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Classe III: la chaîne carburant de la Défense

20 mars 2026

  • Le Peloton Classe III du 29e Bataillon Logistique a déployé, cette semaine, un dépôt carburant de campagne sur le terrain d’exercices de Grobbendonk (Campine).Entre la mise en place de conteneurs et de véhicules lourds, le déploiement d’une poche de stockage flexible et le remplissage de jerrycans, l’ensemble de la chaîne carburant a été exercé dans des conditions réalistes. Cet entraînement s’inscrit dans la préparation à l’exercice international ORION 26, qui se déroulera le mois prochain en France.  Durant cet exercice de grande ampleur, la Classe III jouera un rôle central : assurer le ravitaillement en carburant de différentes unités belges et alliées, un soutien logistique essentiel au maintien de la mobilité et de la manœuvre sur le terrain.

     

    « La Classe III assure la gestion complète des carburants pour tous les véhicules au sein de la Défense. De la Force terrestre à la Force aérienne, de la Marine au Service médical », résume le premier sergent Bart, responsable Classe III du 29e Bataillon Logistique : « Sans carburant, rien ne bouge. »

    Au cours de cette semaine d’entraînement, le peloton a déployé un dépôt carburant de campagne compact mais pleinement fonctionnel, composé de trois DFDC (Deployable Field Distribution Capacity) d’une capacité de 8.000 litres chacun, du Mobile Treatment System (MTS), un système qui nettoie et remplit automatiquement les jerrycans à un rythme d’un par minute, ainsi que d’une BBFI (Battlefield Bulk Fuel Installation) d’une capacité de 40.000 litres.

     

    Un seul type de carburant

    Le BBFI, une grande poche de stockage flexible remplie de kérosène, fonctionne selon le « single fuel concept » : un seul carburant pour les véhicules comme pour les aéronefs. On le remplit de kérosène —carburant généralement destiné à l’aviation — pour y ajouter un additif qui le rend également compatible avec les véhicules tactiques, explique Bart. « Ce système a été introduit au sein de l’OTAN pour éviter de devoir mettre en place deux chaînes logistiques distinctes. »

    Si l’installation carburant est prêtée par les forces armées françaises, la Défense prépare l’acquisition de ses propres systèmes. Pour le peloton, il s’agit d’un domaine encore peu familier, mais d’un élément important de préparation à l’exercice multinational ORION 26, en France. « Les premières leçons datent seulement de janvier », précise Bart. « C’est pourquoi cet entraînement est essentiel. »

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  • Déploiement autonome

    Bien que la Classe III assure régulièrement un soutien carburant à d’autres unités, cela faisait longtemps que le peloton n’avait pas dû se déployer entièrement de manière autonome sur le terrain. « Ce sont des choses que nous connaissons, mais en général nous les exécutons en appui d’autres. Cette fois, nous sommes seuls, avec tous nos systèmes réunis, et avec une équipe jeune. Faire des répétitions s’avère nécessaire », explique Bart. Malgré cette autonomie, un appui limité du transport et des services techniques reste indispensable.

     

    Préparation à ORION 26

    Lors du prochain exercice multinational ORION 26, la Classe III sera intégrée au Service Énergie Opérationnel français, qui fonctionne selon un concept similaire. Sur place, le peloton installera de grands dépôts de campagne et ravitaillera diverses unités et nations.

    C’est pourquoi le peloton s’est exercé cette semaine non seulement au montage d’un dépôt, mais aussi à son démontage et à sa réinstallation sur un autre site. La semaine a commencé à Bourg-Léopold pour se conclure à Grobbendonk. « Cela nous permet de tester nos procédures à plusieurs reprises et de détecter à temps les points d’attention », indique Bart. Durant ORION 26, le peloton devra en effet se redéployer et se réimplanter plusieurs fois.

    Une contrainte supplémentaire doit également être prise en compte : la gestion des jerrycans. Tandis que le MTS fonctionne en continu, les réserves doivent suivre au même rythme. La rapidité du MTS impose donc de disposer d’un stock suffisant de jerrycans pour garantir la continuité du ravitaillement. Bart conclut avec un sourire : « Nous espérons que les Français apporteront aussi leurs jerrycans, car nous n’en avons pas assez nous-mêmes. »

Auteur Wilge Decraene Photos Gert-Jan D’haene