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Un poisson nommé Remus

Un poisson nommé Remus

 

La mer est calme lorsque nous appontons ce 22 juin 2016 sur le Crocus M917, l'un de nos six chasseurs de mines. L'équipe Very Shallow Water (VSW) s'apprête à déployer le Remus 100, engin sous-marin autonome, afin de quadriller la zone d'exercice et détecter les mines d'exercice et autres leurres disséminés pour l'occasion. À une trentaine de km au large de Zeebruges, ce poisson mécanique et ses opérateurs, ainsi que les navires M923 Narcis et M924 Primula disposent de trois jours pour sillonner et analyser les fonds marins d'une surface de +/- 7km² (1 x 2 Nautiques).

Synergie entre le sonar et l'œil

Le Remus, ressemblant à une torpille pour un non-initié, est un appareil de type Unmanned Shallow Water (détection sans pilote en eau peu profonde). Il navigue à trois mètres au-dessus du fond marin et son side scan sonar balaye latéralement sur 30 mètres en suivant un schéma de recherche préalablement défini. Ce robot communique par ondes sonores sa position et son état à un Tow Fish, petit appareil immergé en forme de poisson. Ce dernier est relié par un câble à une console de lecture de données appelée Ranger. A l'issue de son run, les images et informations collectées sont analysées par l'opérateur (le 1er quartier-maître-chef Frédéric Blaise) et ses deux collègues. Ces données n'étant pas disponibles en temps réel, la durée d'analyse correspond à celle de la mission, en sachant que l'autonomie du Remus varie de 6 à 10 heures. Un regard humain et l'expérience sont nécessaires à la détection d'objets ; le courant, la météo, le sens du scan, le type de sol, la température et la salinité étant une liste non exhaustive des facteurs rentrant en jeu. "Cela constitue une base de données trop grande pour qu'un logiciel puisse déterminer si l'objet est une mine ou autre chose" explique ce marin. En cas de détection d'un objet suspect, l'envoi de plongeurs ou un SeaFox, petit submersible filoguidé, permet une analyse approfondie et la destruction de l'objet si nécessaire.

Archivage et comparaisons

Les données récoltées lors de cet exercice par les différents systèmes de détection mis en œuvre, le Remus et les sonars de coque (HMS – Hull Mounted Sonar) du Primula et du Narcis, seront envoyées à Ostende qui abrite le Mine Warfare Data Center de l'Otan, où sont stockées toutes les zones cartographiées, incluant les positions des contacts détectés à travers le globe. Elles serviront également lors du Technology & Industry day à comparer celles obtenues par les firmes appelées à faire des démonstrations de matériel en septembre prochain dans le cadre du futur remplacement de nos capacités de lutte contre les mines (MCM- Mines Counter Measures). La Marine, tournée vers les technologies de demain, envisage de renouveler ses capacités par des systèmes autonomes permettant une augmentation des performances opérationnelles et de la sécurité du personnel.