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Un pour tous, tous pour un

Un pour tous, tous pour un

 

Le Centre de Compétence Matériel Roulant et Armement (CC R&A) de Rocourt rassemble des militaires aux compétences très diverses. Tests balistiques, métrologie et fabrication sont quelques-unes de leurs spécialités. La DGMR y compte environ 1000 travailleurs qui œuvrent pour les 4 composantes et qui supportent aussi bien les unités que les opérations. Parmi eux, un tourneur-fraiseur passionné et… passionnant.

Fabricant de pièces pour la Défense

Il fabrique aussi bien une pièce du système hydraulique du F-16 qu’un outil pour redresser la mire de la .50 ou encore un des crochets nécessaire aux chaises de la marine ; le caporal Michaël Happaerts est un de ces travailleurs de l’ombre du CC R&A. Grâce à son A2 en électromécanique, spécialité machine-outil, cet ancien commando a été réorienté vers le métier de fraiseur à sa plus grande joie : " Chaque année, nous produisons quelque 35.000 pièces pour toute la Défense."
Préparer la matière, programmer la machine tout en réalisant la première pièce et ensuite passer à une production en série, ces étapes n’ont plus aucun secret pour lui : "Il n’y a probablement pas 10 personnes avec nos capacités à la Défense." Fier de son labeur, Michaël aime le rappeler à tout le monde : "Les 4 composantes ont pu un jour bénéficier des pièces que nous fabriquions !"

Et les firmes civiles ? Ne pourraient-elles pas fabriquer vos pièces ?

"Vous rigolez ? Nous devons même rectifier certaines de leurs pièces. Elles ne pourraient pas être installées sur le matériel si nous n’étions pas là. Ce qu’il y a aussi, c’est que les pièces ne valent parfois pas la peine pour une firme civile parce que nous travaillons souvent de petites quantités non rentables pour une grosse boîte. Et puis la raison pour laquelle la Défense passe par nous est que le CC R&A lui permet d’économiser pas mal d’argent. "Michaël part chercher une pièce dans ses stocks : "Cette pièce-ci coûte plusieurs dizaines de milliers d’euros dans le civil, nous la fabriquons pour moins de mille euros !"

Comment la Défense a-t-elle découvert votre talent ?

"C’est totalement par hasard. Après une mission en ex-Yougoslavie, j’ai eu de très graves complications médicales. Je suis venu à la Défense pour servir la patrie et je me suis donc battu pour pouvoir rester. J’ai été réorienté au CC R&A et suis arrivé en septembre 2013 à la place de fraiseur. Travailler ? Il ne faut pas me le demander deux fois. En plus, il n’y a personne qui fait ce travail, même dans le civil. Lire et traduire les plans, programmer la fraiseuse et transformer la matière, il n’y a qu’à la Défense qu’un seul homme fait tout cela."

Travailleur de l’ombre ?

"Oui, c’est vrai, nous ne sommes pas mis en avant lors des opérations ou des visites des médias. Mais mon équipe et moi travaillons ensemble pour la Défense et l’accomplissement de ses plus grands objectifs. Nous sommes une grande famille et tout le monde doit être en permanence sur le pont pour fabriquer les pièces nécessaires à la poursuite des opérations. Au CC R&A, on trouve toujours une solution car les ingénieurs, les dessinateurs et les techniciens sont tous localisés dans la même unité ! C’est par exemple aussi grâce à nous qu’une de nos opérations a pu démarrer en 2015 : pour pouvoir utiliser les munitions nécessaires, nous avons en urgence fabriqué des adaptateurs. Il n’y a pas de problèmes, il n’y a que des solutions !"

De quelle pièce êtes-vous le plus fier ?

"Euh… En fait, il n’y en a pas une en particulier. Certaines sont faciles à fabriquer et demandent moins d’énergie, d’autres très complexes sont de véritables challenges… Mais quel que soit le défi, ce qui fait notre fierté, c’est de savoir qu’elles serviront toutes à un collègue sur le terrain !"