
Le conteneur de contrôle mobile ouvre de nouvelles portes à la Marine
17 février 2026
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Après l’arrivée du nouveau navire de lutte contre les mines Oostende, la modernisation de la Marine a franchi une nouvelle étape. En recourant à un conteneur de contrôle mobile (containerised toolbox), les opérateurs pourront diriger drones de surface, drones sous-marins et drones aériens en restant à quai. Une nouvelle manière de travailler, appelée à jouer un rôle central dans la lutte contre les mines et qui permettra bientôt à la Marine de réagir plus rapidement lors d'opérations, tant au niveau national qu'international.
Les nouveaux navires de lutte contre les mines fonctionnent comme des plateformes mères capables de déployer différents types de drones : sous-marins (pour détecter et neutraliser les mines), de surface (pour pénétrer dans des zones à risque et pour transporter des drones sous-marins), et aériens (pour observer et détecter les mines flottantes ou ancrées). Mais ces drones peuvent également être utilisés de manière autonome, en dehors du navire. Le conteneur mobile permet en outre d'effectuer certains tests, validations et formations sans devoir mettre un navire en service, ce qui libère du temps et des capacités.

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La toolbox ou le conteneur comme poste de contrôle
Le commandant du Mine Countermeasures Module Group (MMG), capitaine de corvette du Bus de Warnaffe, résume clairement la force de ce concept : « La modularité permet d’utiliser une même capacité depuis un navire, à quai ou même dans un port étranger. »
Une toolbox, un conteneur aménagé en poste de contrôle, constitue le cœur opérationnel de l’installation. Les opérateurs y pilotent notamment l’Inspector 125 d’Exail, un véhicule sans équipage capable d’embarquer et de déployer plusieurs drones. Grâce au conteneur, les opérateurs peuvent travailler de la même manière qu'à bord, car les consoles sont très similaires à celles du centre de contrôle des nouveaux navires. Cette uniformité accélère la formation et renforce la sécurité lors de missions complexes.
Certes, toute nouvelle technologie nécessite un temps d’adaptation : « Un nouveau système n’étant jamais parfait dès le départ, il est essentiel de disposer d’une équipe curieuse, capable de s’adapter rapidement », souligne le capitaine de corvette. Le conteneur facilite cette tâche : il constitue un environnement contrôlé dans lequel les opérateurs peuvent tester de nouveaux systèmes en toute sécurité.
La préparation avant tout
Les tests effectués en janvier à Zeebruges n’ont pas uniquement porté sur la technologie, mais également sur la mise en place d'une zone opérationnelle temporaire. Le Génie a partagé son expertise en matière de sécurisation d’un compound, un savoir-faire indispensable tant pour les déploiements nationaux qu’internationaux. Les exercices récents montrent que l'intégration entre les techniciens, les opérateurs et les équipes de sécurité devient de plus en plus étroite, une nécessité dans la lutte antimines moderne.
Dans le conteneur, les opérateurs ont travaillé sur des consoles très similaires à celles du centre de contrôle des nouveaux navires. « On y apprend non seulement à faire fonctionner les systèmes, mais aussi à construire une installation complète, à la sécuriser et à la maintenir opérationnelle », explique du Bus de Warnaffe. Parallèlement, des essais approfondis ont été réalisés afin d’optimiser les configurations des liaisons de communication et des antennes, garantissant ainsi un pilotage stable des drones.
Façonner le futur
Le MMG est le groupe qui façonne la future capacité de lutte contre les mines. Il travaille de manière entièrement modulaire : les équipes peuvent être déployées à bord de navires, à partir de conteneurs ou depuis un site fixe sur une base navale. Les opérateurs sont formés dans trois domaines : drones de surface, drones sous-marins et drones aériens. Des plongeurs-démineurs modulaires disposent également de leur propre section au sein du MMG. Des techniciens, logisticiens et planificateurs du personnel constituent en outre un soutien indispensable.
Une attention particulière est accordée au développement de l'interopérabilité entre les partenaires belges, français et néerlandais, un aspect qui a également été abordé lors des récentes campagnes d'essais. L'unité continuera à se développer au cours des prochaines années, à mesure que de nouveaux systèmes seront livrés.
Selon le capitaine de corvette du Bus de Warnaffe, cette flexibilité requiert aussi une organisation importante en coulisses : « C’est un véritable puzzle pour placer chacun au bon endroit, mais c’est précisément cette flexibilité qui nous prépare à l’avenir. »

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De Zeebruges vers l’avenir
À l’avenir, la Marine souhaite installer à Zeebruges une infrastructure permanente permettant de piloter, depuis la terre, des drones en continu dans les eaux belges. Une antenne de plus grande capacité, installée sur un bâtiment du port, viendra soutenir cette capacité et renforcer le rôle de Zeebruges comme nœud central de cette nouvelle manière de travailler. Cette infrastructure doit permettre à terme de coordonner 24 h/24 et 7 j/7 la surveillance maritime et les opérations de lutte contre les mines à terre, sans devoir envoyer systématiquement un navire.
Exail × Marine belge
Selon le chef d’état-major de la Marine, le capitaine de vaisseau Kristof Van Belleghem, cette collaboration illustre la valeur du renforcement mutuel entre l’industrie et la Marine : « Il est important que notre personnel puisse voir concrètement ce que représente cette capacité et à quoi elle ressemble. La collaboration entre les ingénieurs d’Exail et nos propres opérateurs, qui fournissent immédiatement leurs premiers retours, est réellement enrichissante. Le fait que nous soyons impliqués opérationnellement, et que cela ne provienne pas uniquement de l’industrie, rend cette collaboration particulièrement précieuse. »
Les récentes semaines d'essais ont également démontré que cette étroite collaboration est nécessaire pour affiner davantage les systèmes. Pour la Marine, il est essentiel que la technologie fonctionne non seulement sur le papier, mais aussi dans la réalité d'un environnement portuaire opérationnel.