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Mountain Flying : les Agusta à l’épreuve des Pyrénées

2 avril 2026

  • C’est au pied des Pyrénées, à Saillagouse (France), que la 17e Escadrille du 1er Wing de Beauvechain enchaîne les vols d’entraînement. Pour les équipages des hélicoptères Agusta A109BAi, Mountain Flying n’a rien d’une formalité : c’est un passage obligé pour rester affûtés dans un environnement aussi exigeant que spectaculaire. Et cette édition fait déjà figure de baroud d’honneur avant l’arrivée de l’Airbus H145M.


    L’hélicoptère A109BAi a été acquis dans les années nonante avec une mission militaire clairement définie. L’appareil devait constituer une réponse à la menace de véhicules blindés modernes tels que le T 90, plus rapidement déployables à l’époque que les unités terrestres classiques.

    Avec la fin de la Guerre froide, cette perspective a profondément changé. L’hélicoptère a évolué vers une plateforme polyvalente destinée à l’observation, au transport et aux évacuations médicales. Si la flotte est passée de 46 appareils à 9 exemplaires opérationnels, elle est restée une valeur sûre au sein de la Défense. Les Agusta totalisent plus de 143.800 heures de vol.

     

    Engagement en Belgique et à l’étranger

    Cette flexibilité s’est illustrée lors de nombreuses opérations. Dans les Balkans, les appareils ont soutenu les troupes internationales dans des zones difficiles d’accès. Plus tard, ils ont été déployés en Afrique, où ils ont joué un rôle essentiel entre des zones isolées et les structures de soins, effectuant notamment des évacuations médicales dans des conditions extrêmes.

    En Belgique également, les hélicoptères ont été engagés. Lors d’inondations de 2021, ils ont mené des missions de recherche et sauvetage pour mettre des personnes en sécurité.

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  • Entraînement dans un terrain montagneux exigeant

    L’exercice dans les Pyrénées s’inscrit dans cette large palette de missions. Le vol en montagne fait partie intégrante de la formation des pilotes d’hélicoptère et nécessite un rafraîchissement régulier.
    Les vols se déroulent en altitude, où l’air est plus rare et la puissance disponible diminue. Le comportement aérodynamique de l’appareil s’en trouve modifié et les pilotes opèrent plus près des limites des capacités de l’hélicoptère.

    Le terrain impose aussi des exigences supplémentaires : vallées étroites, pentes abruptes et conditions météorologiques changeantes laissent peu de marge d’erreur.
    L’exercice permet aux équipages de s’entraîner notamment aux approches et décollages en zones élevées, aux atterrissages de précision et au travail en équipage dans le cockpit.

     

    Dernier chapitre pour l’A109Bai

    Derrière chaque vol, c’est une organisation plus large qui œuvre. Des spécialistes de la planification de mission fournissent des cartes actualisées et les données opérationnelles, tandis que les techniciens assurent entretien et réparations. Cette collaboration est essentielle pour opérer en toute sécurité, quelles que soient les conditions.

    L’édition actuelle de l’exercice devrait être l’une des dernières effectuées avec l’A109BAi. L’arrivée prévue de l’Airbus H145M marque une nouvelle phase pour l’escadrille.

    Pour autant, le savoir-faire accumulé ne disparaît pas. L’expérience acquise par les équipages durant les dernières décennies — des régions montagneuses aux déserts et zones de conflit — reste un atout majeur.
    Ainsi, l’A109BAi laisse une empreinte claire. Conçu à l’origine comme hélicoptère antichar, il est devenu un appareil polyvalent déployé dans le monde entier, souvent dans des situations où rapidité et précision faisaient la différence.

Auteur Winnen Ine Photos Moors Michael