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Les Chasseurs ardennais à l’exercice avec des unités françaises à Nîmes

22 mai 2026

  • La 3e Compagnie des Chasseurs ardennais participe actuellement à un exercice intensif au camp des Garrigues, à Nîmes, dans le sud de la France. Sous la direction du capitaine Gérard, l’unité se prépare à des objectifs opérationnels importants prévus à l’automne.

     

    L’exercice s’inscrit dans un cycle de préparation plus large du bataillon, dont les prochaines étapes sont un exercice en septembre et une évaluation en octobre à Mons.

     

    Une montée en puissance progressive vers l’évaluation

    L’exercice de trois semaines et demie est structuré en plusieurs phases. L’accent est d’abord mis sur les tirs et l’instruction au niveau section. Ensuite, le focus se déplace vers le peloton, où les compétences tactiques spécifiques sont approfondies. La phase finale comprend des exercices réalistes au niveau compagnie (FTX), avec un accent particulier sur la cohésion, la coordination et le leadership dans un environnement aussi réaliste que possible.

    Au cours des derniers jours, les pelotons sont évalués lors d’un rallye tactique. Ils y sont jugés sur des compétences intensivement entraînées au cours des semaines précédentes, allant des manœuvres à la prise de décision sous la pression du temps.

     

    Préparation à un engagement concret

    L’exercice poursuit un objectif opérationnel clair. En septembre, un peloton spécialisé participera à un exercice de bataillon, tandis qu’en octobre, une compagnie complète en configuration de combat sera évaluée. « Il est essentiel que nous nous entraînions dès à présent à tous les niveaux afin d’être opérationnellement prêts le moment venu », explique le capitaine Gérard.

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  • Coopération avec le 2e REI

    À Nîmes, les Chasseurs ardennais travaillent en étroite collaboration avec le 2e Régiment étranger d’infanterie (2e REI). Ce partenariat permet d’étendre les possibilités d’entraînement et l’expertise opérationnelle. « Disposer, juste de l’autre côté de la frontière, d’un régiment avec lequel nous entretenons une relation privilégiée, est très précieux pour la France. D’autant plus que les Chasseurs ardennais se transforment dans le cadre du programme Scorpion avec de nouveaux véhicules et systèmes », souligne le commandant du 2e REI, le colonel Miailhes.

    Les partenaires français apportent un soutien en matière de logistique et d’infrastructures et partagent leur expérience récente. Les militaires belges bénéficient ainsi notamment d’une formation en capacités anti-drones et en combat en tranchées, basée sur les expériences opérationnelles actuelles d’unités françaises déployées en Pologne aux côtés de militaires ukrainiens.

    Le colonel Miailhes souligne que cette expérience est activement diffusée au sein des unités : « Nous avons énormément appris au contact des unités ukrainiennes : sur le combat en tranchées, l’utilisation des drones et différentes tactiques. L’objectif de ce camp est de diffuser ces connaissances acquises au sein du régiment. Les Chasseurs ardennais ont eux aussi pu en bénéficier, tout comme nos propres compagnies. »

    Par ailleurs, les deux unités s’entraînent ensemble sur des systèmes tels que le missile antichar Spike. À terme, les unités belges disposeront également de capacités comparables.

     

    Un engagement important en personnel et en moyens

    Côté belge, environ 200 militaires participent à l’exercice. Le noyau est constitué de la 3e Compagnie des Chasseurs ardennais, soutenue notamment par :
    • la Compagnie État-major et Service des Chasseurs ardennais
    • le 4e Bataillon Logistique
    • le 23e Bataillon du Service Médical
    • le 4e Groupe Systèmes de communication et d’information (CIS)
    • le Groupe Police militaire (MP Gp)

    La compagnie opère avec une structure pleinement équipée, comprenant des véhicules Piranha ainsi que des moyens d’appui tels que des mortiers et des systèmes antichars. Avec les unités françaises, le camp accueille au total entre 1.000 et 1.200 militaires.

     

    Un environnement d’entraînement réaliste

    Le camp de Nîmes offre des possibilités d’entraînement étendues, rares en Belgique. Il dispose notamment de vastes terrains d’exercice et d’un village d’entraînement aménagé pour les opérations en zone urbaine (MOUT). Cet environnement permet de déployer pleinement la compagnie et de s’entraîner dans des conditions aussi réalistes que possible.

     

    Vers une intégration plus étroite

    L’exercice s’inscrit dans le cadre du projet CaMo (Capacité Motorisée), qui vise à rapprocher les forces terrestres belge et française. À l’avenir, les unités belges travailleront plus fréquemment selon la doctrine, les moyens et les infrastructures français.

    La coopération à Nîmes illustre concrètement cette intégration. Les deux partenaires construisent progressivement une capacité commune, avec pour objectif de pouvoir opérer ensemble de manière fluide lorsque cela sera nécessaire.

Auteur Evelien Uytterhoeven Photos M. Bosman