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Le coronavirus ne cloue pas au sol l’ambulance aérienne

Le coronavirus ne cloue pas au sol l’ambulance aérienne

 

Le coronavirus contrôle actuellement le monde. Notre pays est en lockdown depuis trois semaines et la liberté de mouvement des habitants a été fort restreinte. Les rues et les places sont vides. Il fait apparemment plus calme en mer, mais pour les équipes en standby de la 40e escadrille Search-and-Rescue (SAR) de la base aérienne de Coxyde, cela ne change rien. Avec leur devise « Aude Audenda », ils restent disponibles 24 heures sur 24 pour secourir des personnes sur terre, en mer et même dans les airs, au moyen de leur hélicoptère NH90.

Deux hélicoptères NH90 manœuvrent au-dessus de la base aérienne. L'un des avions est un NH90 TTH (Tactical Transport Helicopter) vert de la base de Beauvechain. « Pendant cette période de crise, les vols d'entraînement se limitent au maintien des qualifications nécessaires de nos équipages », indique Eline, pilote NH90 NFH et responsable des opérations, en pointant du doigt l'un des hélicoptères.

« Actuellement, notre « CO » Bernie, le patron de l'escadrille, effectue un vol d'instruction avec l'hélicoptère standby du SAR pour que Jimmy, l'un de nos nouveaux pilotes NH90, soit opérationnel le plus rapidement possible. L'autre avion, le NH90 TTH, effectue des exercices d’hélitreuillage pour certifier un nouvel opérateur de cabine, l'ingénieur de vol, pour l'utilisation du treuil de levage », poursuit Eline.

Les règles de quarantaine s'appliquent également ici

Dans l'escadrille, nous remarquons une grande différence avec la période pré-coronavirus. L'activité habituelle a laissé place au vide et au silence. Seule une poignée de membres du personnel sont présents, dont l'équipage de service.

« Selon les directives liées au Covid-19 de notre Chef de la Défense, nous travaillons avec de petites équipes indépendantes pour assurer une protection maximale à nos équipages et à notre personnel », explique Eline. « Cela signifie que pendant cette période de crise, nous travaillons toujours avec les mêmes collègues lors de nos services de garde et ce, afin de limiter les risques d'infection. Nous ne rencontrons pas les autres équipages.

Au début du shift, il y a un court échange d'informations, mais cela se fait par les différentes spécialités dans leurs bureaux respectifs et en tenant compte de la distance de sécurité. Un équipage SAR est composé de 5 personnes : 2 pilotes, un opérateur de cabine, un plongeur et un infirmier ».

Le coronavirus ne les arrête pas

« C’est un peu un casse-tête pour prendre en compte tous les éléments dans la planification du personnel, mais aujourd'hui, nous parvenons déjà à réunir 4 équipes complètes pour combler cette période spéciale », explique Eline.

« Nous avons développé un protocole pour nous protéger lorsque nous récupérons des patients blessés qui peuvent être infectés par le virus », explique Luc, l’infirmier de bord. « Les pilotes et les opérateurs de cabine volent avec des masques buccaux. Dans l'hélicoptère, le plongeur et moi-même portons également, en plus du masque, une combinaison de protection médicale lorsque nous allons chercher le patient.

Une fois qu'une victime entre dans l'hélicoptère, le rideau entre le cockpit et la zone de chargement est fermé. Le plongeur et moi restons alors avec la victime, aussi loin que possible dans le cargo à une distance de sécurité de l'opérateur de cabine », poursuit Luc alors qu'il se prépare pour le vol du soir.

On y va!

« En cette période, la sécurité de nos équipages est notre principale préoccupation. Lorsque notre personnel est en bonne santé, nous avons tout en notre pouvoir pour réaliser nos missions de jour comme de nuit. Et c'est ce que nous visons », explique Eline alors qu'elle inspecte l'hélicoptère pour le vol de nuit.

« Le week-end dernier, nous avons ramené quelqu'un souffrant de problèmes cardiaques du parc éolien au large de notre côte. Grâce à notre disponibilité, le patient est arrivé à l'hôpital à temps ».

« Nous osons ce qu’il faut oser. Aude Audenda », concluent-ils tous avant de démarrer les moteurs puissants du NH90 pour une balade dans le noir.

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