
Après une dizaine de jours sur zone, nous étions de retour le 24 mars à Beyrouth. C'était de nouveau l'occasion de se détendre un peu. Mais le premier jour a été malgré tout assez chargé. Il restait divers travaux qui devaient être exécutés. De petites réparations mécaniques impossibles à faire en mer se sont faites dans le port. Le responsable de la cuisine avait envoyé sa commande au ship's agent pour recevoir des fruits et des légumes frais. Tout cela a du être embarqué le premier jour. Mais il n'y avait pas que cela. A cause d'une fuite dans un tuyau du congélateur, il a fallu le vider et placer les victuailles dans un container frigorifique. Reboucher cette fuite était un des nombreux travaux qui devaient être réalisés. Pendant cette visite, une excursion a aussi été organisée à Beiteddine. Le Lieutenant Michel nous y emmène avec un court résumé:
Le 24 et le 25 mars, une partie de l'équipage a fait la visite du palais de Bachir II à Beiteddine avec son musée de mosaïques byzantines et ses écuries. Le palais fut construit au début du XIXe siècle. Ensuite, ils ont visité le château Moussa près de Deir-el-Qamar sur la route de Beiteddine. Ce château qui fut construit par les mains de son propriétaire, Moussa el Maamari, contient toute une collection d'armes et des personnages gravés dans la pierre représentant des activités de la vie quotidienne libanaise. Après ces visites, le groupe s'est arrêté dans un restaurant surplombant la vallée afin de déguster un mezzé libanais.

La visite à Beyrouth s'est terminée le 27 mars. Nous quittons le port de Beyrouth à 14h. Le matin nous avions les mains pleines des surgelés qu'il fallait remettre à bord. Nous avons aussi reçu ce matin la visite de quelques militaires de Tibnine. C'était pour eux l'occasion de faire connaissance avec la vie à bord. De retour en mer tout le monde se concentre sur son job. C'est le moment de reprendre avec enthousiasme le fil de la mission. Les réunions étaient de nouveau planifiées. Les entrainements des équipes incendies continuaient. On effectuait de nouveau des exercices de tir. L'hélicoptère faisait de nouveau ces deux vols journaliers de reconnaissance. Le staf gardait sa vue d'ensemble de la force. En résumé, la vie comme elle est à bord.
Notre routine pendant cette période en mer a pourtant été cassée. Le 31 mars nous recevions une importante visite à bord. La commission de la Défense visitait les différentes opérations belges au Liban. Le Léopold I est donc revenu à Beyrouth. La commission était attendue le premier soir pour une prise de connaissance et quelques briefings. Le lendemain matin, le 1 avril et ce n'est pas un poisson, la commission était de nouveau à bord. L'occasion de partir en mer avec nous pour regarder comment la vie se passe à bord mais surtout pour regarder comment l'état-major remplit sa mission de commandement de la task force. Ce fut une journée pleine d'enseignements pour eux à travers les différents briefings et démonstrations. En fin d'après midi, la commission était de retour à Beyrouth et nous sommes repartis dans notre zone en face de la côte libanaise. Pendant toute la visite, le navire a continué à remplir sa tâche dans la task force. Nos élus n'ont donc pas vu que des démonstrations.

Mais ce n'était pas tout. Nous recevions encore une visite importante le 2 avril. Nous étions encore attendus dans le port de Beyrouth. Nous recevions les plus hautes autorités de la mission des Nations Unies au Liban en visite. Ils ont visité le navire avant un repas de travail avec l'état-major. Une fois le repas fini, les amarres étaient larguées afin de reprendre position dans notre zone. Cela a été une période intense pour tout le monde. L'équipe pont a du veiller plusieurs fois que le navire était bien amarré. Les techniciens étaient aussi à poste. Dans le département opération les démonstrations ont apporté du travail supplémentaire. Et parmi le personnel de la cuisine, les stewards n'ont pas chômé pour offrir à tout le monde un excellent repas. Un soupir de soulagement s'est fait entendre dans tout le navire après que nous soyons revenus à notre routine normale. Quelques exercices veillaient à ce que tout le monde reste sur ses gardes. Certains membres du staf avaient encore quelques réunions au quartier général de Naqoura. Il y ont été déposés par le RHIB ou l'hélicoptère.

En fin de soirée le 8 avril, nous avons quitté la zone devant la cote libanaise. Nous étions en route vers notre prochaine escale. Nous étions le 8 avril à Limassol (Chypre). Terre connue pour la plus grosse partie de l'équipage. Mais notre étonnement était grand. Il pleuvait à Limassol. L'année passée les habitants nous avaient racontés qu'il y avait des années que la pluie n'était plus tombée. Et là il drachait sérieusement. Cela ne faisait pas grande différence car le premier jour était encore sous le signe des travaux qui doivent être exécutés. Nos moniteurs sportifs assurent un sain effort physique. L'équipe de l'héliflight contrôle l'hélicoptère afin qu'il reste opérationnel. L'équipe pont a dressé la tente. Les électriciens se sont chargés de l'éclairage nécessaire. Et enfin a eu lieu le rassemblement général. Nous avons reçu discours encourageant de l'Amiral Pynoo et ça a été pour nous une agréable visite avec du temps pour la détente et le repos.
A Limassol les gens ont pu se dégourdir les jambes et prenant un vélo pour visiter les environs. D'autres ont préféré la voiture. Faire des achats était aussi sur la liste de beaucoup. Le restant s'est contenté de profiter des chauds rayons du soleil, la pluie du premier jour avait disparu.
texte: padré Geert Dewulf
traduction: Denis Dimanche