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Manœuvres terrestre, infiltrations amphibies,… le 2Cdo en Macédoine du Nord

23 février 2026

  • Durant deux semaines, pour les militaires du 2e Bataillon de Commandos (2Cdo), la Macédoine du Nord s’est muée en un terrain d’entraînement aussi vaste qu’exigeant, où la poussière, le relief et l’eau rythmaient chaque mouvement. Entre le camp d’entrainement de Krivolak (KTA), près de Negotino, et le lac d’Ohrid, les exercices se sont enchaînés à un rythme soutenu, privilégiant les mises en situation réalistes, la prise d’initiative et le travail interéquipes.


    Avec plus de 220 militaires belges et une quarantaine de véhicules, l’exercice représente non seulement un défi tactique, mais aussi un test de planification, de logistique et de leadership: mouvements de troupes, gestion de véhicules et préparation des appuis. La montée en puissance commence par des entraînements spécialisés — tir, transmissions, reconnaissance, soins — avant de basculer vers des exercices de niveau peloton et compagnie.

    « Ce que nous faisons ici va au delà du simple entraînement. L’expérience est primordiale pour les jeunes de l’unité : nous les sortons de leur zone de confort afin de travailler dans des conditions quasiment identiques à celles d’un théâtre d’opérations potentiel », le chef de détachement.

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  • S’entraîner comme il faut
    L’environnement de Krivolak permet de mener des manœuvres à pleine capacité tout en utilisant différents systèmes. Et le lac d’Ohrid ajoute une couche opérationnelle supplémentaire. Ici, le détachement bateaux et les plongeurs de combat s’entraînent aux procédures amphibies, aux infiltrations en embarcations légères et aux reconnaissances depuis l’eau. Ce grand lac d’eau douce offre des conditions idéales pour affiner des techniques essentielles aux opérations contemporaines, où les frontières entre terre et eau s’estompent de plus en plus.

    Jeunes, motivés et encadrés
    De nombreux militaires du 2e Bataillon de Commandos ont à peine quelques années d’expérience. Pour eux, cet exercice va bien au-delà du tir, du mouvement et de l’exécution des ordres. Ils apprennent à planifier sans filet, à prendre des décisions rapides avec les moyens du bord, loin de chez eux. « Les jeunes militaires découvrent les capacités de leur matériel et ce que cela signifie d’être autonomes. Ils apprennent ce qui fonctionne, mais surtout ce qui ne fonctionne pas, et cela n’a pas de prix », souligne l'adjudant d'unité (CSM) Steeve.
    D’autres membres du bataillon affichent plus de vingt ans de service. Le rôle des plus expérimentés est essentiel : non pas pour montrer comment il faut faire, mais pour accompagner, ajuster et transmettre une expérience qu’aucun manuel ne peut offrir.

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  • Les réservistes présents
    La première génération de réservistes du 2Cdo participe également à l’exercice. Pour eux, c’est une occasion unique de découvrir de près ce qu’implique un déploiement à l’étranger. Bien que leur priorité reste de terminer leur formation de base, ils acquièrent ainsi une vision réaliste de la réalité opérationnelle.
    Cet exercice ne tourne pas autour de chiffres, de schémas ou de résultats finaux. Il est réussi lorsque les participants rentrent avec davantage de compréhension, de cohésion et de confiance mutuelle.
    Pour celles et ceux qui envisagent de devenir paracommando, voici peut être le message le plus important : ce métier ne s’exerce pas seul, ne relève pas d’une routine prévisible et ne se simule pas. C’est travailler pour son pays, avec des personnes sur lesquelles on peut réellement compter, dans des conditions qui rappellent la valeur de leur engagement.

Auteur Cato Van Looy Photos Adrien Muylaert