
Les universités et la Défense unissent leurs forces pour former les médecins militaires de demain
16 juillet 2026
-
Tandis que leurs condisciples civils profitent des vacances d'été, des dizaines d'étudiants en médecine de la Défense passent plusieurs semaines sur un terrain d'entraînement. Ils y apprennent à tirer, à utiliser les radios, à évacuer des blessés et à dispenser des soins médicaux dans un contexte opérationnel. Lors d'une visite de ce camp d'été, des représentants de plusieurs universités belges ont découvert comment la Défense prépare ses futurs médecins à des missions auxquelles aucun auditoire ne peut les préparer.
Cette collaboration était au cœur d'une visite organisée pour des représentants de différentes facultés de médecine au camp d'été militaire de la Défense. Pour la première fois, les partenaires académiques ont eu un aperçu du volet militaire de la formation que leurs étudiants suivent parallèlement à leur parcours universitaire.
« Nos étudiants suivent la même formation en médecine que tous les autres étudiants », explique le médecin-général de brigade An Van Rompay, commandante du Service Médical. « En complément, nous les préparons à un contexte totalement différent : les opérations militaires, les missions internationales et les situations de crise. »
Deux univers, une seule formationL'École Royale Militaire ne dispose pas de sa propre faculté de médecine. C'est pourquoi les futurs médecins et dentistes militaires suivent l'intégralité de leur formation académique dans des universités civiles. Pendant l'été et à différents moments de l'année académique, ils reviennent à la Défense pour y suivre leur formation militaire.
Ils y acquièrent bien davantage que des compétences physiques. Les étudiants sont également formés au leadership, au travail d'équipe, aux communications radio et aux soins médicaux en conditions opérationnelles. Ils apprennent à prendre des décisions lorsque le temps, les moyens et la sécurité sont comptés.
Selon An Van Rompay, c'est précisément cette combinaison qui fait la force de la formation. « Le volet académique est essentiel. Nous y ajoutons l'expérience militaire. Ensemble, ils constituent une seule et même formation. »

-
Un échange de connaissances dans les deux sens
Aujourd'hui, la coopération va au-delà de la seule formation des étudiants militaires. À partir de l'année académique 2026-2027, les universités participeront également à de nouveaux modules consacrés à la médecine de guerre, également appelée gestion des incidents.
« C'est pourquoi nous souhaitons montrer à nos partenaires académiques comment nos étudiants sont formés aujourd'hui », explique An Van Rompay. « Lorsqu'ils élaborent leurs cours, il est utile qu'ils connaissent aussi le contexte opérationnel. »
Pour Ulrike Van Daele, vice-doyenne de la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l'Université d'Anvers, cette collaboration constitue une évolution logique. « Les étudiants acquièrent les compétences médicales fondamentales à l'université. La Défense y ajoute un contexte opérationnel très spécifique. Cette combinaison rend cette formation unique. »
Selon elle, les deux mondes ont beaucoup à s'apporter mutuellement. « Historiquement, de nombreuses innovations médicales sont apparues dans un contexte militaire. À l'inverse, le monde académique dispose d'une expertise considérable en matière d'enseignement et de recherche. En mettant ces connaissances en commun, nous nous renforçons mutuellement. »
Se préparer à l'imprévuAu cours du camp d'été, les étudiants s'exercent à des scénarios qui sont rarement abordés dans un cursus universitaire classique. L'accent n'est pas mis uniquement sur l'acte médical. La communication, les déplacements tactiques, la coopération avec d'autres unités et la prise de décision sous pression font également partie de la formation. La présence de plusieurs militaires français et néerlandais confère en outre une dimension internationale aux entraînements.
« Dans un hôpital civil, c'est le patient qui vient à vous », explique Ulrike Van Daele. « Ici, il faut parfois d'abord mettre toute une chaîne en place avant que le patient puisse être pris en charge. »
Cette réalité correspond de plus en plus aux défis auxquels les équipes médicales militaires sont aujourd'hui confrontées. Les conflits récents montrent combien il est difficile d'organiser les soins médicaux lorsque les moyens sont limités, que les communications sont perturbées et que la situation sécuritaire évolue constamment.
« Il faut être suffisamment bien entraîné pour pouvoir prendre immédiatement les bonnes décisions en situation de crise », poursuit Ulrike Van Daele. « Cela ne s'apprend pas uniquement dans un manuel. »

-
Investir dans la résilience de demain
Pour An Van Rompay, cette coopération dépasse le cadre de la formation des futurs médecins militaires. Le message est clair : les défis de demain exigent non seulement des médecins hautement qualifiés, mais aussi une collaboration solide entre la Défense et le monde académique.
« Les universités fournissent les bases scientifiques. La Défense enseigne aux étudiants comment utiliser ces connaissances lorsque les circonstances sont les plus difficiles. C'est précisément pour cette raison que nous avons besoin les uns des autres. »