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Rapatrier plus de 1.200 tonnes de matériel de Lituanie : un défi logistique, après six mois de mission

23 janvier 2026

  • Après six mois de déploiement au sein du groupement tactique multinational de l’Otan en Lituanie, dans le cadre de la dissuasion et du renforcement du flanc Est de l’alliance, le détachement belge est rentré au pays. Aux côtés du personnel, plus de 1.200 tonnes de matériel et de véhicules ont été rapatriées. Une opération complexe, coordonnée par le 29e Bataillon Logistique, la Task Force Redéploiement et le Movement Control Group.

     

    Au total, près d’une centaine de véhicules, autant de conteneurs et une vingtaine de remorques— soit plus de 1.000 tonnes ou 1.200 mètres linéaires de fret — ont été ramenés en toute sécurité vers la Belgique. Un véritable tour de force logistique, fruit d’une préparation de longue haleine.
    « En réalité, le redéploiement a commencé dès notre arrivée en août, au début de la mission », explique le premier lieutenant ’Videl’, du 29e Bataillon Logistique. « Lorsqu’un déploiement est bien préparé, que toute la documentation est en ordre et que l’on connaît précisément le matériel engagé, une part importante du travail pour le retour est déjà accomplie. »

     

    Des mois de préparation pour une phase décisive
    Pour le 29e Bataillon Logistique, une mission de ce type représente un défi particulier, d’autant plus qu’aucune unité de relève n’est prévue. Seule une équipe belge réduite de transporteurs restera en effet en Lituanie, sous la coordination du  Movement Control Group.
    « Acheminer plus d’une centaine de conteneurs vers la Lituanie, assurer le chargement, gérer l’administratif, soutenir les unités pour amener leur matériel sur le théâtre, puis tout rapatrier vers la Belgique demande des semaines, voire des mois de préparation », énumère ’Videl’.
    La phase la plus exigeante s’est déroulée dans le mois précédant le retour, notamment en raison des conditions hivernales et du délai restreint. Il a fallu reconditionner et rapatrier l’ensemble du matériel. Le processus de redéploiement s’est divisé en deux volets principaux : les conteneurs et les véhicules. Si une partie du matériel a été acheminée à l’aller par rail et par route, le retour s’est effectué entièrement par voie maritime, ce qui a impliqué des procédures plus strictes. « Cela a compliqué les choses », précise ’Videl’. « Les exigences administratives et la réglementation liées au transport maritime sont beaucoup plus contraignantes. » 
    Une Task Force Redéploiement a été déployée dans le port de Klaipėda, sous la direction du J4, l’état-major à Bruxelles chargé du soutien logistique des opérations. Une fois sur le théâtre d’opérations, ce dernier a fourni l’appui nécessaire pour organiser le rapatriement du matériel vers la Belgique.

     

    Une planification rigoureuse jusqu’au chargement final
    Le chargement des conteneurs a débuté par une phase de planification détaillée. L’ensemble du matériel a d’abord été inventorié, puis réparti dans les conteneurs, autant que possible selon la configuration initiale du déploiement. Cette documentation a constitué la base de tout le processus.
    Sont venus ensuite le chargement et l’étiquetage, avec l’appui d’une Cargo Transport Unit venue tester de nouvelles techniques d’arrimage. Les conditions hivernales ont compliqué toutefois le travail, notamment en raison de la condensation et du gel à l’intérieur des conteneurs.

     

    Des contrôles au chargement sur le navire
    En parallèle, les véhicules ont été préparés selon une chaîne de traitement structurée : prélavage, inspections, contrôles techniques, puis une semaine complète de désinfection réalisée par une entreprise civile, sous la supervision d’un vétérinaire belge. « Cette étape était indispensable en raison de la présence persistante de la peste porcine africaine dans la région », explique ’Videl’.
    Les véhicules ont ensuite rejoint le port de Klaipėda en convois. Les températures extrêmes imposent parfois le recours à des moyens de transport lourds. « En cas de gel, certains véhicules ne peuvent plus se déplacer par leurs propres moyens. Nous devons alors recourir au Heavy Equipment Transport, avec le soutien du groupement tactique multinational et d’un partenaire civil. »
    À Klaipėda, conteneurs et véhicules ont été chargés simultanément à bord du navire, sous la coordination du Movement Control Group. Une fois en Belgique, l’état-major de la Force terrestre reprendra la conduite des opérations afin d’acheminer le matériel vers les unités concernées.

     

    La logistique, un maillon essentiel des opérations
    « La logistique est parfois peu visible, mais elle est indispensable au fonctionnement de l’ensemble du détachement », souligne ’Videl’. « Nous connaissons le matériel en profondeur et devons faire preuve de créativité pour répondre aux exigences opérationnelles. Notre mission consiste avant tout à soutenir le personnel, afin que chacun puisse accomplir sa tâche dans de bonnes conditions. Chaque maillon compte : si l’un d’eux fait défaut, c’est l’ensemble de l’opération qui en subit les conséquences. »
    Un constat qui souligne l’importance de l’esprit d’équipe, conclut-il, après une nouvelle matinée consacrée à la coordination du chargement des conteneurs.

Auteur PAO FLF LTU Photos PAO FLF LTU