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Comment transformer une plage en piste d’atterrissage pour un A400M?

28 août 2026

  • À Lakolk, au Danemark, des militaires belges ont démontré qu’un A400M pouvait opérer loin des infrastructures aéroportuaires classiques. Pendant trois jours, spécialistes du DATM, équipages du 15e Wing et para-commandos du 2e Bataillon de Commando se sont entraînés à reconnaître, préparer et exploiter une zone d’atterrissage en pleine nature : la plage.

     

    Transformer temporairement une plage en zone d’atterrissage pour un avion militaire de transport de plusieurs dizaines de tonnes ne s’improvise pas. Avant que l’A400M ne touche le sol, le terrain doit être évalué, ses caractéristiques analysées et toutes les informations nécessaires transmises à l’équipage.

    À Lakolk Beach, au Danemark, du 24 au 26 août, une dizaine de membres du 15e Wing (15 W) et du Deployable Air Traffic Management (DATM) ont travaillé ensemble pour maîtriser cette chaîne. Une équipe du 2e Bataillon de Commando (2 Cdo) était de la partie, notamment pour la reconnaissance du terrain.

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  • Une bonne connaissance du terrain

    Sur Lakolk Beach, pas de piste en béton ni de balisage classique. « Nous mesurons la résistance de la piste, sa régularité et la portance du sol. Nous vérifions la présence d’obstacles, balisons la zone d’atterrissage et rassemblons toutes les autres informations nécessaires », explique le chef de l’équipe DATM.

    Avec plusieurs dizaines de mesures, ce travail peut prendre une journée entière pour une piste non revêtue. Les résultats évoluent avec les conditions météorologiques. Les caractéristiques du sol peuvent notamment être impactées par une forte pluie, ce qui nécessite une nouvelle vérification.

    Les informations collectées sont rassemblées et transmises aux pilotes. « Ce n’est pas nous qui décidons si la piste est suffisamment bonne. Nous fournissons toutes les données. Ce sont les pilotes qui déterminent, durant la planification de mission et avec les autres éléments dont ils tiennent compte, si elle est suffisamment adaptée à l’A400M ou non. »

     

    Des données au vol

    À partir de ces informations, les pilotes du 15e Wing de Transport aérien peuvent déterminer dans quelles conditions l’avion peut utiliser la zone. À Lakolk Beach, la partie utilisable de la zone d’atterrissage mesure environ 1.150 mètres de long pour 36 mètres de large. « Il faut tenir également compte de la résistance du sol, de son état, du vent et du poids de l’appareil », explique un pilote.

    Il faut enfin prendre en compte l’utilisation répétée d’une trajectoire. « Comme la piste ne fait que 36 mètres de large, nous suivons plus ou moins la même trajectoire et créons progressivement des rainures dans le sable. Cela peut influencer le comportement de l’avion au sol. Nous savons maîtriser ce phénomène, mais nous devons en tenir compte et l’anticiper. »

    Il existe peu d’endroits permettant d’improviser une telle piste. Le Danemark offre une occasion rare aux équipages de s’entraîner dans ces conditions et, pour les pilotes, de valider la qualification nécessaire pour opérer depuis ce genre de zones d’atterrissage.

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  • Une nouvelle capacité pour le 2 Cdo

    Quatre membres du Special Reconnaissance Air du 2e Bataillon de Commando ont également participé à l’exercice. De quoi renforcer leurs compétences dans la reconnaissance et la préparation de zones d’atterrissage en environnement non préparé, en collaboration avec le DATM. « Notre objectif est de continuer à développer nos compétences, en particulier dans un environnement dépourvu d’infrastructures », explique l’un des participants.

    Après avoir suivi des formations dispensées par les DATM, les para-commandos mettent ces compétences en pratique dans un environnement réel. « Ils ont réalisé eux-mêmes les mesures et nous les avons accompagnés tout au long du processus », explique le chef de l’équipe DATM.

    Cette capacité offre au 2 Cdo davantage d’autonomie dans certaines opérations : ses membres peuvent être déployés en amont d’une opération pour préparer l’arrivée d’un avion, loin des aérodromes habituels. Un atout particulièrement précieux pour une unité appelée à agir rapidement et dans des environnements où les infrastructures ne sont pas toujours disponibles.

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Auteur Camille Henry Photos Gert-Jan D'haene