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| Edition 3 du 14/3/2006 |
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Nouvelles techniques de tir de combat
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Réagir avec lucidité
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En 2002, le général Van Daele, chef de la Défense, donne son feu vert aux nouvelles techniques de tir de combat (NTTC). En adoptant ce concept de formation et d'entraînement venu des Etats-Unis, la Défense veut préparer ses militaires de façon optimale dans l'exécution de leurs missions lors d'opérations de soutien de la paix.
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| La Défense et, in fi ne, le cadre de travail des militaires, ont beaucoup évolué depuis le début des années nonante. Suite à la chute du Rideau de fer et la fi n de la guerre froide, il n'est plus nécessaire d'entretenir une armée aux effectifs nombreux recrutés par le biais du service militaire obligatoire. Le type même des missions militaires a fortement changé, lui aussi. La Défense s'est spécialisée dans les missions de soutien de la paix dans les Balkans, en Afrique et même, en Afghanistan.
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Héritage
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Lors de la guerre du Vietnam, Chuck Taylor, capitaine dans l'armée américaine, a remarqué que beaucoup de ses compatriotes avaient été blessés par des accidents causés par leurs propres armes. Mauvaises manipulations, non-respect des mesures de sécurité, identifi cation incorrecte de forces amies ont augmenté le nombre de victimes dans les rangs US. Taylor en a conclu que les militaires avaient appris de mauvais réflexes. Il crée alors l'american small arms academy (ASAA) dans le but d'enseigner un concept de maniement réaliste et raisonné de l'arme individuelle. La technique de base était identique pour toutes les armes. En Europe, l'armée helvétique est la première à exploiter ces nouvelles techniques. En Belgique aussi, plusieurs blessés étaient à déplorer à cause de manipulations erronées et de mauvais réflexes, surtout en opérations. Il faut dire que les militaires s'entraînaient toujours dans le respect des principes basés sur un conflit de type "guerre froide". Le tir était exécuté essentiellement en position couchée, à longue distance (jusque trois cents mètres), jamais à moins de trente mètres. Le tir instinctif était réservé aux unités spéciales - et à quelques privilégiés. Les nouvelles missions de soutien de la paix exigent cependant une toute autre stratégie, les militaires - belges notamment - se déplaçant parmi la population civile lors de patrouilles sociales ou de points de contrôle. Le militaire doit donc pouvoir identifier rapidement une menace et réagir de façon précise et adéquate. Pas question de faire des victimes innocentes...
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Un tir raisonné
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L'adjudant Georg Janssen est instructeur à la cellule NTTC à Evere. "Le concept des nouvelles techniques de tir de combat repose sur deux piliers : l'apprentissage de la vie avec l'arme, en Belgique ou en opérations, et la survie au combat. Nous adoptons un système consistant à appliquer systématiquement des règles de sécurité et des techniques de tir identiques. C'est la seule façon de se forger les bons réflexes si un incident devait se produire lors d'une mission armée. Il faut considérer les NTTC comme une politique de sécurité active qui favorise la confi ance mutuelle. Nous partons toujours du principe que l'arme est chargée, à moins de l'avoir contrôlée physiquement pour s'assurer qu'elle est bien vide. C'est la première règle de sécurité. Si l'arme n'est pas utilisée, il faut le montrer en en retirant le chargeur et en ouvrant la chambre. Durant les formations, nous vérifi ons que nos militaires maîtrisent bien ces techniques. Ils prennent de l'assurance et sont également plus confiants envers les autres. La deuxième règle d'or est de ne jamais diriger l'arme vers quelqu'un ou quelque chose qui ne doit pas être visé. Nous introduisons ensuite la troisième règle de sécurité : le doigt ne peut être posé sur la détente que lorsque les organes de visée sont sur la cible. Le temps nécessaire pour déplacer le doigt est nettement plus court que celui nécessaire à l'identification de la cible et à l'ajustage des organes de visée. Cette troisième règle place le militaire devant ses responsabilités individuelles. Pour le reste, nous apprenons au soldat à résoudre un éventuel enrayage et à décider lui-même quand il doit recharger et faire feu."
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Formation réaliste
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| "Les militaires doivent toujours appliquer les mêmes techniques, durant les exercices comme en opérations réelles", poursuit Georg. "Pour leur apprendre les bons réflexes, il faut des conditions d'entraînement aussi réalistes que possible. Cela signifie que nous devons toujours travailler comme si nous étions en opérations. Que ce soit sur le stand de tir ou lors d'un exercice tactique, le militaire vit avec une arme qu'il considère comme chargée. Naturellement, cela exige un changement de mentalité suscitant chez chacun le sens des responsabilités. Autrefois, nous avions l'habitude de tirer sur des disques qui ne correspondaient pas à la réalité. En l'absence de réaction de la cible visée se développait souvent chez le militaire un - faux - sentiment de sécurité. Nous essayons de plus en plus de travailler en action double, c'est-à-dire d'introduire un véritable opposant. À l'avenir, nous utiliserons même des munitions marquantes qui laissent non seulement une couleur sur la personne visée, mais aussi un sentiment de douleur. C'est le prix du réalisme. Car nous sommes persuadés que seules, des conditions de travail et d'entraînement réalistes permettent de faire naître chez le soldat les bons réflexes et d'éviter ainsi des victimes inutiles ou innocentes." Texte : Peter Thomas Traduction : Didier Lemaire
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| Depuis l'introduction des NTTC, environ cinq mille militaires ont suivi la formation. Trois cents moniteurs et dix-huit instructeurs ont obtenu leur qualification NTTC. En 2006, la Défense souhaite sensibiliser le cadre des unités combattantes par l'organisation de plusieurs semaines d'intégration. Elles serviront à dispenser aux militaires une formation technique scindée en modules (tir avec différentes armes), chaque unité choisissant lesmodules en fonction de ses besoins tactiques.
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