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Le marteau de Thor

Le marteau de Thor

 

La frégate belge F931 Louise-Marie tirait un missile antinavire Harpoon le mercredi 30 mai dernier. Ce tir avait lieu dans le cadre de l'exercice international de missiles Mjoelner organisé dans l'extrême nord de la Norvège. Le navire était paré de ses armes les plus lourdes pendant une semaine.

Mjoelner (ou Mjölnir) est le nom du marteau de Thor dans la mythologie nordique. Un nom plus qu'approprié pour un exercice se déroulant du 28 au 31 mai et au cours duquel six navires militaires déployaient un arsenal complet contre toutes sortes de menaces simulées. Les entraînements avaient lieu principalement la nuit car le trafic en mer est moins intense. Dans le nord de la Norvège, la visibilité ne constituait pas vraiment un problème car il y fait jour 24 heures sur 24 pendant la période estivale.

Le Harpoon est un élément important de l'arsenal des frégates belges. Ce missile dont le radar cherche la cible est leur arme principale contre les navires de surface. En raison de son coût élevé et de son stock limité, la Belgique ne l'avait jamais utilisé jusqu'à présent.

« Le lancement fut un succès », déclarait le lieutenant de vaisseau Nicolas Van Damme, chef des opérations du Louise-Marie. « La cible était un réflecteur radar fixé sur un radeau se trouvant à quelque 17 miles nautiques (environ 31,5 km) du navire. Le missile a heurté le réflecteur à une vitesse légèrement inférieure à mach 1 (330 mètres par seconde, ndlr) en un peu moins de deux minutes. »

« Pour ce type de lancement, nous disposons généralement d'un scénario très précis », expliquait le capitaine de frégate Kristof Van Belleghem. Il est le commandant du Louise-Marie depuis janvier dernier. « Un drone arrive sur le navire, l'environnement est entièrement sécurisé et nous nous concentrons pour l'abattre. »

L'exercice Mjoelner était cependant différent. « Nous travaillons dans un contexte guerrier qui se veut hautement réaliste. Plusieurs bateaux naviguent et nous ignorons qui doit tirer et quand. Nous réagissons en fonction des événements et selon nos propres procédures et capacités, comme nous le ferions dans de réelles conditions. Le plus important étant d'éviter ce que nous appelons un incident blue-on-blue, à savoir : ne pas entrer dans nos secteurs de tir respectifs ou ne pas nous tirer dessus accidentellement. »