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Le Castor : couche après couche

Le Castor : couche après couche

 

Après le premier lancement technique du P901 Castor à Boulogne-sur-Mer, le navire patrouilleur a été tiré sur une plate-forme extérieure. Sur place, une équipe de dix-sept hommes, peintres et menuisiers s'affairent.

Le « nez » rouge se distingue des immenses filets verts qui séparent le navire de son environnement. Le sol est couvert d'un sable grossier. « Comme vous pouvez le constater, le navire a été entièrement sablé », déclare le 1er maître-chef Frankie Kellerman. Il est l'un des contrôleurs qualité sur place. « Avant de peindre le navire avec ses couleurs définitives, le personnel a dû d'abord effectuer le premier sablage. Ensuite, les peintres ont repris le travail. »

Les grues montent graduellement pendant que les peintres appliquent la première couche antirouille avec leur pistolet. Sur le pont, les coins sont traités manuellement avec des pinceaux et des rouleaux. « C'est une corvée. Sur chaque partie, nous mesurons l'épaisseur de la couche appliquée », explique le peintre Gilles Menard.

Toutes les heures, un contrôleur mesure attentivement l'humidité de l'air et l'épaisseur de chaque couche de peinture. Gilles pointe le ciel en expliquant : « Il est important que nous peignons en respectant les normes en matière d'humidité de l'air. Si celle-ci est trop élevée, les couches n'adhèrent pas convenablement et le travail est à recommencer. Même chose, si la couche est trop fine. » Rien que la peinture rouge au minium nécessite 400 litres.

Le Castor reçoit ainsi quatre couches au-dessus de la ligne de flottaison et cinq dans sa partie inférieure. Ensuite, viennent les premières couches noires. « Ici, sortent les tuyaux d'échappement », poursuit Frankie Kellerman. « Le bateau n'est pas doté de cheminées. Les flancs arrières sont donc noirs, sinon nous serions contraints de repeindre trop souvent.

Alors que la peinture avance à la manière de Piet Mondriaan, les menuisiers font de même à l'intérieur. Des kilomètres de câbles sont tirés dans les planchers. Une idée des espaces futurs se profile entretemps. Une petite chambre pour deux partageant une salle de bains pour quatre. Le navire comportant quelque 30 membres d'équipage devra pouvoir rester environ une semaine en mer.

Achever l'infrastructure se déroule différemment de celle d'une maison. Beaucoup d'éléments figurent sur le plan, mais nos marins ont, expérience oblige, parfois un tout autre regard sur l'installation des différents composants. Le maître principal-chef Ronny Steyaert suit l'intégration des systèmes à bord. « Nous avons une certaine influence » explique Ronny. « Nous préférons voir certaines installations à un autre emplacement. Nous pouvons y arriver après quelques concertations et suivant les dimensions existantes, naturellement.

Le Castor a été mis à l'eau le 30 avril. Dans sa couleur définitive, cette fois. Les systèmes embarqués seront amorcés pas à pas dès le 6 mai. Il reste du pain sur la planche.