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À Charleroi, le ministre de la Défense vient acter le lancement du Quartier du Futur

28 mai 2026

  • Le ministre de la Défense, Theo Francken, s’est rendu ce jeudi 28 mai au Pays noir sur le site du Quartier du Futur Sud, aux côtés des autorités locales. Cette visite sur les terrains de la porte Ouest de Charleroi marque le lancement officiel du chantier d’assainissement, dont les travaux ont débuté en début d’année, première étape concrète avant l’acquisition du site par la Défense. Un projet stratégique qui accueillera, à terme, près de 1.500 militaires et civils.


    Ce jeudi midi, les grues et terrains en transformation de la porte Ouest à Charleroi ont servi de décor à une visite symbolique. Invité par le bourgmestre de la ville, le ministre de la Défense est venu constater l’avancement de l’assainissement du site, conformément aux engagements pris par les autorités locales, et en amont de toute acquisition par la Défense. 

    L’objectif de cette visite est de démontrer que le projet est désormais entré dans une phase opérationnelle. Après plusieurs années de préparation, les travaux d’assainissement ont démarré début 2026, marquant le passage d’une ambition politique à une réalité de terrain. 

    Pour le ministre, ce projet s’inscrit dans une stratégie nationale de long terme : « Le dossier qui nous réunit aujourd’hui est un dossier majeur, intégré au plan quartier de la Défense validé par le gouvernement en mars dernier. Le futur site de Charleroi sera le projet le plus important de ce type en Wallonie, et même en Belgique. D’autres initiatives existent, comme à Ursel, mais elles ne sont pas comparables à ce qui est prévu ici. »

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  • Une caserne du futur, ouverte sur la ville

    Implanté sur 27 hectares, le Quartier du Futur Sud ne sera pas une caserne traditionnelle, mais un site hybride associant activités militaires et espaces ouverts au public, avec une forte intégration urbaine. Il accueillera progressivement plusieurs unités, dont le 1er/3e Bataillon de Lanciers, le futur 8e Bataillon Logistique, la Police militaire, le Movement Control Group, ainsi que des éléments de la Cyber Force, du Service médical et de la Marine, pour un effectif total d’environ 1 500 militaires et civils à terme. 

    Afin de concilier ces missions opérationnelles avec une ouverture vers la ville, le site sera structuré en deux zones complémentaires : une zone hautement sécurisée, dédiée aux activités militaires et sensibles, et une zone semi-publique, ouverte à des usages partagés avec les citoyens (sports, santé, crèche, parkings). Un axe cyclo-piéton reliera le site à la gare de Marchienne-au-Pont, au centre-ville et aux lignes de métro.

    Pour le ministre de la Défense, l’enjeu va au-delà d’une simple implantation militaire : 
    « Ce projet unique permettra de créer de nombreux emplois et constitue une opportunité majeure pour la région. Mais il répond surtout à un besoin essentiel : renforcer notre Défense. Nous devons investir, recruter davantage et préparer l’avenir. »

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  • Un levier de redéploiement pour Charleroi

    Pour Charleroi, le projet dépasse largement le cadre d’un investissement de la Défense. Il est présenté comme un moteur de redéploiement territorial, avec des retombées attendues en matière d’emploi, d’activité économique et de transformation urbaine.

    Le quartier s’inscrit dans un écosystème déjà en développement autour de la cybersécurité, de l’innovation et de la formation. Depuis 2024, la Cyber Defense Factory est implantée au sein d’A6K, un centre d’innovation technologique à Charleroi, marquant la première présence de la Cyber Force en milieu civil. Par ailleurs, la Haute École Louvain en Hainaut (HELHa), en collaboration avec la Défense, développe une formation en logistique combinant approches civiles et militaires, en partie assurée par des experts militaires. Dans la continuité des conventions existantes, la Défense travaille également avec plusieurs partenaires publics de l’emploi et de la formation (FOREM, IFAPME, etc.) afin d’anticiper les besoins en compétences et en formations liés au Quartier du Futur et de renforcer les synergies à venir.


    Un projet qui avance, étape par étape

    En parallèle au chantier d’assainissement, plusieurs étapes restent encore à franchir. Le général-major Fabrice Saint Guillain, chef de cabinet adjoint, détaille : « Comme l’a indiqué le Ministre, il s’agit d’un dossier particulièrement actif, tant sur le terrain qu’au niveau du cabinet. Il est en cours d’examen afin de permettre au Conseil des ministres de lancer le marché public portant sur la conception puis la construction du quartier ».  Le calendrier actuel prévoit un chantier de construction entre 2028 et 2033, une première pierre en 2029 et une montée en puissance progressive de l’occupation du site jusqu’à la pleine capacité en 2040.

    Le ministre Francken a conclu la visite sur une note légère :
    « Le Pays noir deviendra bientôt kaki. »

Auteur Camille Henry Photos Adrien Muylaert