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A962 Belgica - Navire de recherches océanographiques
A962 Belgica - Navire de recherches océanographiques
Quartier Base Navale Zeebrugge
Graaf Jansdijk 1
8380 Brugge (Zeebrugge)


Tél : +32 (0)50 55 80 36
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Réchauffement climatique: les investigations du Belgica sur une “vérité qui dérange”

Après avoir profité d'un long week-end ensoleillé, l'équipage du Belgica démarra sur les chapeaux de roues ce lundi. En effet, une quantité impressionnante de vivres, matériel et équipement divers devait être embarquée pour la première partie d'une campagne de six semaines.

Comme chaque année, des universités belges (ULB, ULG, UG) et internationales participent à une étude sur la concentration en CO2 dans les océans. Le projet s'appelle PEACE (rôle of PElagic cAlcification and export CarbonatE) et est financé par le ministère de la politique scientifique. Il est maintenant de notoriété publique que le CO2 est un des principaux responsables du réchauffement climatique. Les océans ont un rôle primordial à jouer dans les processus climatiques et absorbent environ un tiers du CO2 contenu dans l'atmosphère. L'augmentation du taux de CO2 perturbe le milieu maritime et entraîne lentement mais sûrement l'acidification des mers et des océans.

Les scientifiques arrivèrent les uns après les autres et, après s'être fait attribuer une cabine, vinrent mettre la main à la pâte afin que tout fût embarqué dans les plus brefs délais. Néanmoins, à l'heure prévue du départ, le matériel et les bagages des scientifiques allemands n'étaient toujours pas arrivés et notre patience fut mise à rude épreuve jusqu'au coucher du soleil, lorsque nous pûmes enfin prendre la mer et mettre le cap sur le Golfe de Gascogne. La météo étant des plus clémentes, l'occasion fut saisie d'organiser un exercice de tir aux petites armes (l'équipage est militaire, ne l'oublions pas !). Le stock de ballons (biodégradables, bien entendu) servant de cibles étant rapidement épuisé (certains d'entre nous n'ont pas perdu la main, malgré le fait que ce genre d'activité soit peu fréquente sur le Belgica) nous devons remorquer un bidon pour continuer l'exercice.

Après deux jours de transit nous arrivâmes au premier point de mesures (modestement baptisé «station 1»). Les scientifiques tapent du pied sur le pont en attendant leurs échantillons (ramener des sédiments et de l'eau de plus de 1000 mètres de profondeur n'est pas une sinécure). Les 5 laboratoires, jusque là tranquilles, se transformèrent ensuite en ruches effervescentes. Les échantillons d'eau sont pris au moyen d'un appareil nommé CTD (Conductivity Temperature Depth). Un carrousel de 12 bouteilles d'une contenance de 8 litres chacune est descendu à la profondeur souhaitée et leur fermeture est commandée depuis le computer room d'où les opérations sont coordonnées. Les échantillons de sédiments sont eux prix au moyen d'un «boxcore». Pour manipuler et mettre à l'eau ce monstre de près d'une tonne les grands moyens doivent être utilisés et la dextérité d'une équipe rompue à ce genre de manœuvre est appréciable. Treuils et portique sont mis en œuvre et le boxcore est descendu rapidement vers les profondeurs de l'atlantique. Une fois le boxcore arrivé sur le fond, un mécanisme est actionné, les sédiments récoltés et la fermeture du boxcore se fait au moment d'entamer la remontée vers la surface. Il arrive que cette phase échoue du fait, par exemple d'une pierre empêchant la fermeture du boxcore. Un deuxième essai est alors nécessaire.

Les scientifiques sont également à la recherche de plancton. Celui-ci est un des facteurs principaux dans le processus de transformation du CO2. Une sorte de phytoplancton en particulier, appelée coccolithophore, est très sensible à un changement de taux de CO2. Dans leur phase d'efflorescence, ces coccolithophores subiront, sous l'influence de la lumière solaire, une calcification. Un taux trop élevé de CO2 perturbera ce processus. Le Golfe de Gascogne a été choisi comme zone d'opérations du fait de sa forte teneur en ce type de plancton.

Après avoir accompli sa mission aux douze stations prévues au programme, le Belgica quitta la zone d'opérations et fit route pour l'Irlande ou deux jours de repos furent les bienvenus avant de reprendre la mer pour refaire nos stations cette fois dans l'ordre inverse. Le temps passé sur chaque point étant cette fois un peu plus courte, la deuxième partie de la campagne fut terminée en 6 jours. Cap sur Brest où les scientifiques laisseront la place à une nouvelle équipe qui entraînera le Belgica dans de nouvelles aventures.


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