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#TJ15 : la raison d’être du plus grand exercice OTAN depuis des années

#TJ15 : la raison d’être du plus grand exercice OTAN depuis des années

 

Trente nations participantes disséminées sur huit pays. Plus de 36 000 militaires dont près de 1 300 Belges. Les chiffres de l’exercice de l’OTAN Trident Juncture font tourner la tête. Qu’est-ce qui pousse l’Alliance à mettre tous ces éléments en œuvre ?

La réponse à cette question est apportée par le département d’état-major Stratégie de la Défense, ACOS Strat dans le jargon. « L’objectif majeur de cet exercice est de certifier la force de réaction de l’OTAN (NRF) et sa force opérationnelle interarmées à très haut niveau de préparation (VJTF) », commence le major An D’hondt. Elle suit toutes les opérations de l’OTAN d’un point de vue stratégique chez ACOS Strat et Trident Juncture d’un point de vue politico-militaire. « Autant les Composantes Terre que Air, Marine et Médicale prennent part à cet exercice OTAN. »

La NRF doit obtenir une certification chaque année mais un exercice d’une telle ampleur n’a plus été organisé depuis 2002. Trident Juncture 2015 serait donc bien plus qu’un exercice de certification ? « Il faut le placer dans un contexte bien plus large, un cadre politico-militaire », reprend le major D’hondt. « Lorsque l’ISAF s’est retirée de l’Afghanistan en 2014, l’OTAN a craint que cette diminution du rythme opérationnel et de la collaboration multinationale allait mener à une baisse de l’interopérabilité. » C’est pourquoi le secrétaire général de l’OTAN de l'époque, Anders Fogh Rasmussen, avait jeté les bases d’une interconnexion des forces (CFI pour Connected Forces Initiative) en 2012. Cette initiative devait assurer que les pays membres de l’OTAN poursuivent leur collaboration de manière intensive lors d’exercices. Trident Juncture est l’exercice pilote du CFI et a pris de l’ampleur suite au Readiness Action Plan (RAP). « L’exercice Trident Juncture démontre que l’Alliance est prête à se protéger contre toutes sortes de menaces », renchérit le major D’hondt. « Pas seulement venant de l’est mais également du sud. »

Dès lors, qu’en est-il de la crise en Ukraine ? N’a-t-elle pas influencé la conception de l’exercice ? « Trident Juncture avait déjà été imaginé lorsque cette crise a éclaté », précise le major D’hondt. « Le scénario fictif de réaction de crise dans lequel les militaires sont actuellement plongés répond à une menace venue du sud, d’un pays non-membre de l’OTAN. » Trident Juncture 2015 n’est donc pas basé sur un scénario de défense collective telle que décrite dans le tristement célèbre article 5 du Traité de l’Atlantique Nord.

Selon le major An D’hondt, la crise ukrainienne prouve que, parallèlement aux opérations, les entraînements et exercices sont tout aussi importants. Cela peut, par ailleurs, grandement influencer une politique étrangère. « Les entraînements de la Composante Terre dans les pays membres les plus orientaux illustrent bien cette thèse », dit-elle. « Citons l’exercice Baltic Piranha en Lituanie, auquel la Défense a participé avec quelque 275 militaires en octobre dernier. L’OTAN encourage les pays membres à organiser des exercices dans l’est de sa zone et sous sa bannière. » Un tel exercice show the flag illustre la solidarité et l’unité existant au sein de l’OTAN. 

Cet exercice de grande ampleur prendra fin début novembre. Mais les concepts d’une nouvelle édition de Trident Juncture sont déjà sur la table. Cette fois, la crise ukrainienne sert bel et bien de source d’inspiration au scénario fictif. Les pays de l’OTAN seront, à nouveau, engagés massivement et intensivement en 2018. L’exercice visera à renforcer et améliorer la collaboration réciproque, à promouvoir l’interopérabilité avec d’autres nations mais aussi à confirmer l’unité et la détermination de l’Alliance.