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Production d’énergie sous le soleil de Lokandu

Production d’énergie sous le soleil de Lokandu

 

Les transitions énergétiques que l'avenir nous réserve concernent bien évidement la Défense. L'utilisation d'énergies renouvelables s'inscrit dans la continuité du travail de son personnel en charge du volet environnement, tout en alliant écologie, économie et opérationnalité. Comme en témoigne le projet pilote d'alimentation électrique, mis en œuvre en 2016 au profit du détachement du Génie en République Démocratique du Congo. L'heure est à un premier bilan pour le capitaine Thierry Rucquoy et l'adjudant Peter Laureys, coordinateurs environnement au sein du département d'état-major Opérations et Entraînement.

Reléguant les groupes électrogènes au statut de backup, cette installation photovoltaïque composée de 48 panneaux photovoltaïques, d'un pack de batterie, d'un onduleur, d'une unité de gestion ainsi que d'un laptop, assure l'indépendance énergétique du camp de Lokandu.

D'un travail de fin d'étude à l'Afrique Centrale

Cet îlot solaire, qui alimente l'habitation occupée par nos sept représentants du génie de construction, responsables du coaching de leurs homologues congolais, et dotée d'une station de purification d'eau, est une concrétisation du travail de fin d'études en environnement du capitaine Rucquoy. Ce projet, né d'un souhait de développer la production et l'utilisation des énergies renouvelables par l'ACOS Ops & Trg, a été réalisé avec la collaboration de DGMR C&I (Infrastructure) et du Field Accommodation Unit (FAU)... " Dont l'adjudant Pascal Gossiaux et l'adjudant-chef Pascal Gilis ont apporté, de par leurs expériences de terrain et connaissances techniques, les éléments indispensables pour mener à bien ce projet " insiste le coordinateur environnement.

Du fuel à Râ

Nul besoin d'être un expert de l'Egypte ancienne pour constater les avantages inhérents aux énergies renouvelables. L'argent étant le nerf de la guerre, commençons par ce point. L'usage de 70 litres de fuel quotidien ainsi que les coûts de fonctionnement s'étalant sur toute la période d'occupation représentent un budget mensuel moyen de 4 000 €. La station représente, quant à elle, un investissement de 3 8673 €, rentabilisé après 10 à 11 mois (en tenant compte des fluctuations du prix du baril) et ne demande ni entretiens ni frais ultérieurs.

Au niveau environnemental, selon l'adjudant Laureys, les bienfaits sont : une moindre dépendance aux carburants fossiles, la diminution de l'empreinte écologique, aucun déchet de fonctionnement, aucune émission de gaz à effets de serre ni de risques de pollution des sols et des eaux. La pollution sonore disparaît également, ce qui améliore la qualité de vie des populations et respecte la faune locale et son environnement. L'absence de bruit apporte également un " plus " tactique.

Point de vue sécurité, cette transition énergétique supprime les risques d'explosions, les risques liés au transport (accidents et attaques de convoi) et libère les capacités militaires en charge de l'approvisionnement (logisticiens et Force Protection).

Le transport et l'installation peuvent être assurés par du personnel et du matériel militaires, le montage étant réalisé par quatre personnes en une dizaine de jours. Ce qui permet le redéploiement rapide et sans frais importants sur un autre théâtre d'opération.

Last but not least, cette démarche de diminution de son empreinte écologique poursuit les actions de protection environnementale entreprises par la Défense.

Des débuts à l'avenir

À l'heure actuelle, il est illusoire de vouloir se passer totalement de combustibles fossiles en se contentant uniquement du photovoltaïque mais la multiplication de ce genre d'initiative et la combinaison des sources d'énergie renouvelables permettront à terme d'y parvenir. Au sein de l'OTAN et du European Union Military Staff (EUMS), on s'y emploie également.
Au vu des tableaux de rendement actuels, on ne peut que se féliciter de ce projet pilote et espérer d'autres investissements de ce type.
La durée de vie moyenne du système est de 25 ans. D'ici là, ce projet aura permis de bénéficier d'un retour sur expérience concrète. Le capitaine Rucquoy conclut : " Les données obtenues alimenteront la constitution d'un dossier 'Infra Ops : production d'électricité solaire en opération'. L'installation de tels systèmes permettra, en outre, d'accroître la connaissance et l'expérience du personnel sur ces nouvelles technologies ".

Pour l'avenir, des négociations ont actuellement lieu en vue d'augmenter le patrimoine de production d'électricité photovoltaïque sous forme de « Kits de production solaire » semblables à celui équipant le camp de Lokandu et pouvant être interconnectés afin d'obtenir une production importante pour les camps plus gros consommateurs.