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Training hivernal des Carabiniers-Grenadiers belges et allemands

Training hivernal des Carabiniers-Grenadiers belges et allemands


À Mittenwald (Allemagne), deux pelotons du Bataillon Carabiniers Prince Baudouin-Grenadiers (1 C/1 Gr) ont participé à des formations relatives aux opérations militaires en terrain difficile. Elles étaient destinées aux compagnies d'infanterie. Voici déjà un demi-siècle que le 1 C/1 Gr et le 231e Gebirgsjägerbataillon allemand tissent des liens particuliers... Et trois ans que cette relation se concrétise sur le terrain.

Le cours enseigne les techniques de progression en terrain difficile et de survie dans des conditions météorologiques extrêmes. Comment aborder une zone montagneuse parsemée de failles, rivières et parois abruptes ? Comment survivre par un froid extrême ? Quels sont les risques médicaux et comment évacuer un blessé ? La transmission des connaissances suit le principe train the trainer : les instructeurs belges suivent un cours pointu avant de le transmettre à leurs compatriotes.

« Nos instructeurs ont donc suivi un cours à la Gebirgs- und Winterkampfschule, en Allemagne. Ils ont été rejoints par leurs soldats la deuxième semaine, à qui ils enseignent la matière récemment acquise », explique le lieutenant Thomas Joos, chef de peloton et responsable de la transmission des connaissances. « Nous n'avons pas l'habitude de nous mouvoir en montagne. Pour la plupart d'entre nous, c'est une découverte : il faut s'exercer longuement et répéter maintes fois les techniques de harnachement et de nœuds mais elles finissent par être assimilées. »

Quand la vie ne tient qu'à un fil

Les descentes en rappel et autres techniques de progression font l'objet de soins d'autant plus attentifs que la vie ne tient parfois littéralement qu'à un fil... « L'instructeur assume de grandes responsabilités. C'est pourquoi il est capital de tout maîtriser », explique le lieutenant Joos. « Pendant les entraînements, un collègue allemand reste vigilant mais c'est nous qui contrôlons nos troupes et notre matériel sans aucune marge d'erreur. »

Les soldats du bataillon Carabiniers Prince Baudouin-Grenadiers terminent leur troisième journée de cours à Mittenwald. Certains apprennent vite, d'autres moins. Le vertige demeure un obstacle. « Pour moi qui aime cela, ce n'est pas très difficile. Mais ce n'est pas le cas de certains collègues. Pourtant, tous persévèrent et finissent par réussir. Chapeau ! », explique le caporal Jordi Janssens.

L'esprit de groupe et le respect mutuel dans le peloton belge n'ont pas échappé aux Allemands. D'après André Folgner, instructeur de la Gebirgs- und Winterkampfschule, les soldats belges apprennent vite. « On voit que ce sont des professionnels qui collaborent depuis longtemps. Quand une personne a un problème, les autres l'épaulent immédiatement. Ce n'est pas systématique dans tous les bataillons. Leur motivation semble inébranlable. Tous gardent le sourire et c'est aussi très motivant pour nous. »

L'objectif est évidemment la réussite des exercices, y compris par les plus faibles. C'est pourquoi la difficulté est graduelle. « L'entraînement commence d'abord sans sac à dos, puis l'itinéraire est arpenté avec un équipement léger avant d'emporter tout le barda. Et cela, tant pour le parcours de cordes que la descente en rappel et la progression dans la neige. »

Tout en un

Un vaste exercice synthèse de trois jours clôture la période de formation. Les soldats doivent appliquer toutes les techniques assimilées les jours précédents et passer la nuit dans la neige. Ils doivent auparavant gravir un dénivelé de 600 m sans équipement puis avec le matériel complet. Pour le peloton Armes lourdes, cela signifie avec le mitrailleur .50 sur trépied et toutes les munitions. Vous l'aurez compris : ce n'est pas une sinécure !

Nos compatriotes ont beaucoup appris des instructeurs allemands et de leur façon de se mouvoir. « Ils sont très calmes, tant dans leur façon de donner cours que de marcher en montagne », explique le lieutenant Joos. « L'instructeur nous précédait et avançait à un rythme plutôt lent. Nous étions tentés de progresser plus vite en montagne pour nous rendre compte que nous avions brûlé trop de calories à mi-chemin. Il faut donc démarrer lentement et poursuivre l'effort calmement. Le plus important est d'éviter de transpirer. Dès la transpiration apparente, le refroidissement est rapide et tout se complique. »

De nombreux conseils ont été correctement prodigués et chaque soldat du Bataillon Carabiniers Prince Baudouin-Grenadiers les applique scrupuleusement. Ces techniques et astuces serviront durant les opérations mais également lors de randonnées en montagne notamment. Peut-être qu'un jour cela leur sauvera la vie...