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Jean-Paul, une carrière dans la Marine

Jean-Paul, une carrière dans la Marine

 

À 56 ans, le quartier-maître-chef Jean-Paul amorce la dernière ligne droite d’une carrière dans la Marine qui s’achèvera fin 2019. Ce « vieux » loup de mer, qui nous narre son parcours, dévoile par la même occasion un pan de l’histoire de cette composante.

« Mon père était militaire et c’est peut-être pour cela que je me suis engagé à 19 ans », amorce Jean-Paul. « Après un court passage à l’École des Sous-Officiers de Dinant, j’ai d’abord été électricien de bord durant 20 ans et suis monté de quart quasiment tout autant. »

Une carrière aussi longue dans la Marine permet d’avoir de l’expérience sur les différents navires que la flotte belge a utilisés. « J’ai navigué sur le dragueur de mines in-shore (MSI, Mine sweeper in-shore) M476 Merksem pour déminer le long des côtes. Ce navire en bois mesurait 25 mètres de long et nous étions 15 à bord. J’ai aussi embarqué sur les dragueurs de mines océaniques (Mine Sweeper Oceanic) et effectué ma première mission dans le golfe Persique à bord du François Bovesse entre 1987 et 1988. Nous étions 72 marins sur un navire de 60 mètres sans aucun confort. Il n’y avait que deux douches pour l’équipage. »

Après une période sur les navires en bois, Jean-Paul passera successivement sur deux navires de commandement et de soutien logistique. « C’est avec le Zinnia que j’ai effectué ma seconde mission durant la guerre du Golfe en 1990 et 1991. Sur place, les démineurs belges faisaient exploser 256 mines dans leur zone de responsabilité. C’est notre pays qui avait déminé le plus », explique Jean-Paul. « Je conserve aussi le souvenir de l’incendie des puits de pétrole par Saddam Hussein. À minuit, il faisait clair comme en plein jour ! »

« J’ai ensuite servi sur l’A960 Godetia jusqu’en 2005. L’année suivante, j’embarquais à bord de la frégate F930 Léopold 1 en tant que membre du personnel Horeca. Actuellement, je fais partie des équipes d’hommes de jour. Ma journée débute à 4 h 30 pour s’achever généralement vers 19 h 30 et en cas de calamité, je suis le chef d’équipe du transport des blessés avant une évacuation rapide. »

Une carrière au sein de la Marine permet de parcourir le monde plus d’une fois. « Parmi mes plus beaux souvenirs : l’arrivée en Afrique du Sud et ses paysages stupéfiants, la traversée du canal de Corinthe, celui de Suez, la remontée du fleuve Congo, les îles de Mayotte et de Madagascar. J’ai visité 65 pays différents et si je devais recommencer ma carrière dans la Marine, je n’hésiterais pas une seule seconde. »

Après tant d’années à naviguer, Jean-Paul à une bonne idée de l’évolution de la « vie » du marin militaire. « Elle concerne les facilités de communication », explique le quartier-maître-chef. « En 1987, nous avions droit à deux minutes de téléphone mensuelles avec quelqu’un qui chronométrait... La qualité du confort à bord est également incomparable avec la promiscuité de mes débuts », ajoute-t-il. « Et que dire de la qualité de l’alimentation du marin ! Pendant une bonne partie de ma carrière, le déjeuner se limitait au BBKKMS (sigle bien connu des marins) : Brood, Boter, Konfituur, Koffie, Melk en Suiker. À présent, plusieurs choix de déjeuner s’offrent à nous quotidiennement. »

La retraite est souvent l’occasion de tourner la page. « Mes projets sont simples », explique Jean-Paul. « Passer du temps avec mon petit-fils et le voir grandir (ce qu’il n’a pas pu faire avec ses enfants) et être aux côtés de mon épouse qui est restée patiente pendant toute ma carrière. »