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La frégate Léopold 1 intégrée dans une force navale

La frégate Léopold 1 intégrée dans une force navale

 

La frégate F930 Léopold 1 entamait une opération en août dernier. Le navire et son équipage composé d’hommes et de femmes se retrouvent engagés pour une raison bien précise : intégrer le Standing NATO Maritime Group 1 (SNMG 1), une force navale permanente de l’OTAN.

C’est l’enseigne de vaisseau Lucie qui a été choisie pour placer la mission SNMG 1 dans son contexte. Ses fonctions cumulées d’officier navigateur (OTAN), d’officier d’artillerie (ARTO) et de commandant du département opérationnel ad interim en font la personne idéale car c’est sur ses épaules que repose une bonne partie de la « conduite de la bataille ».

La mission de l’officier de navigation est de superviser les officiers de quart et de s’assurer de la qualité du travail fourni par le personnel en passerelle dont il s’assure de la formation et de l’entraînement. En tant qu’officier ARTO, Lucie est responsable du combat antiaérien à bord du navire. En tant que commandant du département opération ad interim, l’enseigne de vaisseau s’assure du bon déroulement des exercices et conseille le commandant du navire dans les décisions tactiques en situation de combat.

Le SNMG 1 est une force navale internationale de l’OTAN. Chacun des navires constituant ce groupe dispose, durant son mandat, d’un préavis de cinq jours pour appareiller sur activation de l’OTAN et être pleinement opérationnel et interopérable avec les autres navires de la flotte. « Le SNMG 1 a pour vocation d’être capable d’intervenir sur tous les océans. Tous les navires du groupe sont au plus haut niveau de préparation possible et emportent leur armement », précise Lucie.

C’est l’amirauté du Benelux (ABNL) qui chapeaute la participation des navires belges et néerlandais au sein de l’ensemble. Chaque année une frégate ABNL est intégrée au groupe pour six mois. « En réponse à la demande insistante des USA priant l’Europe de s’impliquer davantage dans l’OTAN, l’ABNL a déployé une LCF (Luchtverdediging Commando Fregat) néerlandaise durant le premier semestre. Pour le second semestre, les frégates F930 Léopold 1 et F802 Van Speijk (NL) sont de la partie.

Constitué à Brest, le groupe a franchi l’Atlantique en multipliant les exercices de préparation au sein des équipages et entre les navires afin de souder l’ensemble, de tester ses capacités et les limites des plateformes. « De ce point de vue, force est de constater que la frégate norvégienne (F314 Thor Heyerdahl) et le destroyer USS Gridley nous devancent en termes de capacités. Nous sommes, par contre, parfaitement dans notre élément lorsqu’il s’agit de travailler en interopérabilité. À titre de comparaison, l’USS Gridley est un navire de la flotte du Pacifique pour lequel les procédures OTAN étaient étrangères avant de débuter les exercices. »

La flotte SNMG 1 a notamment pour vocation de démontrer sa capacité et sa force. Les exercices programmés explorent, par conséquent, l’ensemble du spectre de la guerre navale. « Durant la traversée de l’océan Atlantique, les entraînements étaient synthétiques. En d’autres termes : sans adversaires réels », explique Lucie. « Depuis notre escale à Norfolk, l’US Navy a injecté de véritables counterparts. » Ces adversaires déployés par le département de la Défense américaine permettent de s’aguerrir à la chasse aux sous-marins, à la lutte antiaérienne et au combat de surface.

Dans le cadre de la lutte anti-sous-marine l’USS North Dakota, sous-marin nucléaire de classe Virginia, a tenté parfois avec succès de briser l’escorte formée par le groupe. En matière de combat antiaérien, des Learjetmais aussi des F18 et ce, jusqu’à quatre par jour, survolent la flotte. Pour l’entraînement au combat de surface, les navires de la flotte affrontent deux croiseurs : l’USS Philippine Sea et l’USS Monterey. Tantôt les navires se chassent et se neutralisent à coup de missiles, tantôt ils procèdent à des abordages (boarding)… L’un des croiseurs jouant le rôle d’un navire civil suspect à intercepter.

Un ravitailleur est également déployé par l’US Navy. L’USS Patuxent permettant de procéder à des ravitaillements de carburant en mer dans un environnement tactique. « L’un des points positifs de ces entraînements sont les ressources que les USA n’hésitent pas à injecter pour entraîner la flotte SNMG 1. Je n’ai jamais rien vu de tel en Europe. Tous ces moyens déployés permettent de mettre en œuvre un entraînement extrêmement réaliste. Notre niveau est en constante évolution », ajoute Lucie.

À bord, deux types d’entraînement ont cours : l’externe qui implique les moyens cités ci-dessus et l’interne. « L’entraînement interne vise à entraîner l’ensemble de l’équipage à réagir aux incendies, avaries (voies d’eau) et à d’autres calamités », explique-t-elle. Réagir rapidement à ces accidents, les contenir, les stabiliser puis les résorber est une question de survie pour le navire et son équipage. En matière d’entraînement à la lutte interne, le commandement a établi un roulement. « Tous les trois jours, un événement impliquant l’ensemble de l’équipage est organisé. Un jour de maintenance puis un jour d’administration militaire suivent car même cette dernière ne peut être interrompue en mission. »

Le SNMG 1 se prépare à rejoindre d’autres flottes de l’OTAN. Après une escale à New York, la flottille se dirigera vers Halifax puis vers St John, deux ports canadiens entre lesquels l’exercice naval OTAN Cutlass Fury aura lieu. Avant que l’opération ne s’achève fin 2019, Dynamic Mariner, un second exercice de grande envergure, sera organisé au large de l’Espagne.