Cover 16X9

Le Griffon : un outil tactique dès l’École d’infanterie

9 mars 2026

  • En ce mois de mars, dans les plaines d’entraînement boisées de Bourg-Léopold, les futurs chefs de section et chefs de peloton de l’École d’infanterie découvrent le Griffon. Pendant deux semaines, les stagiaires apprennent à intégrer ce véhicule blindé dans leur réflexion tactique et dans la conduite d’une manœuvre, avant même de rejoindre leurs unités.

     

    Au camp Beverlo, les stagiaires réalisent leur première phase de formation. « L’objectif de cette partie de formation est de permettre aux stagiaires d’avoir un premier contact avec les véhicules dont leurs unités seront équipées », explique le commandant du détachement tactique de l’École d’infanterie. 
    « Avant de pouvoir intégrer un véhicule dans une manœuvre, les futurs cadres ont dû maîtriser les fondamentaux de l’infanterie à pied. Désormais, ils apprennent à exploiter toutes les capacités qu’offrent les véhicules : mobilité, armement embarqué et systèmes d’observation. »

     

    Un saut en avant de 24 tonnes

    Le Griffon, nouveau véhicule de la transformation CaMo (Capacité Motorisée) de la Force terrestre, occupe une place centrale dans cet enseignement. « C’est un véhicule moderne, un véritable saut en avant par rapport à ce que nous utilisions auparavant », souligne un instructeur du détachement technique de l’École d’infanterie. « Il combine certaines caractéristiques du Piranha et du Dingo, ce qui le rend à la fois pratique et maniable pour les stagiaires. »

    « Au départ, nous pensions qu’il serait limité à cause de sa taille et de son poids, qui dépasse les 24 tonnes », explique un futur chef de section. « Mais sur le terrain, il est très mobile, notamment grâce à la puissance de son moteur. »

DSC 2727
  • Intégrer le Griffon dans la tactique

    Au-delà des performances et des caractéristiques du Griffon, les stagiaires découvrent également les défis qu’un véhicule impose dans la conduite d’une manœuvre. « Les erreurs les plus fréquentes viennent du fait que les stagiaires sortent d’une phase à pied de plusieurs mois », précise le commandant. « Ils ont donc parfois des difficultés à positionner correctement le véhicule ou à l’intégrer efficacement dans le dispositif tactique. »

    Progressions en véhicule, réactions au contact, prises de bivouac,… les nombreux exercices tactiques permettent de corriger ces erreurs. Les stagiaires apprennent à trouver les bonnes positions et à exploiter au mieux les systèmes embarqués, caméras et communications, pour mieux comprendre la situation et préparer des missions réelles.

DSC 2819
  • Une instruction tournée vers l’avenir

    En s’inscrivant pleinement dans la transformation CaMo, l’École d’infanterie modernise sa formation. Les exercices sont pensés pour refléter les standards opérationnels et les exigences des missions actuelles. « Les futurs cadres doivent se familiariser avec différents véhicules dès leur formation initiale et le Griffon est un exemple concret de cette préparation », résume l’instructeur du détachement technique. « Bientôt, ils rejoindront des unités comme le Bataillon Bevrijding/5e de Ligne, en transition vers ce véhicule. »

    La pédagogie de l’École d’infanterie combine technicité et réalisme opérationnel, garantissant que les futurs membres du Régiment des Opérations Spéciales ou des 1ère et 7e brigades, arrivent en unité pleinement préparés à leurs futures responsabilités.

Auteur Camille Henry Photos Adrien Muylaert