
Avec le Space Security Centre, la Belgique renforce sa vigilance dans le domaine spatial
12 février 2026
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En deux ans d’existence, le Space Security Centre (SSC) s’est imposé, au sein de la Force aérienne, en tant que centre d’expertise dans un domaine en évolution rapide : l’environnement orbital. Le centre développe une capacité belge autonome permettant de comprendre, analyser et anticiper les activités dans l’environnement spatial proche de la Terre. Son équipe, composée de militaires et de civils issus d’horizons variés, collabore étroitement avec des partenaires nationaux et internationaux. De quoi traduire des informations spatiales complexes en un soutien concret aux opérations.
L’espace est aujourd’hui un domaine opérationnel à part entière. Navigation, communication, synchronisation des systèmes, observation de la Terre : presque toutes les capacités militaires reposent sur des services satellitaires. Surveillant le domaine spatial, le SSC garantit la fiabilité des services de Positionnement, Navigation et Timing (PNT).Équipe multidisciplinaire
En combinant des données internationales avec des informations librement accessibles, le centre permet à la Belgique d’acquérir une vision propre et, dans le futur, de plus en plus autonome, de ce qui se passe en orbite. Des capteurs nationaux viendront ainsi compléter cette capacité de surveillance, dont un télescope en Antarctique, offrant des observations uniques pour des segments orbitaux moins bien couverts.
Le SSC analyse aussi les comportements en orbite : manœuvres de satellites et menaces potentielles pour les intérêts belges ou alliés. Ces analyses sont intégrées à la planification opérationnelle. Le centre contribue ainsi à la préparation des missions, à l’analyse des menaces, et à la coordination des opérations multi-domaines.
Suivre la rentrée incontrôlée de la fusée chinoise ZQ‑3
Le rôle du SSC s’est illustré récemment lors de la rentrée incontrôlée de l’étage supérieur de la fusée chinoise ZQ‑3. Ce module de onze tonnes a survolé le territoire européen de multiples fois. Les opérateurs du SSC ont suivi l’objet de près à partir du 26 janvier, analysé les trajectoires possibles au‑dessus de la Belgique et déterminé les fenêtres de risque en cas d’impact.
Leurs rapports ont été partagés en temps réel avec le Centre national de crise et le Centre opérationnel de la Défense. La fusée a finalement terminé sa course dans le Pacifique le 30 janvier, mais cet événement a démontré l’importance d’un suivi rapide et fiable des risques spatiaux, ainsi que l’expertise déjà acquise par le SSC.
Une capacité d’avenir
Mercredi 11 février, le commandant de la Force aérienne, le général-major aviateur Geert De Decker, a signé un accord de coopération avec le European Union Space Surveillance and Tracking (EU SST). Le Space Security Centre rejoint ainsi un réseau européen de quinze États dédié à la sécurité et à la durabilité des activités spatiales.
En mettant ses capacités et son expertise au service de cette coopération, la Défense contribue directement à surveiller le trafic spatial, à prévenir les risques de collision et à suivre les débris en orbite. Cette adhésion renforce le rôle croissant de la Belgique dans la protection des satellites européens et des infrastructures critiques dans un environnement spatial de plus en plus sollicité.
Deux ans après sa création, le Space Security Centre n’en est encore qu’au début de son développement, mais son impact est déjà tangible. La Force aérienne étend désormais son horizon au‑delà de l’atmosphère, vers un domaine chaque jour plus complexe. Grâce au SSC, la Belgique est mieux préparée aux défis comme aux opportunités que l’espace offre.