
Exercice Hard’èche: drones et radars belges en appui des troupes de reconnaissance françaises
21 mai 2026
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Du 15 au 17 mai, la région de Valence et ses reliefs environnants ont servi de terrain d’entraînement à l’exercice multinational Hard’èche, réunissant près de 280 militaires issus de plusieurs pays européens. Placé sous le commandement du 1er Régiment de Spahis, unité française spécialisée dans la reconnaissance, l’exercice a notamment mobilisé un détachement du Bataillon de Chasseurs à cheval.
Pensé comme une mise en situation tactique réaliste, Hard’èche s’est déroulé sur trois jours autour d’un scénario de haute intensité. « Les militaires ont dû réaliser une infiltration depuis Valence jusqu’à une ferme située en périphérie de la ville, qui a servi ensuite de position défensive », explique l’un des deux officiers de liaison belges, intégrés au poste de commandement français. « Tout au long de leur progression, les forces engagées ont été confrontées à différents contacts ennemis. »
Le scénario reposait sur une opposition structurée entre deux forces : « Deux escadrons de réservistes et un escadron de militaires actifs français, appuyés par une équipe drone belge, composaient la Blue Force, représentant les unités alliées. Un escadron français et un peloton britannique, soutenus par une équipe radar belge, formaient la Red Force, jouant le rôle adverse. »

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Drone et radar en appui des forces alliées
Dans ce dispositif, la Belgique a joué un rôle central dans la surveillance du champ de bataille grâce à des moyens technologiques spécialisés. « Le drone léger RAVEN a assuré la collecte de renseignements aériens, tandis que le radar SQUIRE a détecté les activités dans les airs et au sol dans une zone définie. Ensemble, ces systèmes ont permis un suivi en temps réel du terrain et la transmission d’informations tactiques aux unités engagées », détaille l’officier de liaison.
« L’équipe SQUIRE pouvait signaler des mouvements sur des points sensibles comme des ponts, tandis que les opérateurs RAVEN identifiaient des positions ennemies ou des installations défensives depuis les airs. Ces données étaient ensuite transmises aux unités françaises via la chaîne de commandement. »
Une plus-value pour les forces françaises
Le directeur de l’exercice a salué l’apport des moyens belges, qui offrent ces capacités encore peu présentes au sein du 1er Régiment de Spahis, notamment avec le drone RAVEN et le radar SQUIRE actuellement en cours d’acquisition. « L’intérêt était double : produire un effet direct sur le terrain, mais aussi permettre aux forces françaises d’observer leur emploi et de progresser vers une autonomie sur ces systèmes », souligne-t-il.
« La présence des officiers de liaison belges a permis un échange direct d’expertise et une meilleure exploitation du renseignement, tout en enrichissant la compréhension mutuelle des méthodes de reconnaissance. »
Une interopérabilité renforcée
Hard’èche s’inscrivait dans une dynamique de renforcement de l’interopérabilité entre forces alliées. Pour les militaires belges, l’exercice présentait d’abord un intérêt opérationnel et technique : « Le terrain français, avec ses reliefs et ses points hauts, permet notamment d’exploiter pleinement le radar SQUIRE et de détecter des mouvements à longue distance », explique l’officier de liaison.
L’exercice a permis de renforcer la maîtrise des équipements en conditions réelles et de consolider l’expertise des opérateurs. Travailler au sein d’unités étrangères oblige en effet les militaires à s’adapter à d’autres méthodes de travail et à mieux comprendre les pratiques de leurs partenaires.
Ces différents niveaux d’expérience donnent tout son sens aux exercices multinationaux : ils ne servent pas uniquement à tester des procédures, mais permettent surtout de développer des habitudes de travail communes et de renforcer durablement la coopération entre armées alliées.