Cover 16X9

«Ne jamais abandonner»: le parcours d’une parachutiste gabonaise formée par la Belgique

15 janvier 2026

  • Au cœur de l’exercice Tropical Storm 2025, la coopération entre la Belgique et le Gabon s’est aussi matérialisée à travers l’instruction et l’obtention du brevet parachutiste par des militaires gabonais, encadrés par les instructeurs belges du Centre d’Entraînement de Parachutistes. Parmi les stagiaires, le maréchal des logis-chef Josy Claudia explique son parcours dans cette formation exigeante.


    À travers Tropical Storm 2025, la Belgique et le Gabon inscrivent leur volonté commune de renforcer leurs capacités opérationnelles face à des défis sécuritaires régionaux et internationaux, en misant sur la formation, le partage de savoir-faire et la confiance mutuelle. Sur le terrain, cette coopération prend notamment la forme d’une instruction parachutiste, dispensée par les formateurs belges aux militaires gabonais.

    Pour une partie des 60 stagiaires gabonais, cette formation a débuté sans aucune expérience préalable. « Nous commençons avec eux à la base, parfois même sans qu’ils aient déjà pris l’avion », explique l’adjudant Didier, instructeur. L’objectif est d’amener chaque élève à être capable de sauter seul, en sécurité et en confiance.
    La formation de cinq jours s’est d’abord concentrée sur l’apprentissage des gestes techniques au sol, la maîtrise du matériel et les procédures de sécurité. Quatre sauts depuis un A400M ont suivi : deux sans équipement et deux avec armement. Un parcours progressif, pensé pour ancrer des automatismes solides.

     

    Un matériel nouveau, des réflexes à acquérir
    L’un des principaux défis de la formation réside dans la manipulation du parachute, un équipement que les stagiaires gabonais n’utilisent pas dans leur cursus habituel. « Les instruments sont nouveaux pour eux, il faut parfois répéter davantage », souligne l’instructeur. À cela s’ajoutent des différences de terminologie et de langage, nécessitant une adaptation permanente entre instructeurs belges et élèves gabonais.
    Malgré ces difficultés, l’ambiance est restée constructive tout au long de la semaine. « Le contact est très facile. Les élèves sont ouverts, avec une vraie joie de vivre », ajoute l’instructeur. Une énergie perceptible jusque dans l’avion, où les stagiaires chantent avant le saut, contrastant avec la sobriété habituelle des parachutistes belges.

     

    Souffrir, apprendre, persévérer
    Pour le maréchal des logis-chef, cette formation représente bien plus qu’un simple stage. « Ici, on se bat pour obtenir notre place. Il faut courir tous les jours, souffrir, transpirer. Ce n’est pas du gâteau », confie-t-elle. Sélectionnée après quatre tentatives, elle a enfin atteint son objectif et participe avec fierté à cette formation.
    Les exercices au sol sont exigeants physiquement. Les sangles du parachute compriment les cuisses, rendant certains mouvements douloureux. « Ça pince beaucoup, et quand on doit gesticuler, ça fait très mal », explique-t-elle. Malgré cela, elle garde le cap : « Ne jamais abandonner, toujours avancer, même si c’est dur. »

     

    Une relation de confiance avec les instructeurs
    Si les instructeurs belges ont d’abord donné une impression de rigueur et de discipline, la perception a rapidement évolué. « Au début, ils paraissaient stricts, presque méchants », reconnaît-elle en souriant. « Mais après, on comprend que c’est pour notre sécurité. Ils sont exigeants, mais aussi très humains. »
    Pour les instructeurs, la confiance est un élément clé de la réussite. Elle se construit par la démonstration, l’explication du matériel et le partage d’expérience. « On leur montre ce que le parachute peut supporter, on explique nos propres sauts. Ils savent qu’ils peuvent nous faire confiance », explique l’instructeur.

     

    Fierté et accomplissement
    À l’approche de son premier saut, Josy Claudia se dit sereine. « Je me sens bien, je n’ai pas peur. Peut-être un petit trac, mais quand on est là, on fonce. » Sa plus grande victoire, pour l’instant, est déjà acquise : « Être ici, parmi tous les autres, en train de faire ce stage. »
    Pour elle, un mot résume l’expérience : magnifique. « On se bat durement pour arriver là. Et quand on n’abandonne pas, c’est encore plus beau. »
    À travers ce brevet parachutiste, ce sont non seulement des compétences individuelles qui se développent, mais aussi un partenariat militaire durable, fondé sur la transmission de savoir-faire, la confiance et le respect mutuel.

Auteur Camille Henry Photos Adrien Muylaert