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Une collaboration « contagieuse »

Une collaboration « contagieuse »

 

Le CTMA, une association visant une coopération entre les laboratoires de la Défense et l'Université catholique de Louvain, déployait, fin février, son laboratoire mobile à Munich. Pendant le test Clueless Snowman organisé sur le terrain, les chercheurs ont exploité leurs méthodes d'identification rapide pour trouver virus et bactéries, en parallèle avec un labo de l'armée allemande.

Le Centre de Technologies Moléculaires Appliquées (CTMA) consiste en une association visant une coopération entre le labo Bio des laboratoires de la Défense (DLD) et l'Université catholique de Louvain (UCL). Ce centre a pour principale mission l'identification rapide et le contrôle des menaces biologiques provenant soit de sources militaires ou terroristes, soit d'une épidémie d'origine naturelle.

L'un des fleurons du CTMA est son laboratoire mobile. Il est développé dans le cadre de projets scientifiques appuyés par la Commission européenne et l'Agence Spatiale Européenne. Il a notamment été déployé lors de l'opération B-FAST à Nzérékoré, dans une région boisée de la Guinée, lors de la récente épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest.

Le test à Munich s'est déroulé selon un scénario strictement préétabli, reproduisant la propagation d'une maladie d'origine inconnue. Les virus et les bactéries propagés pendant l'exercice étaient fort heureusement inoffensifs, mais les méthodes et matériaux étaient ceux réellement employés en situation de crise ou d'épidémie réelle, par exemple pour détecter les germes de contamination de l'Ebola, du zika ou de l'anthrax.

Clueless Snowman a permis aux labos d'appliquer non seulement les nouvelles techniques d'identification de vecteurs d'infection inconnus, mais également de recourir à la communication par satellite et à la géolocalisation des échantillons.

Les deux équipes ont ensuite comparé et longuement commenté leurs méthodes et résultats. Pendant cet exercice de cinq jours, elles ont sans cesse échangé leur matériel, leur personnel et leurs procédures. Pour elles, l’expérience était encore inédite.

« Dans le monde de la bio défense, un tel exercice conjoint et une telle transparence, permettant de partager les moindres détails et de plonger nos personnels dans l'ambiance de travail et les procédures d'un autre laboratoire, sont rares », reconnaît le commandant Steven Verberckmoes du labo Bio de la Défense. « C'est dommage, car ce sont de formidables occasions pour partager les connaissances, susciter la confiance dans les résultats mutuels et se préparer à collaborer en cas de crise européenne ou internationale. »

Pour les deux labos concernés, cet exercice a débouché sur une foule d'idées d'améliorations très concrètes auxquelles ils peuvent s'atteler pour l’avenir. Vu le succès de l'opération, l'Institut de Microbiologie de la Bundeswehr a immédiatement accepté avec enthousiasme de participer à un futur exercice collectif organisé, cette fois, en Belgique.