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Des centaines de projectiles déterrés à Moorslede

Des centaines de projectiles déterrés à Moorslede

Le Service d’Enlèvement et de Destruction d’Engins Explosifs (SEDEE) a dégagé des engins explosifs chimiques de la Première Guerre mondiale. L’opération a commencé le 25 février 2014 et touche aujourd’hui à sa fin. Le résultat parle de lui-même : il s'agit de la plus importante découverte jamais faite en Belgique. 

Les bombes allemandes, restées enfouies sous terre pendant 100 ans, constituent-elles un réel danger ? « Oui », répond l’adjudant Rudy Lelong. « Chaque bombe retrouvée est une menace. Les détonateurs sont souvent faits de zamak, un type d’alliage qui s’effrite après un siècle. Cela engendre des conséquences sur la stabilité de la bombe. » 

Le SEDEE a également identifié 33 projectiles déficients. Si la matière s’en échappant entre en contact avec la peau, elle constitue un danger de mort. Une petite quantité peut causer de gros dommages. Un peu comme des brûlures graves. Quatre de ces explosifs étaient tellement dangereux qu’ils ont dû être traités sur le terrain. Les démineurs ne circulent donc pas sans protection. Ils portent tous des vêtements les protégeant contre les agents chimiques. Avec de grosses chaussures en caoutchouc, ils ressortent bombe par bombe. Pour le chef de chantier, le 1er maitre-chef Philippe Mares, la sécurité est prioritaire : « On ne sait jamais ce que contient un explosif », raconte-t-il. « Dans la plupart des bombes il y a le dangereux gaz ‘phosgène’. Comme ce gaz s’évapore à partir de 7 degrés Celsius, il est important de connaître la direction du vent. 

Cet endroit n’est pas un chantier de déminage habituel. Cela se définit par la profondeur à laquelle les bombes ont été retrouvées. « Normalement, on retrouve les bombes juste sous le sol », poursuit Philippe Mares. « Ici, nous avons dû creuser jusqu’à 3 mètres. » Pourquoi tant de bombes retrouvées ici ? Cela reste un mystère. Il est possible qu’une unité d’artillerie allemande ait profité du paysage vallonné pour s’installer. 

Jusqu’à présent, les démineurs du SEDEE ont déjà déterré un tas de munitions. Bref aperçu :

Calibre 7,7 cm: 582

Calibre 10,5 cm: 21

Calibre 15 cm: 1

18 pounder: 1

60 pounder: 3

6 pouces: 2

Calibre 10,5 cm: 54

Mitraille (kg): 39

Douilles: 45

Mécanismes d’allumage: 23

Poudre (kg): 30

Matière explosive (kg): 3

Grenades: 11

Total : 815

Entre la ligne de démarcation de la Première Guerre mondiale de Dixmude jusqu’à la péninsule turque de Gallipoli, plus d’un demi-milliard de projectiles ont été tirés. Environ 30% n’ont jamais explosé. Nous ne savons pas encore précisément quand le SEDEE pourra achever le chantier. La recherche d’explosifs se poursuit. Quotidiennement, nous constatons l'ampleur de cet héritage historique malheureux, laissé dans la région d’Ypres. Aujourd’hui 19 mars, un obus a  encore explosé lors d’un travail d’excavation dans une zone industrielle. Ici aussi, le SEDEE fera une inspection afin de s’assurer qu’il ne reste aucun autre projectile.