
Décontamination de masse : la Défense et les services de secours civils s’exercent à intervenir ensemble
13 octobre 2026
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Le 9 octobre, près de Chièvres, une quinzaine de militaires spécialisés dans les interventions CBRN (chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires) se sont entraînés aux côtés de pompiers et de membres de la Protection civile. Ils ont pu ainsi apprendre à mieux connaître leurs capacités respectives et préparer de futurs exercices communs pour améliorer leur coordination en cas de crise.
Un camion-citerne percute une école. Une substance chimique se répand et des centaines de personnes risquent d’être contaminées. Comment les prendre en charge rapidement et en toute sécurité ? Comment organiser la décontamination lorsque les moyens civils ne suffisent plus ? C’est autour de ce scénario que les militaires du 4e Bataillon de Génie et les services de secours se sont réunis le 9 octobre. L’objectif était de découvrir les moyens et les méthodes de travail de chacun afin de préparer de futures interventions conjointes.
Dans une situation impliquant un grand nombre de victimes, l’intervention doit être organisée en plusieurs étapes. « Après une première prise en charge dans la zone contaminée, les victimes sont acheminées vers une zone de tri. Elles y sont réparties entre les différents modules en fonction de leurs besoins et des moyens disponibles », explique le chef Cédric, responsable des équipes de décontamination CBRN de la Défense.
Des capacités complémentaires face à une criseLors d’un incident impliquant des substances dangereuses, les services de secours doivent protéger les victimes et les intervenants tout en limitant les risques de propagation de la contamination. Lorsque le nombre de personnes concernées augmente, la quantité de matériel nécessaire, l’approvisionnement en eau et la gestion des déchets représentent autant de contraintes supplémentaires.
« Nous pouvons normalement décontaminer cinq personnes, voire dix ou quinze ponctuellement. Mais, face à un scénario impliquant 200 personnes ou davantage, nous ne pourrions pas assurer seuls une telle opération », explique le capitaine William Wauquiez, pompier et coordinateur de l’exercice.
Dans ce type de situation, les capacités spécialisées de la Défense peuvent venir renforcer celles des services civils. « Cette complémentarité s’inscrit dans une mission plus large d’appui aux autorités civiles lorsque les moyens dont elles disposent sont inexistants, inadaptés ou insuffisants », rappelle le colonel Smeets, commandant militaire de la province du Hainaut. Il assure la liaison entre la Défense et les autorités civiles de la province afin de faciliter la coordination du soutien militaire lorsque la situation l’exige.
La Belgique en a notamment fait l’expérience en 2013, lors de l’accident ferroviaire de Wetteren. Les spécialistes CBRN de la Défense avaient alors été mobilisés aux côtés de la Protection civile pour contribuer à l’évaluation et à la détection des zones concernées.

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Apprendre à travailler ensemble
Pouvoir compter sur des moyens complémentaires ne garantit pas, à lui seul, une intervention efficace. Encore faut-il que les différents services puissent les intégrer dans une même organisation. Les équipements, les procédures et les systèmes de communication peuvent varier d’un service à l’autre.
« Avec les services civils, nous devons apprendre à fonctionner selon une organisation différente », souligne le chef Cédric. « Des aspects aussi pratiques que la compatibilité des raccords nécessaires à l’alimentation en eau peuvent compliquer la mise en place d’un dispositif commun. »
Une première étapeCette journée constituait avant tout une prise de contact. Il n’était pas encore question de tester toutes les procédures dans un scénario, mais de permettre aux différentes unités de mieux se connaître et de cerner les moyens dont elles disposent.
Les prochains exercices pourront ainsi monter progressivement en intensité, avec l’intégration des communications radio, la coordination opérationnelle entre les équipes et la mise en place d’un poste de commandement opérationnel.
À terme, cette préparation doit permettre aux services de secours d’anticiper plus facilement l’arrivée des renforts, de répartir les tâches et d’organiser la prise en charge des victimes. En situation de crise, connaître à l’avance les capacités de chacun permet de gagner un temps précieux et de mobiliser les bons moyens au bon moment.