-16 diminue, ce qui répartit les coûts de soutien et de développement futur sur un groupe d'utilisateurs de plus en plus restreint.

    Lors du choix du F-35 en 2018, la Belgique ne s'est pas limitée au prix d'acquisition de l'appareil. L'évaluation a pris en compte le Total Cost of Ownership (coût total de possession), c'est-à-dire l'ensemble des coûts liés à la capacité sur toute sa durée de vie, estimée à plus de quarante ans. Cela comprend notamment l'achat des avions, la formation, les infrastructures, le personnel, la maintenance, le soutien logistique, le carburant ainsi que les futures modernisations.

    L'ampleur du programme joue également un rôle déterminant. Plus de 3.500 F-35 sont actuellement prévus dans le monde. Grâce à cette large base d'utilisateurs, les coûts liés à la production, à la formation, à la maintenance et aux modernisations peuvent être mutualisés. La transition vers le F-35 constitue ainsi un investissement dans une capacité qui pourra bénéficier d'un soutien opérationnel et technologique pendant plusieurs décennies.

     

    Quelles retombées économiques pour la Belgique ?

    Le programme F-35 crée également des opportunités pour l'industrie belge. Plusieurs entreprises belges font déjà partie de la chaîne de valeur internationale du F-35. Elles accèdent ainsi à des technologies de pointe, à des compétences spécialisées et à des partenariats internationaux. Cela leur permet de développer leur expertise et de renforcer leur position dans les secteurs aéronautique et de défense à l'échelle internationale.

    Une extension de la flotte de F-35 permettra d’accroître ces opportunités industrielles. L'arrivée de nouveaux appareils est susceptible de générer une activité économique supplémentaire, de soutenir l'emploi et de renforcer la présence des entreprises belges au sein du programme.

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  • Des munitions et des effectifs en croissance

    Les stocks de munitions destinés au F-35 et, plus largement, à la capacité de combat aérien continuent également à être renforcés. La demande mondiale en munitions et en missiles a fortement augmenté ces dernières années, entraînant un allongement des délais de livraison. En passant les commandes suffisamment tôt, il est possible de reconstituer progressivement les stocks nécessaires.

    La transition vers le F-35 ne signifie pas que l'ensemble des munitions existantes doivent être remplacées. Une part importante de l'armement actuellement utilisé sur le F-16 peut être employée à bord du F-35.

    En cas de nouvelle commande, les appareils supplémentaires seraient livrés progressivement à partir de 2030. Ce calendrier permettrait d'adapter graduellement la formation des pilotes et du personnel technique à l'augmentation de la flotte. L'expérience acquise par le personnel travaillant aujourd'hui sur le F-16 pourra ainsi être valorisée au sein de l'organisation F-35.

     

    Renforcer la contribution belge à l'OTAN

    L'augmentation de la flotte belge de F-35 s'inscrit dans les objectifs capacitaires liés à la défense du territoire de l'OTAN. Disposer d'un nombre suffisant de F-35 est considéré comme une condition essentielle pour assurer la supériorité aérienne et contribuer à la dissuasion face à un conflit prolongé de haute intensité, tel que celui observé en Ukraine.

    La Belgique fait partie d'une communauté internationale d'utilisateurs du F-35 en pleine expansion. Utiliser une plateforme commune facilite la coopération lors des exercices et des opérations. Pilotes et techniciens partagent les mêmes standards et peuvent s'appuyer sur des formations, des procédures et un soutien logistique communs.

    En élargissant sa flotte, la Belgique renforce ainsi à la fois sa défense aérienne nationale et sa contribution à la sécurité collective en Europe. Elle peut également continuer à capitaliser sur les infrastructures, l'expertise et la coopération internationale développées ces dernières années autour de la capacité F-35.

Auteur Stefanie Verhavert • Photos Adrien Muylaert