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Opérations : le fil rouge de l’année 2015

Opérations : le fil rouge de l’année 2015

 

2016 vient de commencer et le moment est idéal pour dresser un bilan des opérations militaires de l’année dernière. Quelles missions ont été entamées à l’étranger ? Et qu’en est-il de l’opération nationale Vigilant Guardian ?

Le centre nerveux de notre Défense belge est la division Opérations du département d’état-major Opérations et Entraînement. Elle voit et sait tout ce qui se passe. Chaque demande d’intervention du SEDEE ou celle d’un hélicoptère Caiman transite en son sein. Chaque personne qui emprunte un avion de transport C-130 pour se rendre sur un terrain d’opération est répertoriée sur le plan de vol. Fournir des militaires au cœur de l’Afrique est également dans ses attributions.  

« Nous initions, coordonnons, concilions, informons, alarmons et archivons toutes les opérations nationales et internationales de la Défense belge », déclare le colonel Bart Laurent, commandant de division. « Cette année, nous avons assisté à l’accroissement inattendu des missions sur le territoire national. Initialement, nous avions planifié d’avoir 400 à 500 militaires par mois sur théâtre d’opération. Mais les besoins ont explosé avec l’opération Vigilant Guardian. »

La bien nommée opération Vigilant Guardian n’est rien d’autre que l’appui apporté par la Défense à la police fédérale depuis janvier 2015. Cet engagement a pris une tournure plus importante en novembre après les attentats de Paris. « Le nombre de militaires qui sécurisaient les zones principales est grimpé au-dessus du millier », poursuit le colonel Laurent. « Nous ne l’avions pas initialement planifié. Mais la flexibilité et l’engagement rapide des militaires ont rendu la chose réalisable. Bien que le nombre de militaires en rue ait actuellement baissé, l’opération se poursuivra à coup sûr en 2016. »

Vigilant Guardian marquera l’Histoire en tant que plus grande opération militaire sur le territoire national depuis la Seconde Guerre mondiale. Cela ne signifie pas pour autant qu’il s’agisse de la seule opération nationale de 2015. Le Sea King et son successeur, le Caiman, ont mené 82 missions de sauvetage en mer. Le service de déminage SEDEE a été engagé plus de trois mille fois et les unités de la Défense ont fourni, à maintes reprises, un appui à la sécurisation de sommets européens, entre autres. De plus, la Défense fournit de l’infrastructure et du personnel dans le cadre de l’accueil d’urgence des demandeurs d’asile organisé dans plusieurs quartiers militaires.

Cela fait beaucoup d’activités au sein de nos frontières mais pas uniquement. « Aucune des grandes opérations n’a pris fin, au contraire de BELUFIL au Liban en 2014 », explique le colonel Laurent. « En Afghanistan, la mission Resolute Support a succédé à l’opération ISAF. La Belgique continue d’apporter sa contribution avec des détachements à Kaboul et Mazar-e-Sharif. Suite à la crise des migrants, une nouvelle opération a débuté en mer Méditerranée. Nous avons tout d’abord envoyé le navire de commandement et d’appui Godetia pour une mission de l’Union européenne. Il a été suivi par le Léopold I. Le Godetia a sauvé plus de 1 600 migrants d’embarcations délabrées et le Léopold I a contribué à juguler et éradiquer le trafic d’êtres humains. Son équipage a également sauvé 258 migrants lors de sa mission. La frégate rejoint actuellement son port d’attache de Zeebruges après son engagement en tant qu’escorte dans la protection du porte-avions français Charles de Gaulle. »

Pour la Marine, 2015 fut une année très opérationnelle en général. Pensez à la mission d’entraînement Maritime Capacity Building dans le golfe de Guinée et la participation aux flottes OTAN de lutte contre les mines SNMCMG1 et 2. Le colonel Laurent insiste cependant sur l’engagement de chacune des composantes. Les Composantes Air, Terre, Marine et Médicale ont eu également une année très opérationnelle. La Composante Air a notamment sécurisé le ciel des États baltes et de la Pologne durant un semestre avec six F-16 lors de l’Enhanced Air Policing Mission. Nous avons, par ailleurs, déployé en même temps six autres F-16 en Jordanie dans le cadre de la lutte contre Daesh au-dessus des terres irakiennes.

Au-delà de l’engagement sur le sol belge, la Composante Terre a également été très active en Tunisie, au Bénin, au Gabon et en République Démocratique du Congo dans le cadre du Programme de Partenariat Militaire (PPM). Sans compter le Mali pour la mission européenne d’entraînement, Bagdad pour la formation des forces spéciales irakiennes dans le cadre de la lutte contre Daesh et l’Afghanistan avec la mission OTAN Resolute Support. Bien entendu, la Composante Médicale a apporté son appui médical bien nécessaire à chaque opération.

Début décembre, le Conseil des ministres approuvait les engagements opérationnels planifiés pour 2016. « La plupart des opérations se poursuivront en 2016 », conclut le colonel Laurent. « Les opérations sont et restent au cœur de notre métier. »