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Guider le ciel depuis le sol: les JTAC en action lors d’un entraînement conjoint et multinational

14 avril 2026

  • La formation de Joint Terminal Attack Controller (JTAC) prépare des spécialistes pour diriger l’appui aérien sur le terrain de manière sûre, rapide et précise. Durant treize semaines intenses, des stagiaires belges s’entraînent sous la conduite d’instructeurs multinationaux de la Netherlands Air Ground Operations School (NLD AGOS). Des instructeurs américains viennent renforcer l’équipe et augmentent la profondeur opérationnelle de la formation.

     

    Les JTAC constituent le maillon tactique entre l’air et la terre. Ils dirigent des avions de combat, des hélicoptères et des véhicules aériens sans pilote (Unmanned Aerial Vehicles – UAV), tels que le Parrot ANAFI USA, conformément aux procédures de l’OTAN et d’autres partenaires internationaux.

    Leur mission consiste à garantir la sécurité lors des frappes aériennes, à analyser la situation sur le terrain et à s’assurer que l’appui aérien est engagé exactement là et au moment où il est nécessaire. Les candidats sont évalués en permanence sur la clarté et la rapidité de leur communication, leur analyse tactique, leur gestion du stress et leur capacité à guider un aéronef en toute sécurité. Ils opèrent au sein d’équipes mixtes et s’entraînent régulièrement en coordination avec l’artillerie. Une règle demeure immuable : « No comms, no bombs. »

     

    La radio : l’arme la plus importante

    La radio est le principal outil des JTAC, même s’ils sont armés. Elle leur permet de solliciter un appui aérien, de rediriger des aéronefs, de sécuriser des itinéraires ou de soutenir des tirs d’artillerie. L’autorisation finale d’exécuter une frappe leur appartient, ce qui souligne le niveau de responsabilité qui leur incombe au sein de l’opération.

    Les stagiaires utilisent également des outils numériques leur permettant de consulter des cartes avec précision et de partager des informations tactiques de manière sécurisée, y compris lorsque les conditions sur le terrain évoluent rapidement.

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  • Ringo Strike à Elsenborn

    Après dix semaines de théorie, de pratique et de simulations, les candidats rejoignent le camp d’Elsenborn pour Ringo Strike, un exercice intensif et une phase clé de la formation au cours de laquelle l’ensemble des connaissances acquises est mis en œuvre dans des conditions réalistes. Il ne s’agit toutefois pas encore de la phase d’examen, qui se déroule durant les trois dernières semaines de la formation.

    À Elsenborn, les stagiaires exécutent des missions variées : procédures radio complexes, observation et orientation, gestion de quadrillages, analyse cartographique et d’imagerie, coopération avec l’artillerie et guidage d’aéronefs dans un environnement dynamique.
    Dans ce contexte, la coopération entre les forces devient tangible, comme le souligne un pilote de F 16 de la base aérienne de Kleine Brogel : « La Force aérienne n’est réellement complète que lorsqu’elle travaille main dans la main avec la Force terrestre. Cette coopération fonctionne extrêmement bien et fait réellement la différence sur le terrain. »

     

    Une formation résolument multinationale

    Le caractère multinational est au cœur de la formation. Les candidats travaillent avec des moyens aériens belges et alliés, tels que des avions de combat F 16, des hélicoptères d’attaque AH 64 Apache et des drones UAV, et s’entraînent selon des procédures OTAN communes.

    Au delà de l’usage de l’anglais, ce sont surtout des standards tactiques partagés, identiques d’un pays à l’autre, qui permettent à chacun d’opérer efficacement au sein d’un même scénario. Cette « langue opérationnelle » commune garantit une prise de situation immédiate, une cohérence des actions entre les nations et une synchronisation optimale entre les équipages aériens et les équipes au sol.

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Auteur BAFS-IPR Photos François de Ribaucourt