
Dans la brochure j'ai promis à ceux qui restent à la maison, de les tenir au courant via notre site web. J'ai désigné une équipe responsable de vous informer régulièrement de ce qui se passé à bord par de petits messages et des photos. J'ai l'intention de vous partager mes expériences chaque mois, par un mail plus long.
Entretemps la première partie est finie, le premier mois est passé. Un mois ou beaucoup s'est passé. Après avoir pris congé émotionnellement à Zeebruges, le Bellis est parti à destination des côtes anglaises pour y tester le SPVDS. Un article sur le site web vous donne plus de renseignements sur ces tests réussis. Ainsi le Bellis à pu joindre SNMCMG1, juste avant d'entrer à Brest, avec une nouvelle acquisition très performante. C'était alors la première fois que ce groupe permanant était complet et il est composé de: HDMS Thetis (Danemark), avec l'Etat-Major embarqué, HNlMS Makkum (Pays-Bas), FGS Sulzbach-Rosenberg (Allemagne), HMS Brocklesby (Angleterre), LNS Talivaldis (Lettonie) et évidemment BNS Bellis.
A Brest nous avons été testés par les dieux météorologiques bretons, ce qui à causé un jour de retard au départ. Par après nous avons eu un meilleur temps pendant la traversée du golfe de Gascogne et au large des cotes espagnoles et portugaises. Ainsi nous avons pu réaliser une rapide intégration au groupe. En route vers le sud, nous avons fait quelques exercices nautiques et de navigation. Quelques classiques sont ‘l'homme à la mer', dont le but est de ramener à bord, le plus vite possible, une poupée (Oscar) qui est tombée par-dessus bord et le fleetex (miscex 830), dont le but est de manœuvrer tous les navires au même moment et sur ordre ou de les positionner relativement l'un par rapport à l'autre. Ces exercices servent à s'entraîner à manœuvrer le navire dans les conditions météorologiques données et à entraîner l'équipage dans la vitesse d'exécution. L'exercice le plus remarquable pendant cette traversée était le ravitaillement en mer. Ceci n'est pas extraordinaire, parce que les navires sont capables de se ravitailler de combustible, de l'eau ou de nourriture en naviguant, mais cette fois-ci il s'agissait d'un nouveau système, qui n'est normalement pas utilisé à l'OTAN. C'est une combinaison de remorquage et ravitaillement. Après un test ‘au sec', le Bellis a utilisé cette méthode réellement pour être ravitaillé par le Thetis, premier navire à le faire. Par ce fait, le Bellis n'a pas seulement prouvé être totalement intégré, mais aussi de disposer d'un équipage capable et bien entraîné. C'est encore une fois la preuve qu'un navire bien entraîné est dans l'ensemble beaucoup plus que la somme des parties.

Alors que le vent menaçait de remonter, l'escadre est entrée à Cadiz. Après un repos court, mais bien mérité, le voyage vers la Méditerranée a continué. Pendant les premiers jours les navires ont très activement participés à l'ainsi dite ‘Situational Awareness'. De Naples le trafic en Méditerranée est contrôlé autant que possible, à l'aide de navires des différentes marines et d'avions. Ainsi des navires ou des mouvements suspects, comme des trajets anormaux, des transports illégaux, des transports illicites d'êtres humains ou dans le pire des cas des actes de terrorisme, peuvent être détectés. Par après la route vers Cagliari a continué avec un programme d'exercices. En route, les préparations pour l'exercice Loyal Marines 09 ont été faites.
Après une première visite d'une longue durée à Cagliari, le groupe a appareillé le dimanche, un jour plus tôt que prévu, pour participer à ce grand exercice international, auquel 25 navires ont participé. Cet exercice avait comme but de certifier l'Etat-major amphibie italien et toutes les unités NRF. L'Etat-major danois a aussi suivi ce trajet de certification. Pour l'escadre de chasse aux mines ceci était la première longue période de chasse aux mines. Au large des côtes de Sardaigne une quarantaine de mines d'exercice ont été posées. La mission pour les deux escadres permanentes de chasse aux mines (SNMCMG1 et SNMCMG2) était alors de nettoyer le plus vite possible quelques zones désignées afin de garantir aux ‘grand navires' un accès en tout sécurité vers les plages ou leur zone d'opération.

Après à peine deux jours et la neutralisation d'une dizaine de mines, les activités ont été arrêtées. Un vent montant jusqu'à 9 Beaufort et des vagues atteignant les 5 mètres, rendaient nos activités impossibles. C'est pourquoi il a été décidé de rentrer à Cagliari, afin d'éviter des risques inutiles pour les navires et leurs équipages. Il ne s'agissait pas d'une escale supplémentaire : le programme d'exercice a été adapté et a continué à quai. Le Bellis a été l'hôte d'un grand exercice incendie, il y a eu des exercices de plongée et le groupe a été testé concernant sa réaction contre une menace asymétrique ou terroriste.
Le 08 mars, le groupe a appareillé à nouveau sous des conditions plus favorables pour terminer la partie tactique de Loyal Mariner 09. Ce premier mois, le Bellis a prouvé être prêt pour sa mission. Ceci est souligné par les tests du SPVDS, l'application sans problèmes d'une nouvelle méthode de ravitaillement en mer et les bons résultats lors de la chasse aux mines. La première partie est finie. L'ambiance à bord est bonne et l'équipage est motivé à continuer la mission en Méditerranée. Cette période a de nouveau prouvé que nous sommes dépendants des conditions météorologiques, mais nous avons toute confiance en une amélioration lors de la prochaine période.
La première partie est finie. C'est très souvent la partie la plus dure. Certains ont déjà commencé à décompter pour les escales à Rouen et Cherbourg, ou beaucoup de familles viendront nous rejoindre. D'autres envisagent avec impatience la moitié du voyage, ou on peut vraiment commencer à décompter. Je souhaite à tous beaucoup de courage dans la prochaine période et je sais par expérience que nous allons dire par après que tout est vite passé. J'espère que tout le monde en gardera un bon souvenir.
A une prochaine missive.
1LZ Nico Cottyn
commandant du M916 Bellis