
Exercice Flintlock 26: sur le terrain, la bataille se joue aussi dans les esprits
12 mai 2026
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Membre du Civil-Military Engagement Group (Ci-MEG), le capitaine Adélaïde vient de participer, en tant qu’officier de planification en Information Operations (Info Ops), à l’exercice multinational Flintlock 26 en Côte d’Ivoire. Elle nous en dit plus sur son rôle.
Lors de Flintlock 26 (Le 3 Para contribue au renforcement sécuritaire en Afrique de l’Ouest | Defence), les forces engagées ne se sont pas uniquement entraînées aux opérations tactiques. Durant ces trois semaines d’exercices en Côte d’Ivoire, la relation avec les populations civiles, le respect des droits humains et la lutte informationnelle étaient également au menu.
Dans les environnements fragiles où se déroulent les opérations, le soutien de la population locale constitue un enjeu stratégique majeur. « Avec les réseaux sociaux et les médias omniprésents, des informations circulent en permanence sur les militaires. Il est donc essentiel de communiquer correctement sur ce que nous faisons et d’obtenir le soutien de la population », explique le capitaine Adélaïde.
Dialoguer avec le chef de village
Avant le début de l’exercice en Côte d’Ivoire, le capitaine Adélaïde a participé à la phase préparatoire des forces locales au Bénin, en soutien au 3e Bataillon de Parachutistes. Elle y a formé les militaires à leurs interactions avec les civils à travers des exercices pratiques : approcher la population, dialoguer avec le chef de village ou adapter son comportement en zone habitée. « Les opérations militaires ne se résument pas uniquement à l’aspect sécuritaire. La manière dont les militaires interagissent avec les civils peut avoir un impact direct sur la stabilité et la perception des forces armées », souligne-t-elle.
Cette approche a également été testée en situation réelle, notamment lors d’un exercice en zone urbaine, à proximité d’un centre d’accueil pour femmes victimes de violences et enfants abandonnés. Le capitaine s’est d’abord rendu sur place afin d’informer les responsables et limiter l’impact de l’activité sur les résidents. Les militaires ont ensuite échangé avec eux. « Il ne s’agit pas uniquement d’accomplir une mission, mais aussi de comprendre l’environnement humain dans lequel on évolue », précise-t-elle.

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En Côte d’Ivoire
Au-delà des opérations sur le terrain, le capitaine Adélaïde a également contribué à la formation de partenaires africains dans le domaine Info-Ops, au sein d’une équipe multinationale composée notamment de militaires sénégalais, marocains, tchadiens et ivoiriens. Elle a dispensé plusieurs cours sur l’analyse de la propagande et la contre-propagande, afin d’aider les participants à identifier les sources d’information, décrypter les messages hostiles et développer des stratégies de communication adaptées face à l’usage croissant des réseaux sociaux par les groupes extrémistes.
Parallèlement, plusieurs actions civilo-militaires (CIMIC) ont été menées dans la région de Yamoussoukro, en collaboration avec les partenaires américains et ivoiriens, notamment des activités de soutien aux populations et d’échanges avec la jeunesse locale.
L’une des principales actions s’est déroulée à l’école primaire d’Ouffoué-Diékro, où plus de 600 kits scolaires ont été distribués lors d’une cérémonie réunissant autorités locales, militaires ivoiriens et partenaires internationaux. « Le message était clair : la sécurité passe aussi par l’investissement dans la jeunesse et par la confiance entre les forces armées et la population », explique le capitaine.
Une approche globale de la sécurité
Pour le détachement belge, Flintlock a permis de démontrer qu’une opération moderne ne repose pas uniquement sur les capacités tactiques et que l’aspect humain doit être intégré à la réflexion opérationnelle. Face à des menaces hybrides et à des réseaux extrémistes de plus en plus présents en Afrique de l’Ouest, les dimensions humaines, informationnelles et civiles sont devenues incontournables.
À travers les formations, les échanges avec les populations et les actions civilo-militaires, les militaires belges ont contribué à renforcer une approche globale de la sécurité, une approche où la coopération avec les populations locales, le respect des droits humains et la confiance mutuelle constituent des leviers essentiels pour construire une stabilité durable.