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Dans l’ombre, les plongeurs du 4e Bataillon de Génie ouvrent la voie

4 mai 2026

  • Du 19 au 24 avril, les plongeurs du 4e Bataillon Génie se sont engagés aux côtés de leurs homologues français du 3e régiment du génie. Dans le cadre de l’exercice ORION en France, ils ont mené des missions de reconnaissance de points de franchissement, un élément essentiel à la manœuvre des forces terrestres.

     

    Spécialistes discrets mais déterminants, les plongeurs interviennent en amont du dispositif afin de garantir la capacité des unités à franchir des obstacles naturels en toute sécurité. « On vérifie à la fois les aspects techniques : profondeur, courant, accès, mais aussi tactiques tels que la présence ennemie, des obstacles ou des zones minées » explique le capitaine Benjamin du 3e régiment du génie français.

     

    « Le moindre retard peut compromettre la mission. » 
    Ces opérations se déroulent principalement de nuit, afin de limiter les risques de détection. Les équipes de plongeurs s’infiltrent discrètement, parfois par voie nautique, terrestre ou par insertion héliportée, avant de rejoindre leur objectif. « Cette nuit, nous avons mené une reconnaissance avec une équipe sous l’eau et une autre en observation en surface », explique le premier sergent Alexandre plongeur au 4e Bataillon de Génie. « Cela permet de couvrir tous les risques, qu’ils soient visibles ou subaquatiques ».

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  • Sous l’eau comme en surface, chaque détail compte. Les plongeurs progressent avec précision jusqu’à l’objectif, effectuent leur reconnaissance, puis s’exfiltrent rapidement. Mais au-delà de la technicité, le facteur temps est essentiel. « C’est une course permanente contre la montre », souligne le plongeur belge. « Le moindre retard peut compromettre la mission, surtout lorsqu’il faut absolument agir de nuit. »

     

    De l’information au profit de la manœuvre
    Une fois la reconnaissance effectuée, les informations doivent être transmises rapidement afin de décider et d’engager les moyens de franchissement. Dans un contexte opérationnel contraint, les communications peuvent être limitées. Lors de cet exercice, les équipes ont privilégié le contact direct.

    « Nous avons rejoint un point de liaison avec les Français pour transmettre nos observations », explique le premier sergent. « Elles ont ensuite été relayées vers l’échelon supérieur pour être exploitées. » Ces données sont essentielles pour déployer les moyens de franchissement, notamment les engins de franchissement de l’avant (EFA) français permettant de faire traverser une brigade rapidement en toute sécurité.

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  • Coopération franco-belge renforcée
    Dans le cadre de l’exercice ORION 2026, cette collaboration illustre concrètement la capacité des forces françaises et belges à travailler ensemble dans un environnement complexe. « On échange énormément, que ce soit sur les techniques ou les procédures », souligne Alexandre. « Il y a toujours quelque chose à apprendre de nos alliés. » Cet entraînement grandeur nature permet avant tout de confronter les méthodes, d’harmoniser les pratiques et de renforcer l’interopérabilité entre partenaires engagés dans un même scénario opérationnel.

Auteur Kelly Vanhandenhove Photos Mathieu Nijwening