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Capacité de reconnaissance du génie ; « Faire la différence entre progresser ou s’enliser en Lituanie »

9 janvier 2026

  • En Lituanie, une section spécialisée du génie de combat du 11e Bataillon du Génie a mis en pratique, pour la première fois, une capacité de reconnaissance propre au génie. En tant qu’élément de soutien spécialisé, elle analyse le terrain, la mobilité et les obstacles ennemis, tant en situation offensive que défensive. Ces informations sont essentielles pour le groupement multinational de la mission OTAN Forward Land Forces. « Notre capacité de reconnaissance fait réellement la différence entre une progression fluide et un enlisement sur le terrain », souligne l’équipe.

     

    « De la reconnaissance des itinéraires à l’identification des obstacles et des menaces potentielles comme les mines : nos observations déterminent si les troupes engagées peuvent poursuivre leur progression avec leurs propres moyens ou si des capacités supplémentaires du génie sont nécessaires pour franchir ou contourner les obstacles ennemis », explique le premier lieutenant Rik, coordinateur génie de l’équipe de reconnaissance. « Alors que d’autres unités de reconnaissance se concentrent sur la localisation de l’ennemi, nous évaluons surtout les contraintes et les possibilités offertes par le terrain ainsi que les obstacles ennemis. »

     

    Poursuivre la progression avec les moyens du génie

    Si le concept d’une capacité de reconnaissance propre au génie existe à la Défense depuis 2023, l’exercice international Engineer Thunder, en Lituanie, est sa première mise en pratique avec des obstacles ennemis. En démontrant, immédiatement, une vraie valeur ajoutée. À la demande de l’infanterie lituanienne, l’équipe de reconnaissance du génie a cartographié les itinéraires praticables et localisé les zones où le génie ennemi était actif.

     

    « Lors d’un vol de reconnaissance à l’aide d’un drone estonien, nous avons observé des indicateurs d’une ceinture d’obstacles longue de cinq kilomètres, composée de champs de mines, de barbelés concertina et d’obstacles ponctuels sur les routes », précise le chef d’équipe, le premier sergent-major Filip.

     

    « Nous avons ensuite effectué une reconnaissance physique de la zone pour affiner cette cartographie. Sur cette base, le commandant d’infanterie établit un plan d’infiltration. Avec le commandant de son peloton du génie de combat, il détermine ensuite les moyens du génie à engager pour poursuivre la progression. Nous ne nous limitons pas à constater la présence d’obstacles : nous analysons aussi leur composition technique. Sont-ils solidement ancrés ? Des mines sont-elles présentes ? Ces éléments nous permettent d’estimer plus précisément la nature et l’ampleur du soutien du génie requis. »

     

    La réalité du terrain

    Outre l’appui offensif, la reconnaissance du génie est tout aussi déterminante en situation défensive. L’équipe a procédé à une analyse approfondie du terrain : elle a évalué le rôle potentiel des rivières comme obstacles, étudié la densité des zones boisées et vérifié si les routes pouvaient supporter des colonnes logistiques lourdes. « On ne peut pas simplement supposer qu’un pont possède la même capacité portante qu’en Belgique ou que les panneaux de tonnage sont fiables. Une reconnaissance approfondie et physique est indispensable », explique Filip.

     

    Partager les connaissances et coopérer

    Au-delà de son rôle opérationnel, l’exercice a favorisé le partage des connaissances, en particulier afin de sensibiliser aux menaces réelles liées aux mines, à leur emploi défensif et aux principes de base de la protection contre les mines.

     

    Les sapeurs du génie, directement intégrés dans l'Escadron d'éclairage et d'intervention du Bataillon de Chasseurs à Cheval de Heverlee, ont effectués des reconnaissances techniques au profit du groupement multinational et des autres détachements belges. Cette formation a également été étendue aux détachements logistiques et médicaux belges, afin de renforcer leurs compétences essentielles.

     

    En Lituanie, l’équipe du génie collabore aussi étroitement avec l’équipe allemande de déminage, ce qui lui permet de rafraîchir et d’approfondir ses connaissances en matière d’explosifs et de menaces liées aux mines. Cette expertise est ensuite intégrée dans des exercices de plus grande ampleur, tels que des opérations nocturnes de neutralisation de mines antipersonnel devant des positions ennemies ou l’évacuation de blessés à partir de véhicules immobilisés dans des champs de mines.

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  • Guerre de tranchées et conflits modernes

    La coopération avec l’équipe allemande de déminage offre également aux militaires du génie belge une expérience concrète de la guerre de tranchées. En Belgique, cette mission relève traditionnellement de l’infanterie, tandis que, selon la doctrine allemande, elle incombe au génie. Cette collaboration a mis en évidence l’importance du génie de combat pour le déminage et la neutralisation de pièges dans des systèmes de tranchées complexes.

     

    « Grâce à nos entraînements intensifs, nous avons démontré que le génie peut jouer un rôle de soutien essentiel dans les conflits modernes de haute intensité », conclut le premier lieutenant Rik. « Nous avons bénéficié et créé de nombreuses opportunités. Il est extrêmement gratifiant de pouvoir exploiter ces initiatives et de constater que notre engagement apporte une réelle valeur ajoutée, jusque et y compris au niveau divisionnaire. Cela constitue une motivation forte pour continuer à s’investir pleinement à l’avenir. »

Auteur Officier de presse FLF Lituanie Photos Officier de presse FLF Lituanie