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Le Raven, double zéro sept de l’espace aérien

Le Raven, double zéro sept de l’espace aérien

 

Patrouiller dans un environnement instable : une tâche que les militaires belges accomplissent quotidiennement dans la province afghane de Mazar-e-Sharif (MeS). Les véhicules blindés Dingo, un armement lourd ainsi qu’une solide dose de connaissances tactiques constituent autant de facteurs qui font toute la différence sur le terrain. Et grâce au Raven, un drone de haute technologie, l’espace aérien fait dorénavant partie de la zone d’observation des militaires sur place. 

L'une des tâches principales du détachement belge à Mazar-e-Sharif consiste à patrouiller à l'extérieur des murs du camp Marmal, une base militaire où la coalition internationale abrite ses troupes. Récemment, des forces de police afghanes tombaient sous le feu d’un ennemi difficilement identifiable. On ne pouvait lui attribuer un nom ou un visage. Les bombes en bordure de route suivies d'attaques à la roquette ou d'armes automatiques sont ici monnaie courante. Aussi, à l’occasion du briefing de patrouille, le chef de section signalait que deux jours auparavant, les forces de sécurité afghanes avaient été victimes d'un attentat. Chaque jour, nos militaires partaient afin de retrouver cet ennemi invisible ou, tout au moins, tentaient de collecter des renseignements à son sujet. 

Pendant le briefing, le chef de patrouille annonçait que deux postes d’observation (OP) étaient au programme. De là, nos troupes de reconnaissance scrutaient la région à la recherche de mouvements ennemis hautement suspects. Elles « cartographiaient » ainsi la situation dans les environs de la métropole afghane. Durant leurs patrouilles, elles pouvaient compter sur leurs appareils de vision nocturne thermique, sur des capteurs infrarouges et, en finalité, sur leurs propres organes visuels ! Ces divers moyens permettent d’étendre le champ de vision mais le Raven change la donne en générant de nouvelles règles et de nouvelles possibilités. 

Pour la première fois, nous constations l’action du drone lorsque le véhicule d'assistance médicale s’engouffrait dans un profond fossé. Des circonstances imprévues font, bien évidemment, partie intégrante de ce type de mission. Tout comme sur un poste d’observation planifié, le chef de section divise le terrain en secteurs, ces zones dans lesquelles chaque véhicule doit surveiller les parages. Puis le drone Raven fut lancé. 

Outre les hurlements de chiens sauvages, je n'entendais presque plus rien. Le Raven fendait silencieusement le ciel étoilé afghan. Son moteur silencieux mis à part, le drone dispose d'une vision thermique et d'une caméra infrarouge. Tous les détails de notre environnement étaient ainsi relevés par les équipements d'observation des véhicules blindés ainsi que par le drone Raven opérant comme un observateur invisible. Même si l’on n’y voyait goutte, les militaires, eux, percevaient tout. 

Lorsque le véhicule de l'équipe médicale fut sur ses quatre roues, le convoi se remit à nouveau en mouvement. Arrivé au poste d’observation suivant, la couleur rougeoyante du soleil survenant juste avant l’aube se pointait déjà à l’horizon. L’accident nous avait fait perdre beaucoup de temps, bien que nos montres indiquaient à peine quatre heures et quart du matin. La visibilité évoluant de minute en minute, la température franchit entretemps le cap agréable des 25 degrés, connu pour être le moment le plus frais de ces chaudes journées d'été. 

À nouveau, le chef divisait le terrain en divers secteurs puis dirigeait, quelques minutes après l’arrivée sur poste, le Raven vers l’horizon… Prêt à veiller sur la sécurité de nos troupes et des forces de l’ordre afghanes alliées, il l’était également pour collecter des informations mais aussi pour devenir un incontournable élément de notre Défense...