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Fleuron national au service d'une renommée internationale

Fleuron national au service d'une renommée internationale

 

Là où la qualité est un enjeu vital, le Centre de Compétence Matériel et Production (CCMP) assure un travail magistral. Les spécialistes de la sous-section "Tissu et Cuir" ont en effet développé et produit les nouveaux matelas de balnéothérapie, utilisés par les infirmiers du service des grands brûlés de l'Hôpital Militaire de Neder-Over-Heembeek.

Usage intensif

"Ce matelas permet au patient de ne pas souffrir d'escarres, dû aux points de pression lors du nettoyage quotidien de ses plaies et remplacement des pansements. Cette phase pouvant durer 2-3 heures," explique Patrick Persoons, infirmier en chef des soins intensifs.

Lors de ce soin, effectué au-dessus d'un bain, l'eau, le sang et les autres matières organiques (le patient étant parfois plongédans un coma artificiel) doivent être évacuées rapidement. L'eau ne peut y stagner.

Désinfecté après chaque patient, c'est lors du séchage que les plis du matelas peuvent s'abimer. Il suffit d'un pli endommagé ou d'une entaille, aussi minime soit-elle, pour qu'un microbe ou un germe s'y loge et ne l'infecte pouvant entraîner l'infection du patient.

"Nous disposons de 12 bains de ce type et jusqu'à présent nous devions jeter 1 à 2 matelas par mois" précise l'adjudant Dries Baekelandt, infirmier responsable logistique, alors qu'il décrit le matériel présent dans cette chambre de 60m² dans laquelle séjournent de quelques semaines à plusieurs mois, les quelques 400 personnes annuellement admises.

Les frais engendrés, s'élevant progressivement aux alentours des 800 euros/pièce, une solution devait être trouvée.

Au contact de l'humain

Deux années et trois rencontres entre services ont abouti à la livraison de 20 exemplaires de ce nouveau matelas. Plus habituée à réaliser des bâches pour véhicule ou des housses pour équipements, la cellule Prototyping & Engineering de l'adjudant Danny Deblauwe a réalisé 3 prototypes (dessin technique de l'adjudant Steven Deplancke, confection faite par les premiers caporaux-chefs Sylvianne Van de Wiele et Catharine Bossouw). Le dernier prototype est toujours utilisé 4 mois après sa livraison.

"Particulièrement à l'écoute de nos besoins, le personnel du CCMP s'est montré très motivé à œuvrer au bénéfice direct et journalier des patients. Le centre [des grands brûlés] accueille civils et militaires, petit ou vieux et de toutes nationalités" relate l'adjudant Baekelandt, insistant sur le fait que "la majorité des admissions résultent d'un accident domestique. »

Verdict

Outre un prix nettement inférieur, le travail réalisé pourrait se résumer par ces mots: "Les matelas sont de qualité supérieure et ont été fabriqués par une équipe exceptionnelle avec une attitude fantastique!" Propos tenus par cet infirmier gestionnaire.

L'épaisseur de mousse médicale spécifique, de 3 cm, permet une bonne protection au patient ainsi qu'une solidité accrue. Le matelas possède des plis supplémentaires, de multiples trous d'évacuation, des gouttières ainsi qu'un égout.

"Il est également plus large, ce qui permet d'utiliser moins de serviettes, stérilisées entre chaque soin, qui protégeaient les membres du patient de plaies supplémentaires occasionnées par la structure métallique" complète Patrick Persoons.

Un supplément pour le Centre

Clôturant la visite de son service par des éloges envers le personnel impliqué du CCMP, il en profite pour signaler le besoin urgent de minimum deux brancardiers (personnel d'aide logistique), fonction pouvant être remplie par n'importe quel militaire quelle que soit sa filière de métiers. "Ils jouent un rôle très important pour le Centre, et la fonction se révèle également attractive pour ses horaires. Les intéressés peuvent prendre contact avec le commandant Van der Auwera An."

Au vu de la satisfaction du produit fourni, il est probable que d'autres exemplaires supplémentaires soient commandés à Ypres par le service des grands brûlés. Service dont il faut saluer, l'abnégation et le professionnalisme de ses infirmiers dont ils ont notamment fait preuve lors de la journée tragique du 22 mars 2016.