COLD RESPONSE 2026 MIL.BE HORIZONTAL JORN URBAIN 9

À la recherche de mines anti invasion dans les fjords norvégiens pendant Cold Response 2026

23 mars 2026

  • Du 2 au 19 mars, la Marine belge a participé à l’exercice de grande ampleur Cold Response 2026 en Norvège et en Finlande, un exercice de l’OTAN réunissant plus de 32.500 participants issus de 14 pays. Pour la Very Shallow Water Team (VSW-team), cette édition revêt une importance particulière. Ces spécialistes des opérations en eaux très peu profondes opèrent dans un environnement de fjords particulièrement exigeant et soutiennent une opération amphibie, un scénario qui demeure essentiel dans la sécurité maritime moderne.

     

    Pendant l’exercice, la Marine belge apporte son soutien au Corps des marines de la Marine royale néerlandaise. Depuis le navire néerlandais Zr. Ms. Johan de Witt, l’équipe VSW assure, grâce à l’analyse sonar, l’ouverture d’un passage sécurisé permettant aux embarcations amphibies de traverser en toute sécurité un champ de mines potentiel. Une fois ce couloir dégagé, les équipes néerlandaises EOD (spécialisées dans la détection et la neutralisation d’explosifs) prennent le relais pour sécuriser la zone portuaire intérieure et les quais.

    Cette première phase est indispensable : les opérateurs de drones belges créent un corridor d’accès sécurisé permettant aux troupes de débarquer en toute sécurité depuis des embarcations de débarquement amphibies. 

     

    Les nouvelles mines exigent de nouvelles compétences

    L’équipe VSW développe depuis des années une expertise dans l’identification de nouveaux types de mines marines. Lors de Cold Response 2026, un type particulièrement difficile est apparu : les mines anti-invasion. En raison de leur petite taille, elles sont difficiles à détecter au sonar et représentent donc un véritable défi, même pour des opérateurs expérimentés. « Nous constatons que nous devons nous concentrer de plus en plus sur des mines que nous ne connaissons pas encore. C’est ainsi que nous continuons à renforcer notre expérience », explique Michiel, opérateur de drone. 

    Les fjords norvégiens ajoutent une dimension supplémentaire, avec des profondeurs très variables et des cartes marines parfois imprécises. C’est pourquoi l’équipe effectue systématiquement un scan des profondeurs avant que le REMUS (un drone sous-marin autonome, ou AUV) ne plonge.

     

    La coopération comme source d’apprentissage

    La coopération avec des marines internationales apporte à chaque fois de nouvelles perspectives. Pour l’équipe belge, contribuer au dégagement de pontons, une tâche qui ne relève normalement pas de sa mission, constitue un enrichissement précieux de leurs capacités opérationnelles.

    Le chef d’équipe Jannick porte un regard satisfait sur les performances de ses hommes : une équipe solide, animée d’un excellent esprit de corps. « L’aspect amphibie et le ‘nettoyage de plage’ réalisé avec les Néerlandais ont été une expérience enrichissante. C’est ce qui rend les exercices internationaux si uniques. »

    S’inscrivant dans un contexte de vigilance accrue dans le Grand Nord, Cold Response 2026 renforce la capacité de dissuasion de la Norvège et de ses alliés. Pour la Marine belge, l’exercice confirme l’expertise de ses opérateurs de drones ainsi que leur rôle au sein d’un cadre multinational.

Auteur Loïck Van Wesemael Photos Jorn Urbain