
Salut tout le monde,
La première visite prometteuse à Beyrouth, qui était dédiée à la reprise-remise du commandement, est tombée littéralement à l'eau. De la pluie, des grêlons et des orages comme on en voit seulement sur National Geographic ont rendu impossible les réunions d'information prévues en mer le 26 février et nous ont obligés à rentrer plus tôt. Malgré le mauvais temps, de nombreuses visites, réunions et briefing étaient au programme à bord du navire français 'De Grasse' afin de nous transmettre les connaissances et compétences qu'ils avaient acquit lors de leur période en tant que navire de commandement. L'état-major est complet et prêt pour sa tâche après que l'on ait accueillit ses derniers membres arrivés de Belgique, Turquie et Italie.
L'équipage aussi n'a pas chômé. En plus du nettoyage des ponts extérieurs, l'embarquement de la nourriture et des carburants, l'entretient des machines et des appareils s'est ajoutée le 'Force Protection'. Lors d'un séjour dans un port où les risques sont plus élevés, une organisation supplémentaire de sécurité se met en place afin de défendre le navire et son personnel. Un renforcement du quart habituel est prévu avec entre autres des vigies à la passerelle, des patrouilles armées sur les ponts extérieurs, des coordinateurs supplémentaires et un checkpoint qui contrôle l'accès au navire. Un tiers de l'équipage est ainsi de quart chaque jour.

Pour ceux qui n'étaient pas obligés de participer à la remise de commandement et à la cérémonie qui allait avec, il était possible de participer à une excursion vers les grottes de Jeita et ruines de Byblos avec l'armée libanaise. De ce que je me souviens de l'année passée, un tas de ruines et de colonnes mais c'est le seul endroit au monde où l'on peut contempler le travail des Egyptiens, des Phéniciens et des Romains sur un même site. Les grottes sont à couper le souffle. Les supérieures sont atteintes via un téléphérique et laissent celles de Han loin derrière au concours 'un exploit de Mère Nature'. Contrairement à l'année passée, les grottes inférieures étaient fermées à cause du niveau d'eau. Dommage car il est possible de plonger profondément dans la splendeur de la nature avec un petit bateau électrique.

Si vous preniez la peine de faire un tour en ville, avec une veste de pluie bien sûr, vous vous rendiez compte que de gros effort ont étés fait pour reconstruire Beyrouth et que certains quartiers sont super modernes. Vous pouvez ainsi aller faire du shopping, mais pour cela il faut avoir les poches bien pleines car vous trouvez uniquement du Dior, Dolce & Gabana, Fendi et pour une paire de chaussure, il faut compter près de 450 €. Les autres quartiers sont abandonnés et les trous laissés par les balles sont les témoins de la dernière guerre. Tout semble bizarre, certainement si vous voyez l'hypermoderne Hilton Beach Resort à côté de l'ancien Four Season qui n'a jamais été réparé. Ca et là on croisse un checkpoint militaire, mais à chaque coin de rue un agent de police trempé, ce qui augmente le sentiment de sécurité.
J'espère que le soleil sera de la partie pour la prochaine visite à Beyrouth, mais encore plus que le sac postal arrivera à temps. A chaque fois je vois le visage des gens s'éclairer lorsqu'ils reçoivent un dessin de leur fils ou fille, pleurer en recevant une lettre parfumée ou ouvrir avidement leurs paquets postaux. L'effet ici est souvent sous-estimé ou bien dénigré par mes rustres collèges, mais croyez moi ça fait chaud au cœur et ça a un effet thérapeutique aussi pour le destinateur. Je vous le dis: prenez vos stylos, je le fais aussi. A bientôt!
texte: Vicky Margory
(infirmière F930 Léopold I)
traduction: Denis Dimanche