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Faire le plein en mer : un spectacle maritime

Faire le plein en mer : un spectacle maritime

 

Avec la voiture, faire le plein semble être un jeu d’enfant. Il suffit de connaitre la station-service la plus proche voire d’en choisir une le long de l’autoroute où elles sont légion. Cependant, faire le plein d’une frégate en haute mer est un énorme défi. Imaginez : cela se produit en navigation alors qu’il y a à peine quelques dizaines de mètres entre les deux navires. Sur la frégate Léopold I, le premier maître-chef Goderis relève le défi d'un tel ravitaillement en mer

Du 7 au 19 octobre, la frégate F930 Leopold I a participé à l'exercice Dynamic Mariner de l'OTAN, dans le cadre de l'escadron Standing NATO Maritime Group 1.

« Les navires doivent pouvoir effectuer des opérations maritimes pendant une longue période », déclare Goderis. « Nous avons toujours besoin de carburant, mais lors d'un exercice comme celui-ci, nous ne pouvons pas perdre notre mission de vue. Nous devons perdre le moins de temps possible lors du ravitaillement. »

Impressionnant : le seul mot qui vient à l’esprit pour décrire ce processus. Alors que le navire de ravitaillement espagnol le Patiño alimente déjà un autre navire en carburant, le Léopold I se porte à sa hauteur et prend la même vitesse que le ravitailleur. « Lorsque nous sommes à environ quarante mètres l'un de l'autre, l’un de nous tire une ligne sur l'autre navire, avec une mitrailleuse FAL de calibre 7,62 mm. »

Ensuite, nous apercevons un jeu de câbles entre les navires jusqu'à ce qu'ils finissent par tirer un énorme tuyau vers le Léopold I via un fil d'acier. « La tête du tuyau de carburant doit entrer exactement dans le récepteur, la sonde » poursuit-il, « dans le bon angle et à la bonne vitesse. On doit entendre un clic sans lequel nous n’allons pas plus loin. »

Bien sûr, un tel tour de force logistique implique un certain nombre de défis. « Pensez simplement à un changement de cap ou à un obstacle », spécifie le premier maître-chef. « Un bateau de pêche, une bouée ou un bateau qui ne veut pas changer de cap : il faut tout prendre en compte. Mais nous devons rester à la même distance tout le temps. »

Si l'approvisionnement est vraiment compromis, des procédures d'urgence sont en place pour l’interrompre. « Ici aussi, c'est le navire ravitailleur qui commande. Il donne le signal de déconnexion, mais cela doit être fait de manière structurée. »

Quand le ravitaillement est terminé et que le Patiño espagnol récupère tout son équipement, la célèbre « Gasolina » de Daddy Yankee retentit soudain entre les deux navires. « Une tradition de la marine belge », s’amuse Goderis. « On joue toujours une break off song, comme on l’appelle, quand on se dit au revoir après le ravitaillement. »

Avec une vue sur les Espagnols dansants sur le pont du Patiño, le Léopold I dit au revoir à son navire ravitailleur, prêt à poursuivre sa mission.