-A A +A

Autres informations et services officiels: www.belgium.be

La frégate Louise-Marie se met en chasse

La frégate Louise-Marie se met en chasse

 

Depuis son départ de Zeebruges le 12 juin dernier, la frégate F931 Louise-Marie a sauvé 118 personnes. Dans le cadre de la flotte européenne EUNAVFOR-MED, ce navire patrouille au large de la côte libyenne afin de lutter contre le trafic d’armes et la traite des êtres humains.

La Belgique a déjà enregistré plusieurs succès opérationnels au cours de sa participation à l’opération Sophia. La tâche principale de la flotte – l’interception de contrebandiers - porte ses fruits ! La flotte européenne a déjà arrêté 100 contrebandiers et détruit plus de 400 bateaux. Néanmoins, le nombre de migrants (essentiellement économiques) arrivés en Italie a augmenté de 26 % par rapport à l'année dernière.

En effet, les frégates sont des navires de tonnage léger fortement équipés et ayant un grand potentiel d'accélération (jusqu'à 30 nœuds ou 58 kilomètres à heure). De plus, les différents systèmes d'armes doivent être testés en permanence. La frégate a été temporairement détachée en Crète où elle poursuit son entraînement aux tâches de combat. C’est ainsi qu’elle a quitté le port de Souda Bay (Crète) et mis le cap sur son secteur de tir. Celui-ci est comparable à la superficie de la Flandre occidentale et se situe à un peu plus de 50 kilomètres de l’île. Dans cette zone, les différents systèmes d’armes peuvent être testés sans problème.

L'exercice a été baptisé Kratos Delight pour l’occasion. Selon le scénario, l'île d’Amoras (nom fictif de la Crète) est attaquée par des terroristes. À la demande de la garde côtière locale, la frégate est engagée pour les contrer mais le navire est également attaqué par des drones. Tout l'équipage se déploie en quart de combat. L'un des moments cruciaux étant le lancement d'une fusée Sea Sparrow à tête de recherche télémétrique.

Le Sea Sparrow est un missile antiaérien guidé par un radar. Il est conçu pour détruire des avions et des missiles antinavires à haute altitude et ce, quelles que soient les conditions météorologiques. Ce missile est utilisé par la plupart des pays de l'OTAN.

Le canon à tir rapide Goalkeeper, le canon Oto Melara 76 mm ainsi que les petites armes de défense telles que la Mag et la Mi50 ont également été utilisés lors des diverses attaques.

Outre ces systèmes de défense, la frégate est le nec plus ultra d’un point de vue technologique. Le Combat Information Center (CIC) représente en quelque sorte son système nerveux. On y gère tous les systèmes d’armes et de radars. Pendant l’opération Sophia, l'utilisation de systèmes sophistiqués comme le radar Sea Star revêt une grande importance. Ce radar permet de surveiller la mer et le ciel dans un rayon de 300 kilomètres. Par ailleurs, le navire dispose d’une caméra infrarouge dans le mât afin de détecter chaque objet suspect à 360 degrés et dans un rayon de 20 kilomètres.

La frégate dispose également de moyens d’auto-défense nécessaires comme les senseurs. Ils permettent d’effectuer les tâches en toute sécurité et ce, malgré une menace combinée sous-marine -, de surface -, cyber - et aérienne.

Une semaine après le sauvetage des migrants, les souvenirs et les émotions émergent. Aucun marin pourtant très endurci ne reste de marbre face à ce qui se passe en Méditerranée et ce, qu'elles que soient ses convictions. Les réactions indifférentes des médias sociaux et des journaux les mettent en colère. Des commentaires tels que : « Il vaut mieux que les migrants se noient », ou pire encore, « la Défense n’est pas une compagnie de taxi », ne sont guère appréciés !

La réaction générale de l'équipage est simplement d’inviter les gens à « venir découvrir cette misère. » Le personnel n’attend aucun compliment de la Belgique mais ceux-ci sont toujours les bienvenus. La façon d’aider les migrants ainsi que le côté humain dont font preuve ces garçons et filles sont hautement louables et très professionnels.

Le dimanche 9 juillet, la Louise-Marie effectuera sa dernière mission de patrouille dans une zone comprise entre la Libye et la Sicile. Cette impressionnante machine bien rodée sera à nouveau opérationnelle à 100 % avec tous les postes de combat occupés et les armes chargées. Tout le monde sera à nouveau doté de gilets pare-balles pour occuper les postes de combat et les équipes RHIBS seront parées à d’éventuels contacts avec les passeurs ou les migrants. Pendant l’engagement de la frégate, les communications avec le monde extérieur seront coupées jusqu’à ce que le quartier général d’EUNAVFOR-MED à Rome (Italie) décide de lever ce silence radio. Espérons que l’équipage pourra encore éviter de nombreux drames humains.

La frégate Louise-Marie rejoindra son port d’attache le 28 juillet prochain. Le personnel bénéficiera alors d'un congé bien mérité.