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Voir sans être vu : dans la peau d’un sniper des Chasseurs Ardennais

27 mars 2026

  • La semaine du 16 mars, le détachement sniper des Chasseurs Ardennais était en exercice de tir à Elsenborn.  L’un des snipers nous dévoile les compétences et les exigences qui font de cette fonction un rôle véritablement hors normes.


    Allongé derrière son arme, le regard fixé sur la cible, le premier sergent contrôle sa respiration. Arrivé au Bataillon des Chasseurs Ardennais fin 2020, Simon débute à la deuxième compagnie en tant que simple fantassin. À l’époque, rien ne le destine à devenir sniper. « À la fin de l’École d’infanterie, on pouvait choisir son unité », explique-t-il. « J’ai choisi les Chasseurs Ardennais pour leur histoire et leur côté emblématique. »

    C’est au retour d’une mission en Lituanie que l’idée prend forme pour Simon. « On nous a demandé ce qu’on voulait faire à court, moyen et long terme. Et j’ai dit que je voulais rejoindre le détachement sniper… dans les cinq à dix ans. » L’opportunité se présente bien plus tôt : « Je ne me voyais pas rester confiné aux véhicules. Ce qui m’intéresse, c’est être dehors, sur le terrain. »

    Savoir se cacher et observer

    Contrairement aux idées reçues, le rôle de sniper ne se limite pas à tirer. « C’est environ dix pour cent du travail », explique-t-il. Le cœur du métier repose ailleurs : « C’est surtout de la dissimulation et de l’observation. On va là où les autres unités ne peuvent pas aller. »

    Le détachement joue un rôle clé dans la préparation des opérations. « On nous demande de nous infiltrer dans des zones complexes pour observer et transmettre des informations. Ça permet aux unités de savoir comment attaquer, par où passer… ou ne pas passer. » Une mission discrète, mais essentielle.

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  • Une formation exigeante et technique

    Avant d’intégrer cette spécialisation, les candidats doivent réussir une sélection rigoureuse. « Il faut valider un test d’orientation et de tir, de jour comme de nuit. » La formation s’étend sur dix semaines et demande une grande précision. « On travaille des compétences comme le camouflage, l’infiltration, la prise de position. »

    Cette exigence repose sur une qualité essentielle : « Il faut être minutieux et penser à tout. Un simple reflet ou un élément mal dissimulé peut tout faire échouer. » Et malgré la difficulté, c’est justement cet aspect technique qui le passionne : « Ce que j’ai le plus apprécié, c’est d’apprendre à progresser dans le détail et à maîtriser chaque étape avec rigueur. »

     

    Transmettre et se projeter

    Au sein du détachement, il découvre aussi un environnement très professionnel. « Chacun sait exactement ce qu’il doit faire », dit-il. Un esprit renforcé par des instructeurs expérimentés : « Ils sont là pour nous faire évoluer, pas pour nous rabaisser. Ils sont souvent spécialisés dans un domaine précis, comme la balistique ou le camouflage. »

    La semaine dernière, le premier sergent Simon a mis son expérience au service des autres. Sur le stand de tir, il accompagnait deux candidats se préparant au test d’entrée. « Cela leur permet de progresser et d’arriver prêts pour les sélections. » Et pour ceux qui souhaitent suivre la même voie, son conseil reste simple : « Entraînez-vous bien en orientation et gardez une bonne condition physique. »

    Sur le pas de tir, les détonations reprennent. Les candidats ajustent leur position. Derrière eux, le sniper observe. Désormais formé, il transmet à son tour son expertise. 


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Auteur Camille Henry Photos José-Marie Nzembo