-A A +A

Autres informations et services officiels: www.belgium.be

Eyes from the sky: Poppy 1

Eyes from the sky: Poppy 1


Le FAC (Forward Air Controller ou contrôleur aérien avancé) est un militaire spécialement formé à diriger à partir d’une position avancée, l’action d’avions ou d’hélicoptères de combat en appui de forces amies menacées par un ennemi proche.

Le premier déploiement opérationnel des FAC belges a eu lieu au début des années 90 dans les Balkans. Un officier anglais travaillant alors au CAOC (Combined Air and Space Operations Center) les a baptisé Poppy, un indicatif (nom de code à la radio) toujours porté aujourd’hui par chaque Belge ayant réussi la formation FAC.

Une équipe FAC est généralement constituée de cinq membres : un FAC, deux assistants (un sous-officier et un volontaire), un chauffeur et un tireur. Chacun a une tâche spécifique. Le travail d'équipe est essentiel pour résoudre tout problème.

Les candidats FAC belges, sous-officiers et officiers, sont formés à l’Ecole pour la coopération Terre/Air d’Arnhem (Pays-Bas) avec leurs collègues hollandais. Ce centre forme aussi, occasionnellement, des militaires d'autres pays de l'OTAN. Le basic course dure sept semaines, trois de théorie et quatre de pratique. La langue officielle est l'anglais. Toutes les procédures FAC sont standardisées au niveau de l'OTAN. Ainsi, ils peuvent communiquer et travailler avec tous les pilotes de l'OTAN, une nécessité pour des opérations militaires dans un cadre international. Après la réussite du cours de base, le candidat doit s'entraîner sous la supervision d'un instructeur lors d’exercices nationaux et internationaux mettant en œuvre toutes les ressources aériennes déployables en cas réel. Suit alors l’advanced course, période d’approfondissement de deux semaines, aux scénarios complexes, confrontant les candidats aux stress et à la pression du temps. A l’issue de ce cours, seuls les meilleurs sont retenus.

Chaque année dans notre pays, deux exercices Poppy sont organisés dans la région de Marche-en-Famenne. Y participent les FAC brevetés, assistés de leur équipe ainsi que les aspirants FAC. Une excellente occasion de pratiquer les très nombreux aspects de leur fonction. Exemples:

  • communication et procédure radio (sol-sol et sol-air), à pied ou à partir d'un véhicule.
  • calcul des coordonnées militaires précises d'une cible avec le GPS et le télémètre laser.
  • utilisation du système ROVER (Remotely Operated Video Enhanced Receiver). Ce système envoie, en temps réel, sur l’écran de l’ordinateur portable du FAC des images provenant de la caméra haute technologie d'un drone, d’un hélicoptère ou d’un avion de combat.
  • travail à partir d'un poste de commandement, d’un poste d’observation ou intégré au sein des forces au contact.
  • soutien d’un convoi militaire par des drones, des hélicoptères ou des avions de combat.
  • conseil au commandement des forces au sol pour exploiter au mieux l’appui aérien.
  • deconfliction : coordination dans des situations complexes de combat, dans un espace aérien restreint, des actions de différents intervenants tels que des drones, des avions, des hélicoptères de combats et d’appui, de l’artillerie ou des mortiers, et ce pour éviter des interférences entre leurs missions.
  • analyse correcte d'un TIC (Troops in Contact) et guidage du pilote vers sa cible.
  • situational awareness : établissement et suivi de la situation amie au sol durant toute la durée d’un incident afin d’éviter des actions fratricides.

Les instructeurs préparent toujours des scénarios captivants et réalistes. La coopération avec les unités de la Composante Terre leur donne l’opportunité de s’entraîner à mener des opérations terrestres avec un appui aérien. Cette fois ci, c’est le 1/3 Bataillon de Lanciers qui en profite. Cinq pelotons se préparent à attaquer et à conquérir une base rebelle, afin d’y restaurer la sécurité pour la population locale.

Le Capitaine Jeroen Vlaminck, Forward Air Controller du Bataillon d'Artillerie de Brasschaat, soutient l’opération avec son équipe. Depuis son poste d’observation, ils ont vue sur la zone de la première action. « Un avion est chargé de reconnaitre la route bientôt utilisée par les troupes au sol », explique Jeroen. « Pendant qu’il effectue cette mission, nous devrons le rediriger vers le peloton recce tombé au contact de l’ennemi, afin de détruire cette menace et de permettre aux troupes au sol de continuer leur progression. Comme FAC, je donne au pilote toutes les informations nécessaires à l’exécution de sa mission sans mettre en danger nos propres forces ».

Poppy 1 se déroule jusqu'au 16 mai. Une belle occasion pour les unités de la Composante Terre, les équipes FAC et les pilotes d’uniformiser leurs méthodes de travail et ainsi d’augmenter leurs compétences et leur efficacité.