
L’Oostende teste ses capacités drones en mer
8 juin 2026
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Depuis son arrivée à Zeebruges fin de l’année passée, le M940 Oostende poursuit sa montée en puissance opérationnelle. Ces dernières semaines, le nouveau chasseur de mines de la Marine a mené, dans la baie de Douarnenez en Bretagne, ses premiers essais en mer avec une équipe du Mine Countermeasures Module Group (MMG) et la « toolbox », un ensemble de drones et de systèmes sans équipage destiné à détecter et neutraliser les mines à distance.
L‘Oostende est conçu selon un principe inédit pour la Marine : lutter contre les mines sans envoyer le navire lui-même dans la zone dangereuse (L’Oostende, chasseur de mines de dernière génération, est arrivé à Zeebruges | Defence). À la place, il déploie une « toolbox » composée de drones de surface, de drones sous-marins et de systèmes de contrôle permettant de détecter, identifier et neutraliser les mines à distance (Le conteneur de contrôle mobile ouvre de nouvelles portes à la Marine | Defence).
Cette capacité avait déjà été testée à terre grâce à un conteneur de contrôle mobile reproduisant l’environnement opérationnel du navire. Les essais menés ces dernières semaines dans la baie de Douarnenez marquent toutefois une nouvelle étape : pour la première fois, la Marine a conduit ces opérations directement depuis le bâtiment, avec ses propres équipages et opérateurs MMG.

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Du pilotage sécurisé au travail intégré
Avant cette phase de test, l’accent avait été mis sur la sécurité de la navigation et les procédures de base. L’équipage s’était entraîné intensivement à la lutte contre l’incendie, au contrôle des avaries et à la navigation dans différents scénarios.
Cette fois-ci, une double composition a vu le jour à bord : l’équipage permanent du navire, renforcé par des opérateurs et techniciens MMG. Ensemble, ils ont formé une équipe intégrée travaillant selon les futures procédures.
« Il reste encore des défis techniques, mais la collaboration avec les équipes de la toolbox s’est déroulée de manière très fluide », explique le commandant de l’Oostende. « Grâce à la motivation, à la volonté et à l’énergie de toutes les personnes présentes à bord, cette intégration s’est faite rapidement. Nous avons réellement pu nous entraîner ici pour nos futures missions, et pas seulement naviguer. »
Les drones comme prolongement du navire
L’Oostende est conçu comme un navire-mère capable de détecter et de traiter les mines à l’aide de systèmes sans équipage, à distance de la zone à risque. Des drones de surface transportent capteurs et drones sous-marins vers la zone concernée, tandis que les drones sous-marins détectent et identifient les mines avant de pouvoir les neutraliser.
Cette phase de test notamment permis de déployer un navire de surface sans équipage, l’Inspector 125 (USV), ainsi que l’A18, un drone sous-marin autonome (AUV). Pour les opérateurs, il ne s’agissait pas d’une première prise en main de ces systèmes, mais bien de la première utilisation effective depuis le navire, après des essais antérieurs réalisés avec la toolbox en conteneur.

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De la préparation à l’exécution
« C’était la première fois que nous pouvions déployer l’A18 de cette manière depuis le navire. Nous avons beaucoup appris sur le comportement du véhicule », relate un opérateur AUV. Son travail couvre l’ensemble de la mission : gestion des batteries, planification des missions, déploiement du système et maintenance après utilisation. « On se trouve vraiment à la croisée de la technique et des opérations. C’est un travail concret avec un matériel particulièrement intéressant. Nous avons surtout appris à mieux utiliser nos systèmes. »
De nombreux opérateurs ont acquis cette expérience ces dernières années grâce à des formations suivies en Belgique et à l’étranger, notamment à l’école opérationnelle binationale de Den Helder. Ces connaissances ont pu être réunies pour la première fois dans le cadre d’une intégration à bord.
Une nouvelle manière de travailler
La coopération entre l’équipage et le MMG a occupé une place centrale pendant les essais. Les procédures ont été harmonisées, les rôles clarifiés et la communication renforcée. Le commandant souligne lui aussi que ce processus demande du temps : « Les nouveaux systèmes exigent une période d’adaptation. C’est normal. L’essentiel est que nous avancions ensemble vers une manière de travailler opérationnelle et efficace. »
Avec cette campagne, l’Oostende franchit une nouvelle étape concrète vers son engagement opérationnel. Pour la première fois, une équipe maritime complète a travaillé selon le concept qui doit devenir la norme à l’avenir. L’équipage et le MMG ont perfectionné leur coopération, acquis de l’expérience dans un environnement réaliste à bord et poursuivi le travail entamé précédemment à terre. Les contours de cette nouvelle manière de lutter contre les mines se dessinent ainsi de plus en plus clairement.