
Dans les coulisses de l’hélicoptère H145M, avec les techniciens
27 février 2026
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Transport, soutien, opérations avec les forces spéciales,… le H145M est appelé à jouer un rôle essentiel dans les futures missions de la Force aérienne. Avec l’arrivée prévue de ce nouveau type d’hélicoptère, ce n’est pas seulement la flotte qui évolue, mais aussi la manière dont le personnel et les moyens sont préparés à une utilisation opérationnelle.
Cette préparation ne commence pas au moment où le premier hélicoptère atterrit en Belgique. Elle débute bien plus tôt, avec les techniciens responsables de la maintenance, de la sécurité et de la disponibilité opérationnelle. Ceux-ci suivent un parcours de formation intensif, avant même l’arrivée du H145M au 1e Wing à Beauvechain, destiné à les préparer à un appareil qui introduit de nouvelles exigences techniques et opérationnelles.Au total, quinze appareils ont été commandés pour la Défense et cinq pour la Police fédérale.
De la théorie à la pratique
La formation des techniciens se déroule en plusieurs étapes. Une première phase, entièrement théorique, a lieu chez Airbus, à Donauwörth (Allemagne). Chaque système de l’hélicoptère y est étudié en détail, des composants mécaniques aux systèmes informatiques complexes. Cette connaissance constitue la base du métier.
Une deuxième phase, pratique, se déroule au sein d’une unité allemande qui utilise déjà le H145M. Les techniciens y réalisent les preflight et postflight checks, travaillent au rythme d’un environnement opérationnel et préparent les vols. C’est dans ce cadre que la théorie se transforme en expérience concrète.

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Apprendre dans un environnement opérationnel
Dans ce contexte, les techniciens belges découvrent comment préparer un appareil avant une mission et quels contrôles effectuer après l’atterrissage. Le temps, la précision et la responsabilité y vont de pair. Cette expérience opérationnelle est indispensable lorsque la Belgique exploitera elle-même le H145M.
Les premières équipes de techniciens jouent un rôle de pionniers. Leur commandement leur a confié une liste détaillée de questions auxquelles ils doivent répondre avant la livraison du premier appareil. Durant leur formation, ils collectent des informations, rédigent des rapports et partagent leur expérience avec les collègues qui suivront plus tard la formation sur type. Ainsi, l’expertise grandit déjà avant même que l’hélicoptère n’arrive physiquement en Belgique.
Actuellement, onze techniciens ont déjà terminé leur formation, et onze autres sont en cours de formation à Donauwörth. Deux nouvelles rotations sont prévues pour compléter l’ensemble des équipes, sous réserve de confirmation finale du calendrier.
Un appareil et une équipe prêts pour demain
Techniquement, le H145M représente un défi intéressant. De nombreux techniciens ont de l’expérience sur le NH90, centré sur les systèmes informatiques et de commandes de vol électriques (fly by wire). D’autres viennent d’appareils plus anciens, fondés sur une mécanique plus traditionnelle. Le H145M combine les deux mondes : des capteurs et ordinateurs modernes surveillent en permanence l’état de l’hélicoptère, tandis que des systèmes mécaniques gardent un rôle tout aussi essentiel.
Après chaque vol, l’appareil est analysé. Les données indiquent le nombre d’heures effectuées par chaque composant, quand une maintenance est nécessaire et où d’éventuels problèmes peuvent apparaître. Pour les techniciens, cela signifie travailler à la fois avec leurs outils… et avec les données.
Même si le H145M belge n’est pas encore dans le hangar, la préparation bat déjà son plein. Les techniciens qui acquièrent aujourd’hui de l’expérience posent les bases de nouveaux escadrons et de nouvelles capacités. Leur travail reste souvent invisible, mais sans eux, aucun appareil ne peut décoller. Lorsque le premier H145M arrivera bientôt en Belgique, l’hélicoptère sera neuf. L’équipe qui l’entoure, elle, ne le sera plus depuis longtemps. Dans les coulisses, l’avenir a déjà commencé.