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Premiers pas pour la réserve opérationnelle

28 janvier 2026

  • Être réserviste à la Défense n’est pas un choix anodin. Il est assumé par des femmes et des hommes qui acceptent de combiner leur vie civile avec un engagement au service de la société. Au sein du Bataillon Libération – 5e de Ligne (Bevrijding – 5e Linie), une unité d’infanterie de la Force terrestre basée à Bourg-Léopold (Limbourg), cet engagement prend désormais une nouvelle dimension : la mise en œuvre de sa première réserve opérationnelle. Hanne, professionnelle de l’enseignement, a ainsi choisi de consacrer quinze à vingt jours par an à la nation. Son parcours illustre pourquoi de plus en plus de personnes franchissent le pas.

     

    Pour Hanne, une carrière militaire à temps plein n’était pas envisageable. Non par manque de motivation, mais pour une question de timing. « L’âge », dit-elle en souriant. Elle cherchait toutefois plus qu’un parcours professionnel classique. « J’aime le changement et apprendre. Un emploi où je ferais la même chose pendant vingt ans, ce n’est pas pour moi. »

    Pour Hanne, la solution était toute trouvée : elle a fait le choix de devenir réserviste avec rappel.

    « Je ne cherchais pas la routine, mais du sens »

    La Défense ne lui était pas étrangère. Son mari sert également au sein du Bataillon Libération – 5e de Ligne. Au fil des années, elle a vécu plusieurs déploiements depuis le domicile conjugal. « Je sais ce que cela signifie de se retrouver seule quand son partenaire est en mission. »

    De cette expérience est née l’envie de contribuer elle-même, mais aussi de soutenir d’autres familles. Devenir réserviste lui a offert cet équilibre : s’engager pour la Défense sans renoncer à sa vie civile.

    De l’idée à l’uniforme

    Hanne a rejoint le bataillon en tant que réserviste administrative. Aujourd’hui, elle met au service de l’unité des compétences acquises dans le civil. « Grâce à mes connaissances d’Excel, je peux rapidement apporter une réelle valeur ajoutée. »

    Selon le lieutenant-colonel Willemsen, chef de corps du bataillon d’infanterie, cette approche correspond pleinement à la vision de l’unité : « Nous voyons surtout des personnes qui choisissent consciemment de contribuer à la société. Elles ne veulent pas rester spectatrices, mais participer concrètement. »

    La réserve opérationnelle : un nouveau chapitre

    La réserve opérationnelle se distingue clairement de la réserve classique. Elle s’adresse à des réservistes avec rappel, mais qui affichent une disponibilité plus élevée et un engagement plus fréquent que quelques jours par an. Ils sont formés spécifiquement pour renforcer les unités et participer à des missions, y compris opérationnelles.

    « Ce n’est pas un concept théorique », souligne le chef de corps. « Nous construisons une réserve réellement employable. »

    Une formation compatible avec la vie civile

    Pour concrétiser cette ambition, le bataillon a mis en place un système de formation modulaire. Celui-ci permet de combiner formation militaire, emploi civil et vie de famille.
    Le parcours débute par une phase d’initiation militaire, suivie d’une formation professionnelle spécialisée et d’une formation militaire spécialisée. La progression est graduelle : des compétences individuelles au travail en section, avec l’objectif de pouvoir, à terme, fonctionner également en peloton.

    L’accent est mis sur le cœur du métier de l’infanterie : maîtrise des armes, tactique, condition physique et techniques de base.

    Réserve et vie civile

    Hanne combine son rôle de réserviste avec son emploi dans l’enseignement. Concrètement, elle consacre actuellement un moment fixe par semaine à la Défense, en fonction de son horaire de cours. À l’avenir, elle envisage d’augmenter cet engagement.

    Pour le chef de corps, cette combinaison est réaliste : « Nous comptons sur un engagement de quinze à vingt jours par an, planifiés longtemps à l’avance. Cela permet aux réservistes de s’organiser avec leur employeur et leur entourage. »

    Une place à part entière dans le bataillon

    Afin d’ancrer durablement la réserve opérationnelle, la compagnie Charlie a été créée au sein du bataillon.  Elle constitue la base d’attache des réservistes, tant pour la gestion du personnel que pour la formation.

    Selon leurs qualifications, les réservistes peuvent renforcer d’autres compagnies ou être engagés collectivement lors d’exercices, de missions de sécurité sur le territoire national ou de manœuvres tactiques.

    « Il faut se lancer »

    Lorsque Hanne explique qu’elle est réserviste, la même question revient souvent : « Et s’il y a la guerre ? » Sa réponse est sans détour : « Je préfère être aux côtés de personnes que je connais plutôt que d’attendre chez moi, dans l’inquiétude. »

    Le chef de corps adresse lui aussi un message clair à celles et ceux qui hésitent encore : « Vous n’avez rien à perdre. Devenir réserviste ouvre des perspectives que beaucoup ne connaissent pas et favorise le développement personnel, le leadership et la confiance en soi. » Hanne résume simplement : « Il faut se lancer. On ne vit qu’une fois. »

     

    En savoir plus sur la réserve

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    Réserviste | La Défense | Defence

Auteur Rein Van den Bergh Photos Rein Van den Bergh