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Dans la peau d’un secouriste militaire: 72 heures d’épreuves non-stop

20 février 2026

  • Les futurs secouristes militaires ont enchaîné, cette semaine à Bourg-Léopold, 72 heures d’exercices médicaux exigeants. Au programme : prise en charge de blessés, stabilisation en conditions tactiques et évacuations complexes.


    La formation EMT-B (Emergency Medical Technician) est un cours statutaire lié à la fonction que les militaires choisissent en début de carrière. Pour pouvoir y participer, ils doivent avoir réussi la formation civile de secouriste ambulancier ainsi que le test d’entrée portant sur l’anatomie et la physiologie. Ce test comprend cent questions à choix multiples destinées à évaluer les connaissances médicales de base des candidats.

    La théorie comme base de la pratique

    Après admission, les militaires entament une formation de sept semaines.   « Les trois premières semaines sont consacrées à des cours théoriques portant notamment sur l’hygiène, les soins des plaies et le traitement des traumatismes », explique le 1er sergent major Niels, instructeur au sein de la formation EMT-B. « À l’issue de cette phase, un test est organisé. Seuls ceux qui obtiennent au moins 75 % peuvent accéder à la partie pratique. »

    Durant les quatre semaines de pratique, les candidats transposent leurs connaissances en gestes concrets. Ils apprennent par exemple à protéger des victimes contre l’hypothermie, à évacuer des blessés en toute sécurité, à récupérer une victime en mer ou encore à approcher un hélicoptère de manière sûre.

    La nouveauté de 2026 ? L’accent mis sur l’entraînement CBRN, au cours duquel les candidats apprennent à réagir lors d’incidents chimiques, biologiques, radiologiques ou nucléaires. Cet accent renforcé découle de la guerre en Ukraine, qui souligne l’importance de ce type de préparation.

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  • 72 heures de scénarios tactiques

    La dernière semaine pratique se conclut par un exercice de synthèse de 72 heures. Dix-neuf candidats, répartis en quatre équipes, enchaînent plusieurs scénarios médicaux. Ils travaillent en petits groupes et interviennent dans trois contextes principaux : un Forward Casualty Collection Point, où les blessés sont accueillis pour la première fois ; des évacuations médicales en ambulance ; et un Main Casualty Collection Point, où les patients sont stabilisés avant une évacuation ultérieure.

    Au fil des scénarios, les candidats endossent différentes responsabilités. En tant que Medical Provider, ils dispensent les soins médicaux ; comme Medical Leader, ils coordonnent la prise en charge ; et en tant que Tactical Leader, ils assurent la sécurité de l’intervention. Ils apprennent ainsi à traiter un patient de manière complète et correcte dans un scénario tactique en constante évolution.

    Les coachs suivent chaque intervention de près et évaluent les performances. « Après chaque scénario, les équipes reçoivent un débriefing, ce qui leur permet de corriger immédiatement leur approche », précise Niels. « Pour réussir la partie pratique, les candidats doivent à nouveau obtenir au moins 75 %. »

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  • Après la formation EMT-B

    Une fois la formation réussie, les militaires peuvent travailler comme EMT-B au sein d’une capacité médicale Role 1, qui constitue la première ligne de soins lors des opérations, ou comme membre d’une équipe d’évacuation. Ils sont alors capables de prendre en charge les malades et les blessés et de leur fournir les soins nécessaires dans toutes les opérations et activités de la Défense, que ce soit en environnement conventionnel ou CBRN, tout en tenant compte des impératifs tactiques.

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