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Red Condor: le 3 Para s’affûte en Allemagne

18 mars 2026

  • Le 3e Bataillon de Parachutistes (3 Para) s’est entraîné, ces dernières semaines, sur les vastes terrains d’exercice de Grafenwöhr, en Allemagne. Une période d’exercices intensive mêlant tactiques d’infanterie modernes, drones et guerre de tranchées.

     

    Pour Henry, officier Opérations et Entraînement du bataillon, tout tourne autour d’un concept : garantir la capacité opérationnelle de son unité. « Ma mission consiste à veiller à ce que le bataillon soit prêt pour ses engagements », explique le major. « C’est pourquoi nous nous entraînons en permanence. Nous construisons notre readiness étape par étape. »

     

    Contexte réaliste

    Plus de 250 militaires, en majorité issus du 3 Para, ont participé à Red Condor. L’exercice portait sur les Small Unit Tactics (SUT) jusqu’au niveau compagnie. Les parachutistes s’entraînaient à pied comme en véhicule dans un environnement boisé.

    « Auparavant, nous nous entraînions surtout pour des opérations contre un ennemi terroriste. Aujourd’hui, nous nous préparons à affronter un adversaire conventionnel doté de capacités similaires », précise Henry. « Cela exige une autre manière de penser et d’agir. »

     

    Guerre moderne : tranchées et drones

    La guerre de tranchées (trench warfare) a constitué un volet important de l’entraînement. Après avoir été travaillées en Belgique, les techniques ont été appliquées à plus grande échelle en Allemagne.

    Les drones y jouent un rôle croissant : les UAS (Unmanned Aircraft System) et les contre‑UAS sont désormais pleinement intégrés dans la planification de la reconnaissance et des opérations tactiques. Pour Henry, cette évolution est évidente : « L’intégration des drones change les règles du jeu. Ils nous offrent des yeux supplémentaires sur le terrain et soutiennent la préparation des opérations. »

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  • Expertise derrière les lignes ennemies

    En tant que bataillon parachutiste, le 3 Para possède des capacités particulièrement adaptées aux opérations en profondeur. De petites équipes peuvent infiltrer discrètement une zone derrière les lignes ennemies pour neutraliser un objectif ou recueillir du renseignement. « Notre expertise réside dans des actions comme les raids et les embuscades », explique Henry. « Nous nous infiltrons sans être repérés, exécutons la mission, puis disparaissons rapidement. »

    Le bataillon compte également des équipes de Special Reconnaissance. Ces spécialistes du renseignement collectent des informations sur le terrain et identifient les positions ennemies avant une opération de plus grande ampleur.

     

    L’Allemagne offre des possibilités d’entraînement réalistes

    Les terrains d’exercice de Grafenwöhr offrent des possibilités difficiles à réaliser en Belgique. Leur vaste superficie permet un entraînement plus réaliste avec différents systèmes d’armes et manœuvres. Les militaires y manœuvrent notamment le missile antichar Spike. Des séances de tir à munitions réelles font également partie du programme. « Le tir réel apporte une autre dimension à l’entraînement », souligne Henry. « Les militaires prennent conscience que les conditions se rapprochent davantage de la réalité. »

    Le terrain offre aussi un avantage pour les opérations de drones. « Ici, nous pouvons faire voler nos drones jusqu’à environ 4.500 pieds », précise Henry. « En Belgique, nous sommes souvent limités par les règles de l’aviation civile. »

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  • Soutien logistique

    Le 29e Bataillon Logistique n’a pas manqué de soutenir le 3 Para, assurant les besoins quotidiens ainsi que l’approvisionnement en carburant et en munitions. Selon Sander, officier Opérations et Entraînements du bataillon, Red Condor sert également à entraîner les scénarios tactiques propres à l’unité : « Les unités logistiques doivent être capables de suivre les unités de combat qui vont opérer à proximité de la ligne de contact. Il faut donc s’entraîner au réapprovisionnement tactique. »

     

    En route vers la Final Exercise

    Red Condor est construit en plusieurs phases menant progressivement vers la FinEx, la phase finale. Dans la première partie, les unités s’entraînent jusqu’au niveau peloton. Pendant la FinEx, l’accent est mis sur le commandement de compagnie, chargé de résoudre un problème tactique avec son unité et les éléments de soutien — comme les équipes de reconnaissance ou les mortiers.

    Pour Henry, l’objectif de l’exercice est clair : « Tout doit se dérouler en sécurité, mais surtout, chaque militaire doit repartir d’ici meilleur qu’à son arrivée. »

Auteur Rein Van den Bergh Photos Gert-Jan D’haene